La Direction de la santé publique de la Mauricie et du Centre-du-Québec a fait une mise en garde au public concernant le vapotage.
La Direction de la santé publique de la Mauricie et du Centre-du-Québec a fait une mise en garde au public concernant le vapotage.

Vapotage: mise en garde de la Santé publique

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — L’incident impliquant un jeune homme de Shawinigan, qui a été gravement blessé au visage cette semaine lorsque sa vapoteuse a explosé, incite la Direction de la santé publique de la Mauricie et du Centre-du-Québec à faire une mise en garde au public concernant le vapotage. En plus de remettre en question la sécurité des dispositifs permettant cette pratique, la Santé publique considère que le vapotage cause plusieurs risques pour la santé.

«C’est un phénomène émergent et préoccupant», reconnaît la directrice de la santé publique et de la responsabilité populationnelle, Marie-Josée Godi. Selon Dre Godi, des études menées aux États-Unis permettent déjà de comprendre que le vapotage a des effets sur la santé pulmonaire, alors qu’on y révèle des liens avec de graves maladies pulmonaires.

«À partir de ces études, on peut affirmer qu’il y a un impact. Tout n’est pas encore totalement compris alors dans ce processus, on a mis en place une enquête tant aux États-Unis que dans la province et également dans notre région, par un système de signalement auprès du corps médical pour mieux comprendre ce phénomène et arriver avec des recommandations bien précises», mentionne la Dre Godi.

Par ailleurs, face à l’événement survenu cette semaine à Shawinigan, Marie-Josée Godi mentionne que cette mise en garde de la Santé publique s’applique également aux dispositifs de vapotage.

Marie-Josée Godi, directrice de la santé publique et de la responsabilité populationnelle au CIUSSS-MCQ.

Elle déconseille ainsi fortement d’utiliser des dispositifs qui auraient été modifiés, mais rappelle que même les dispositifs vendus légalement et non modifiés présentent des risques. «Il ne faut pas penser que c’est parce que certains dispositifs sont vendus légalement qu’ils sont inoffensifs», déclare-t-elle, rappelant que même sans modification, certains risques d’incendie ou d’explosion existent.

Par ailleurs, les risques associés à la dépendance à la nicotine sont bien réels, explique la directrice de la Santé publique. Cette dépendance se manifeste généralement très rapidement chez les jeunes, en plus d’avoir des effets sur le développement du cerveau, dont des troubles de concentration et de l’humeur.

En Mauricie et au Centre-du-Québec, l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes réalisée en 2016-2017 révèle qu’au niveau des jeunes de niveau secondaire, près de 40% des jeunes de la région ont fait usage de la cigarette électronique au moins une fois dans leur vie. De ces mêmes étudiants, 14% en avaient fait usage dans les 30 jours précédant l’enquête. «C’est énorme, et notre région est beaucoup plus élevée que l’ensemble de la province», note Mme Godi.


« C’est un phénomène émergent et préoccupant »
Marie-Josée Godi, directrice de la santé publique et de la responsabilité populationnelle

Cette dernière invite les fumeurs qui chercheraient présentement à abandonner la cigarette en se tournant vers le vapotage à plutôt consulter un professionnel de la santé, qui saura les guider vers des méthodes efficaces et beaucoup moins nocives pour leur santé et leur sécurité.

La ligne J’arrête au 527-7383, le site www.defitabac.qc.ca, ou encore les différents Centre d’abandon du tabagisme peuvent aider ces personnes, note-t-elle.

Le site web de Santé Canada propose également une fiche-conseil pour les parents qui se questionnent sur la manière d’aborder le sujet avec leur adolescent, accessible par le site www.considerelesconsequences.ca/ressources/#parents.