La marina Prévost changera-t-elle de vocation? L’actuel propriétaire, Georges Ricard, croit être en mesure de vendre cette propriété d’ici un an.

Vente de la marina Prévost, prise deux?

SHAWINIGAN — Après avoir reculé en 2011, il semble que le propriétaire de la marina Prévost, Georges Ricard, soit plus déterminé que jamais à vendre cette propriété d’ici un an. Il l’a clairement laissé savoir aux représentants de la Ville de Shawinigan et de l’Association des résidents du lac des Piles, lors de l’assemblée générale annuelle de cet organisme, le 8 juillet.

À l’été 2011, M. Ricard et le maire de Shawinigan, Michel Angers, avaient annoncé la vente de la marina à un promoteur qui allait construire des condominiums. Mais en décembre de la même année, devant la lenteur des négociations, le propriétaire était finalement revenu sur sa décision. M. Ricard a donc poursuivi l’exploitation de la marina, qu’il dirige pour une 21e année.

Lors de l’assemblée de l’ARLDP toutefois, l’homme d’affaires a averti la cinquantaine de personnes présentes que son règne tirait à sa fin. Joint par Le Nouvelliste, il confirme que deux acheteurs sont intéressés par la marina.

«Elle sera vendue l’année prochaine et les gens s’arrangeront!», lance-t-il. «Si les gens n’en veulent pas, ils laveront leurs bateaux à la baie Martin. L’acheteur ne sera pas obligé de garder la marina ouverte, ni la descente de bateaux.»

«J’ai deux acheteurs potentiels, mais rien n’est signé», ajoute M. Ricard. «Il y a sept ans, j’ai failli vendre, mais ça avait viré de bord. Avant de confirmer que c’est fait, je vais attendre d’avoir l’argent dans le compte.»

M. Ricard ne veut pas s’avancer sur les intentions de ces acheteurs pour le moment. «Qu’ils me payent et après, ils feront ce qu’ils voudront», résume-t-il. «Rendu à 67 ans, vous ne pensez pas qu’il serait temps que j’arrête? Des journées de 14 h au gros soleil, je commence à trouver ça dur.»

Comme le camping de la baie Martin réserve ses quais aux campeurs, la marina Prévost demeure l’endroit privilégié pour la mise à l’eau au lac des Piles. L’association des résidents suivra ce dossier de près au cours des prochains mois.

«Les membres veulent une descente pour les bateaux», reconnaît la présidente, Joan Hamel. «On va travailler pour que ça se passe comme ça. M. Ricard a annoncé ses préoccupations, mais nous maintenons que cet espace doit demeurer une descente de bateaux pour les résidents du lac des Piles et pour les citoyens qui viennent nous visiter. C’est un beau lac et on ne veut pas le restreindre, mais on veut bien l’encadrer.»

«Si on n’avait pas de descente, il y aurait un tollé», ajoute-t-elle. «Nous n’avons aucune autre descente pour les résidents. Nous allons travailler pour qu’il y ait une descente publique au lac, c’est clair.»

La Ville de Shawinigan possède encore des terrains au lac des Piles, mais leur accès demeure trop compliqué pour y accueillir une rampe de mise à l’eau.

Nancy Déziel, conseillère du district de la Rivière, a évidemment entendu la mise en garde de M. Ricard. Pour le moment, elle demeure prudente dans ses commentaires.

«Dans notre politique de l’eau, il est prévu qu’il y ait un accès public au lac», rappelle-t-elle. «Actuellement, il y en a deux, la baie Martin et la marina. Est-ce que la Ville voudra jeter un coup d’œil là-dessus? Il faudra que j’en parle au conseil. Pour le moment, je n’ai pas de réponse. C’est privé, mais c’est sûr que le mieux, c’est d’avoir un accès à l’eau pour les citoyens. S’il y a un changement, nous réfléchirons à ça.»

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ENCORE DES FICELLES À ATTACHER

Shawinigan — L’assemblée générale annuelle de l’Association des résidents du lac des Piles n’a finalement pas permis d’en savoir beaucoup plus long 

sur la nouvelle politique de nettoyage de bateaux de la Ville de Shawinigan. Sa mise en place est toujours prévue le 1er septembre, mais le site choisi et la procédure demeurent flous.

La marina Prévost est toujours considérée comme un endroit privilégié, surtout que la Ville possède un terrain, juste avant la descente, où pourrait s’effectuer cette opération de nettoyage. Il reste toutefois des ficelles à attacher.

«De ce que je comprends, ce ne sera pas pour cette année», déduit Georges Ricard, propriétaire de la marina Prévost. «La règle doit s’appliquer à compter de septembre, mais à ce moment, les bateaux s’en vont! C’est du blabla pour étirer le temps. Je ne sais même pas si ça va se faire.»

«Au printemps, j’avais commencé à dire au monde qu’il faudrait laver les bateaux», ajoute M. Ricard. «Là, j’attends que la Ville se branche. Je n’irai pas plus vite qu’elle!»

«Ça avance», assure Nancy Déziel, conseillère du district de la Rivière. «Nous avons dit que ça entrerait en vigueur en septembre. D’ici là, il faut voir comment ça va fonctionner.»

Le cas des bateaux des riverains du lac des Piles a refait surface à l’assemblée générale. La Ville prévoyait imposer certains frais à ces résidents pour qu’ils obtiennent une vignette qui garantirait que leur embarcation ne navigue pas ailleurs, mais il semble que cette proposition devra être étudiée à nouveau.

«Beaucoup de gens ne sortent pas leur bateau de leur terrain», concède Mme Déziel. «Ce n’est pas un projet où on veut faire la police. C’est surtout que nous voulons des installations pour que ceux qui viennent de l’extérieur puissent laver leur bateau. Il ne faut pas que ce soit complexe pour les résidents.» 

Joan Hamel, présidente de l’Association des résidents du lac des Piles, salue d’ailleurs cette ouverture. «Pour les embarcations qui restent au lac, il n’y a pas de danger d’avoir une invasion d’espèces exotiques envahissantes», appuie-t-elle. «La Ville a une belle ouverture et une belle écoute. On négocie pour qu’il n’y ait pas de frais pour les résidents, quand les bateaux restent au lac des Piles. Il faut utiliser notre logique et notre jugement. On ne fera pas subir la procédure de nettoyage aux résidents si l’embarcation ne sort pas du lac! Il y aura des auto-déclarations des propriétaires et ce ne serait pas logique qu’il y ait des frais pour eux. Le problème, ce sont les bateaux qui viennent de l’extérieur.»

«La mécanique reste à être peaufinée», mentionne Mme Déziel. «On demeure en mode écoute.»

Quant à l’emplacement de cette station de nettoyage, les options restent limitées, reconnaît la conseillère. 

«Il n’y a pas douze places pour descendre son bateau: il y a la marina et le camping. Les efforts seront concentrés là. Il devrait aussi y avoir une brigade de sensibilisation pour le nettoyage des bateaux, la revégétalisation des rives et d’autres préoccupations environnementales.»