De gauche à droite, à l’avant: Sonia El Euch, Gilles Bronchti et Marianne Paul. À l’arrière, Andrea Bertolo, Marc-André Bernier et Georges Abdul-Nour.

Vent de changement au Syndicat des profs de l'UQTR

TROIS-RIVIÈRES — Le 28 mars, les professeurs et professeures de l’UQTR iront aux urnes afin d’élire un nouvel exécutif syndical.

La période des mises en candidatures s’est terminée le 14 mars et déjà, un vent de changement se fait sentir. C’est en effet sous forme d’équipe ayant une vision commune que les candidats se sont présentés. Par voie de communiqué de presse, cette équipe se dépeint comme étant «solide, motivée et unie», ce qu’elle juge d’ailleurs nécessaire pour «réaliser des objectifs importants».

Les candidats veulent en effet «faire revivre ensemble l’esprit de collégialité qui a présidé à la naissance de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Cette ambition», disent-ils, «signifie notamment se réapproprier la gouvernance universitaire en affirmant le rôle central du corps professoral, faire valoir les savoirs et le lien pédagogique avec les étudiantes et les étudiants sur les logiques marchandes, poursuivre les actions déjà entreprises par notre Syndicat afin d’assurer la défense de la liberté académique et enfin, retisser des liens entre les services, l’administration et les départements pour construire une université nouvelle à laquelle nous pourrons nous identifier et dont nous serons fiers», poursuit le communiqué.

Le professeur Gilles Bronchti, directeur du département d’anatomie, vise la présidence du Syndicat des professeurs et professeures de l’UQTR.

Les autres membres de l’équipe sont des professeurs d’horizons très différents. Il s’agit de Georges Abdul-Nour (génie industriel), Marc-André Bernier (lettres et communication sociale), Andrea Bertolo (sciences de l’environnement), Sonia El Euch (sciences de l’éducation) et Marianne Paul (orthophonie).

Selon le candidat à la présidence, «au fil des années, nous avons vu l’administration se hisser au sommet d’une pyramide qu’elle a elle-même créée, devenir la direction. Il nous faut reprendre notre place», fait-il valoir. Le professeur Bronchti souhaite que les actions de son groupe soient tournées vers l’avenir, «en évitant le ressentiment.»

Rappelons que les professeurs avaient fait l’objet d’un lock-out de 10 jours, le printemps dernier, dans le cadre des négociations pour le renouvellement de leur convention collective.

Le candidat Marc-André Bernier, pour sa part, fait valoir que «l’année qui vient de s’écouler m’a fait comprendre que, même à l’université, les valeurs de l’humanisme ne vont plus de soi et qu’il faut aujourd’hui les défendre contre la montée de l’autoritarisme et du populisme.» Il compte, pour s’opposer à cette situation, fédérer toute la communauté universitaire autour des valeurs du savoir, du sens du dialogue et de la gestion collégiale. George Abdul-Nour veut que les professeurs se réapproprient leur université afin de lui «redonner un vrai caractère humain et son rôle dans le développement de son milieu».

Marianne Paul, de son côté, mise sur une «saine communication». Sa collègue Sonia El Euch croit aussi qu’il est important d’améliorer les communications entre l’administration et les professeurs. Il faut, selon elle, «un travail de collaboration avec tous». Même si les professeurs qui se présentent à l’exécutif n’ont pas beaucoup d’expérience dans le milieu syndical, signale le communiqué, il ne s’agit pas forcément d’une faiblesse, plaident-ils. Pour sa part, Andrea Bertolo avoue qu’il n’a pas d’expérience en matière syndicale, mais il entend néanmoins «défendre une vision de l’université qui ne soit pas celle d’un instrument asservi aux logiques marchandes».

Deux autres professeurs se présentent également sans être rattachés à cette équipe. Il s’agit de Christian Linard du département de chiropratique qui se présente contre George Abdul-Nour et Maryse Paquin du département de loisirs, culture et tourisme qui se présente contre Marianne Paul. Le professeur Jason Luckerhoff ne se présente pas ayant obtenu un poste de vice-recteur à l’Université de l’Ontario français.