La Ville a tenu à exprimer son appui envers ces projets de développement qui, à condition qu’ils respectent les citoyens des alentours, contribueront à attirer plus de touristes à Shawinigan.
La Ville a tenu à exprimer son appui envers ces projets de développement qui, à condition qu’ils respectent les citoyens des alentours, contribueront à attirer plus de touristes à Shawinigan.

Vallée du parc: le processus de modification du zonage sur pause

SHAWINIGAN — À la suite de l’assemblée d’information tenue à l’hôtel de ville de Shawinigan, mercredi soir, les résidents des environs de la station de ski Vallée du parc ont accepté de voir le processus de modification de zonage en lien avec les projets de développement du centre être arrêté, puis remis en marche avec l’inclusion de clauses assurant une certaine quiétude aux habitants.

Dans une ambiance tantôt cordiale, tantôt tendue, les citoyens ont exprimé leur désaccord à l’égard de certains aspects du projet de développement, dont la pollution sonore engendrée pourrait brimer l’ambiance paisible régnant aux alentours de leur propriété.

Parmi les portions de cet éventuel investissement qui dérangent les résidents, on retrouve l’implantation de terrains de camping visant à accueillir des véhicules récréatifs ainsi que l’absence d’engagement de la part de la station d’entourer d’un couvert végétal la zone au bas de la pente de glissade sur tubes, où seront aménagés des conteneurs transformés en unités d’hébergement.

De plus, les citoyens craignent qu’une telle modification offre une trop grande liberté au directeur général de la station de ski Vallée du parc, Alain Beauparlant.

«Ce qui nous préoccupe le plus, c’est qu’on ne veut pas signer un chèque en blanc au promoteur qui lui donne le droit de faire tout ce qu’il veut dans ces zones. Je ne crois pas qu’il est démesuré de demander ce genre de chose. D’aucune façon nous ne voulons empêcher les développements de la station. On est simplement mal à l’aise avec la démarche du promoteur, qui n’est pas totalement transparente», a indiqué l’une des habitantes des zones contiguës à celles concernées par le projet, Francine Gélinas.

Avant cette rencontre, la Ville avait procédé à une première adoption de cette modification du zonage. Il ne restait donc qu’une deuxième approbation de l’appareil municipal pour que le projet puisse véritablement prendre forme. Avec cette récente offre du maire, qui a semblé faire le bonheur de la quinzaine de citoyens mécontents, voilà que le processus devrait être mis sur pause pour éventuellement reprendre au retour des vacances.

Des permissions inconnues des résidents

En se présentant à la salle du conseil de leur ville, mercredi soir, la plupart de ces Shawiniganais espéraient débattre sur un peu plus d’aspects de ce projet. Or, la Ville avait déjà accordé, lors d’une modification de zonage il y a quelques années, nombre de permissions à la station de ski, lui permettant d’apporter plusieurs développements sans être forcée de consulter ses voisins au préalable.

De ce nombre, on retrouve l’implantation de chalets locatifs à divers endroits sur le territoire, l’aménagement d’un stationnement pour voitures, le déplacement de la zone de glissade sur tubes ainsi que la construction d’un chalet de service.

Il était primordial pour le maire de Shawinigan, Michel Angers, de tenir cette rencontre afin d’informer convenablement la population sur ces projets et lui permettre de se faire entendre auprès du promoteur.

Ces autorisations qu’ils ont échappées n’ont pas manqué de froisser les citoyens, qui auraient apprécié être un peu plus consultés.

«Au départ on a fait confiance, mais on a déchanté rapidement. À titre d’exemple, lorsqu’ils ont défiguré la montagne pour y installer la pente de glissade sur tubes, qui s’est finalement avérée dangereuse pour les usagers, personne n’a pensé à nous. En tant qu’environnementaliste et activiste, je crois que ces actions n’ont plus leur place en 2020. La confiance s’effrite un peu, on ne se sent pas considérés», a témoigné la membre du groupe de contestants Ève Prud’homme.

En ce qui concerne ce manque de clarification, les autorités municipales ont tenu à prendre l’entièreté du blâme. Aux yeux du maire de Shawinigan, Michel Angers, il était erroné de présenter aux résidents une modification du zonage sans exposer précisément toutes les possibilités qui s’offriront aux gens qui en font la demande.

«C’était une erreur et je m’en excuse. Moi, je veux des plans. Et c’est de cette façon que l’on fonctionnera la prochaine fois. La Ville est toujours ouverte à ce genre de projet de développement. Cependant, pour tous les prochains qui me seront présentés, je vais exiger d’avoir un devis spécifiant les intentions du promoteur», a-t-il exprimé.

La mauvaise foi des voisins critiquée

Croyant qu’il a fait preuve d’une grande ouverture d’esprit en présentant ses projets pour la station de ski Vallée du parc, Alain Beauparlant a pointé du doigt la mauvaise foi des citoyens mécontents à quelques reprises pendant la séance informative. Selon lui, les contestants cherchaient à lui mettre des bâtons dans les roues alors qu’il était ouvert à renégocier les clauses de sa modification du zonage.

Il est à noter que si les résidents avaient refusé l’offre du maire Angers de revoir les détails de ce dossier «dans l’harmonie et la cohabitation», ils auraient été contraints de rassembler un nombre suffisant de signatures parmi les habitants des environs pour espérer arriver à leurs fins.

Puis, le conseil municipal aurait été amené à décider si la question devait être traitée en référendum. Si, à l’issue de cette demande référendaire, la réponse des citoyens concernés avait donné raison au promoteur, il aurait pu laisser son projet de modification de zonage intact et n’accepter aucune requête de son voisinage.

Une autre rencontre d’information devrait être organisée après les congés estivaux dans l’objectif de connaître les recommandations faites par les résidents au promoteur et d’éventuellement trouver un terrain d’entente. Par la suite, le processus de modification de zonage sur le territoire de la station de ski devrait reprendre.

La sécurité comme priorité

Par ailleurs, pendant cette assemblée d’information, qui était la toute première organisée en présence à l’hôtel de ville depuis le début de la pandémie de COVID-19, l’ensemble des consignes de la Santé publique ont été respectées à la lettre.

Ainsi, les Shawiniganais ont été forcés de se déplacer en portant un couvre-visage en plus de se tenir constamment à deux mètres de distance les uns des autres. Ceux-ci ont également dû remplir un formulaire à leur arrivée stipulant que leur présence à la rencontre ne représentait aucun risque de propagation du virus.