Plusieurs centaines de personnes se sont précipitées à la vente de fermeture de la maison Kermaria des Filles de Jésus, vendredi.

Vente de fermeture de la maison Kermaria: «une belle aventure qui se termine dans la joie»

TROIS-RIVIÈRES — La maison Kermaria, qui hébergeait jusqu’à récemment les Filles de Jésus, était animée comme jamais, vendredi. La communauté religieuse, qui a quitté les lieux en juillet dernier, liquidait ses derniers avoirs: des meubles, de la literie, de la vaisselle, des éléments de décoration et une foule d’objets et d’accessoires. Cette vente représente également la fin d’un chapitre important pour cette communauté, qui résidait à cet endroit depuis 1912.

«C’est un chapitre qui se ferme, une belle aventure qui se termine dans la joie», résume Renée Fournier, directrice générale de la maison Kermaria.

Mme Fournier se préparait depuis cinq ans à la fermeture de la maison et tout ce que ça implique, une des dernières étapes étant de vider les lieux. Malgré cette préparation, elle reconnaît que l’organisation entourant cette vente n’a pas été de tout repos. «C’est un travail imposant. Il fallait penser à comment regrouper les objets, vider les locaux et les armoires. Dans une, on a retrouvé 200 casse-tête! Il a fallu aussi faire l’inventaire et fixer les prix, ça a aussi été un défi», confie la directrice générale.

Ces efforts n’auront manifestement pas été vains, puisque les acheteurs sont venus en masse. Des centaines de personnes, possiblement un millier, selon Mme Fournier, se sont précipitées sur les centaines d’articles vendus à petit prix. Plusieurs ont commencé à s’installer dans des chaises devant la porte de la maison à partir de 10 h 30, alors que la vente débutait à 12 h.

«C’était comme le Boxing Day, commente sœur Gisèle Lacerte, vice-provinciale des Filles de Jésus. On attendait beaucoup de monde, mais c’était impressionnant de voir les gens arriver aussi tôt et en si grand nombre.»

La vente de fermeture se poursuit samedi, de 9 h à 16 h 30. Le sort des articles restant à l’issue de cette opération sera décidé au cours de la prochaine semaine. Sœur Lacerte assure cependant que, comme les profits réalisés lors de la vente, les possessions des Filles de Jésus serviront à la collectivité. Cela a d’ailleurs été le cas avec de nombreux articles qui ont été remis à des organisations de la région. Carpe Diem, le Collège Laflèche et le Cégep de Shawinigan ont notamment récupéré des lits et des appareils provenant de l’ancienne infirmerie provenant de la maison Kermaria. Des meubles comme des tables et chaises de cuisine ont été donnés à des nouveaux arrivants dans le besoin.

«Notre but était de redonner à la communauté, puisque ça s’inscrit dans notre mission, souligne sœur Lacerte. On verra ce qu’on fait avec ce qu’il va rester, mais ce sera toujours dans l’optique de servir la communauté.»

La fin d’une aventure

La centaine de religieuses qui vivaient à la maison Kermaria ont été relocalisées à la Résidence Lokia, sur les terrains de Trois-Rivières sur Saint-Laurent. Elles partagent cet édifice avec les Carmélites et les Ursulines. Bien que ce déménagement et la vente de fermeture soient un deuil à vivre pour elles, sœur Gisèle Lacerte croit que l’importance de leur mission contribue à le rendre plus facile à vivre.

«Il y a une partie de deuil, on ne va pas enlever ça, convient-elle. Mais on va toujours être proche des gens, à l’endroit où on est situées. Notre mission continue, de façon renouvelée. Et puis notre ancienne maison va servir à des choses qui nous tiennent à cœur, à la Maison Albatros et à des logements à prix modique.»

C’est aussi avec sérénité que Renée Fournier vit cette vente de fermeture, qui marque la fin de son implication en tant que directrice générale de la maison Kermaria. Elle tirera en effet sa révérence au cours de l’automne, après neuf ans de loyaux services.

«On m’a offert la direction générale de la Résidence Lokia, mais j’ai décliné, mentionne-t-elle. J’ai géré 22 résidences pour aînés pendant ma carrière et je suis prête à passer à une autre étape dans ma vie. Je crois que ça a rassuré les employés de savoir que je ne consacrerais pas une partie de mon temps à me chercher un nouvel emploi, j’ai pu les accompagner dans cette transition.»