Cette photo d’Alessandra Magini, de Normand Trahan et de Philip Éthier était publiée en février 2018 sur la page Facebook du Zoo de Saint-Édouard. M. Trahan les présentait alors comme étant les nouveaux propriétaires de l’établissement.

Vente avortée du Zoo de Saint-Édouard: poursuite de 36 000 $

TROIS-RIVIÈRES — Les deux promoteurs de la région de Montréal qui voulaient acquérir le Zoo de Saint-Édouard poursuivent Normand Trahan afin d’obtenir un remboursement des dépenses encourues pour l’élaboration du projet d’achat, soit une somme totalisant 36 052,75 $.

Alessandra Magini et Philip Éthier réclament cette somme au propriétaire du Zoo de Saint-Édouard, car ils affirment que le 26 février 2018, les parties ont signé un document prévoyant le versement d’une indemnisation de la part de M. Trahan si jamais la transaction ne se réalisait pas. La transaction a effectivement échoué malgré le fait que Mme Magini et M. Éthier avancent qu’une lettre d’intention unissait les deux parties un mois auparavant. Sauf que les termes de la transaction ont évolué au fil du temps.

Selon les deux promoteurs, les parties ont signé ladite lettre d’intention le 31 janvier 2018 pour l’achat éventuel de tous les actifs du Zoo moyennant 1 550 000 $. Une offre d’achat à ce montant a été présentée par le duo à M. Trahan en avril 2018. Le 15 mai 2018, ce dernier a envoyé «une version modifiée de l’offre d’achat aux demandeurs, augmentant le prix d’achat de la totalité des actions à 2,8 millions de dollars, avec un dépôt immédiat d’une somme de 300 000 $ non remboursable», peut-on lire dans la poursuite civile déposée en décembre 2018.

La hausse du montant demandé par M. Trahan force les promoteurs à réaliser «une analyse plus approfondie des conséquences financières et comptables de la transaction». Le 24 juillet 2018, les négociations entre les deux parties prennent fin.

Étant donné la rupture des négociations et qu’aucune offre d’achat n’a été entérinée, Mme Magini et M. Éthier veulent réclamer une indemnisation auprès de Normand Trahan. Selon les promoteurs, les deux parties ont convenu que «les demandeurs auraient droit au remboursement de tous les frais et honoraires engagés pour mener à bien l’acquisition des actions, ainsi qu’une indemnité additionnelle de 50 $ par heure investi (sic) dans l’étude du projet d’acquisition» advenant l’échec de la transaction.

Voilà pourquoi les promoteurs réclament environ 16 500 $ en honoraires professionnels reliés au travail d’un comptable et d’un avocat, quelque 17 000 $ pour les 340 heures de travail réalisées par eux et près de 2500 $ en frais de déplacement.

«Dans le cadre de négociations privées, il y a un débat sur l’interprétation concernant certaines obligations des parties. La partie demanderesse prétend que M. Trahan lui doit un remboursement de dépenses et de frais. M. Trahan est d’opinion qu’il ne s’est pas engagé à rembourser les sommes d’argent. C’est le tribunal qui va décider», déclare l’avocat de M. Trahan, Me Philippe Gabias.

Ce dernier souligne qu’il existe une différence importante entre une lettre d’intention et une offre d’achat.

«Une lettre d’intention ne vise qu’à valider entre les parties s’il est encore possible que la négociation se poursuive. Ça n’a pas de pouvoir d’exécution comme une offre d’achat», mentionne Me Gabias.

Alessandra Magini et Philip Éthier sont représentés par Me Daniel Goldwater. Le nom de cet avocat apparaît dans les mandats de perquisition obtenus par la SPCA de Montréal concernant le Zoo de Saint-Édouard. En août 2018, Me Goldwater a contacté Me Sophie Gaillard, directrice de la défense des animaux de la SPCA, afin de lui faire part des inquiétudes manifestées par une de ses clientes concernant le bien-être des animaux de cet établissement. Cette clientèle «aurait intenté une poursuite civile pour annulation d’une promesse de vente», peut-on lire dans le mandat. Cette clientèle serait Alessandra Magini.

Contacté par Le Nouvelliste, ce cabinet d’avocats a décliné la demande d’entrevue.