Claude Cournoyer, vérificateur général par intérim de la Ville de Trois-Rivières.

Vérificateur général: vers un congédiement?

Le vérificateur général par intérim de la Ville de Trois-Rivières, Claude Cournoyer, pourrait bien être congédié par le conseil municipal mardi soir, alors qu’une ultime tentative d’en arriver à un règlement avec lui semble avoir échoué vendredi après-midi. Le conseil municipal, réuni en assemblée d’information à huis clos, a choisi de lui faire une offre afin qu’il quitte de lui-même sans faire d’histoire, une offre qu’il s’est empressé de balayer du revers de la main.

Rappelons que le vérificateur général fait face à une plainte de harcèlement psychologique de la part d'une employée, plainte pour laquelle il estime que le processus de traitement n’a pas été fait selon les règles de l’art de la politique en vigueur à la Ville. Claude Cournoyer révélait en début de semaine envisager de poursuivre la Ville de Trois-Rivières dans ce dossier. Entre temps, il a également partagé diverses informations aux élus et fait part de questionnements concernant des agissements de certains cadres de la Ville, ce qui lui a valu une mise en demeure pour propos diffamatoires.

Vendredi après-midi, il s’est présenté à l’hôtel de ville, espérant se faire entendre du conseil municipal même s’il n’avait pas été invité à la réunion d’information. Après s’être vu refuser l’accès à la salle, Claude Cournoyer a été convoqué au bureau du maire Yves Lévesque en présence des conseillers François Bélisle et Ginette Bellemare. On lui a alors proposé de quitter ses fonctions, mais qu’il obtiendrait sa rémunération jusqu’à la fin de son intérim prévue en mai. De plus, l’offre stipulait qu’il devait cesser de parler aux médias.

«Monsieur le banquier, cette offre est refusée», a-t-il clamé, en riant, aux médias qui l’attendaient à la sortie de la salle. «On me propose d’acheter la paix. Quitter et ne plus parler aux médias. J’ai dit que je réfléchirais pour la forme. Je voulais être entendu devant le conseil mais on ne veut même pas m’entendre», a-t-il expliqué.

Claude Cournoyer n’exclut pas de présenter une contre-offre d’ici à la séance publique du conseil mardi soir, moment où son sort pourrait bien être décidé par vote du conseil. «À moins que je revienne avec une contre-offre plus raisonnable. Il faudra mettre un peu plus de grains sur la palette. Ma réputation est entachée. Il y a eu irrégularité depuis le début, il y a eu toutes sortes de choses illégales», avance-t-il, soulignant par ailleurs que contrairement à ce qu’on lui avait dit au départ, jamais aucun rapport n’aurait été produit contre lui dans la foulée de la plainte pour harcèlement psychologique.

Claude Cournoyer attendra donc de voir le verdict du conseil municipal mardi soir et envisage toujours de poursuivre la Ville. «Je suis serein. On traversera le pont quand on sera rendu à la rivière», lance-t-il.

Du côté de la Ville, le conseil municipal s’est entendu pour ne pas commenter publiquement le dossier avant la séance publique de mardi soir. «Un vérificateur général, ça relève du conseil de ville. Aujourd’hui, la directrice générale a rencontré les élus pour faire le point sur la situation et le processus suit son cours. Le conseil aura le week-end pour réfléchir à toutes les informations qu’ils ont et la suite sera mardi. D’ici là, aucun élu ni la Ville n’émettra de commentaire vu la confidentialité de ce dossier», a résumé le porte-parole du cabinet du maire, Yvan Toutant.