L’église Saint-Jean-de-Brébeuf

Vente de l’église Saint-Jean-de-Brébeuf: l’évêque va s’exprimer sur le sujet jeudi

Trois-Rivières — Au lendemain de l’assemblée où des paroissiens ont clairement exprimé leur opposition à la vente de l’église Saint-Jean-de-Brébeuf, son avenir est maintenant entre les mains de l’évêque, Mgr Luc Bouchard, à qui revient la décision d’approuver ou non la transaction avec le Centre culturel islamique de la Mauricie. L’évêque va d’ailleurs tenir un point de presse, jeudi après-midi, sur ce sujet.

«Mgr Luc Bouchard souhaite s’adresser aux médias afin de leur partager ses réactions dans ce dossier», a indiqué le diocèse dans un communiqué. Mgr Bouchard sera accompagné de Pierre Morand, président de l’assemblée de fabrique de la paroisse Du-Bon-Pasteur et de René Beaudoin, responsable du comité diocésain sur l’avenir des églises en Mauricie.

Est-ce que l’évêque refusera l’offre d’achat non sollicitée du Centre culturel islamique de la Mauricie? Est-ce qu’il annoncera que le processus de vente se poursuit? Ces deux options sont possibles.

Déjà mercredi soir, l’évêque a rencontré des membres de l’assemblée de fabrique de la paroisse Du-Bon-Pasteur pour discuter de ce dossier sensible. Un compte rendu de l’assemblée publique de mardi soir a été fait à Mgr Luc Bouchard, qui était déjà bien au fait des arguments soulevés par les paroissiens pour s’opposer à la vente de l’église comme elle est proposée actuellement.

Par ailleurs, M. Beaudoin, qui était présent à l’assemblée mardi soir, se dit peu surpris par la réaction des gens présents.

«C’était très clair que la rencontre allait être animée», souligne-t-il.

Au-delà du fait que l’église pourrait devenir une mosquée, il a identifié cinq éléments qui ont été soulevés lors de la rencontre. D’abord, la nécessité ou non de fermer l’église, ensuite le prix de la vente qui a été établi à 500 000 $, l’usage qui pourrait être fait de l’église, l’existence ou non d’un plan global pour l’ensemble des églises de la paroisse, et finalement, à quel moment la population devrait être consultée dans un processus de vente.

Évidemment, toutes ces questions étaient enrobées d’une forte dose d’émotion étant donné qu’elle touche une église. «Hier [mardi], il y avait même un monsieur qui entrait dans l’église pour la toute première fois. Il disait qu’il ne fréquente pas les églises, mais que pour lui, elles ont une valeur symbolique qui est importante et qu’il faut les protéger et les conserver», raconte M. Beaudoin. «C’est sûr qu’elles ont une charge émotive importante. C’est là qu’on a été baptisé, c’est là qu’on s’est marié, c’est là qu’on est allé à la messe», poursuit-il.

Quand on ajoute le fait que l’église pourrait être vendue à une communauté qui ne partage pas la même religion, la situation se corse encore plus. «C’est sûr qu’aujourd’hui dès qu’on utilise le mot musulman, les gens ont peur parce qu’ils l’associent tout de suite aux extrémistes», mentionne M. Beaudoin.

D’ailleurs, Mélanie Charron, coordonnatrice de la pastorale d’ensemble pour le diocèse de Trois-Rivières, invite les gens à la tolérance. «Je nous invite à la vertu de prudence dans les jugements qui peuvent être portés. Il faut apprendre à se connaître entre communautés culturelles et religieuses. On peut saisir aussi qu’il y a des émotions dans tout ça, mais au final, il y a un appel à réfléchir avec tolérance dans nos prises de parole.»

Avec la collaboration

de Gabriel Delisle