Valérie Renaud-Martin, candidate pour le Parti libéral dans Trois-Rivières.

Valérie Renaud-Martin: de candidate à tête d’affiche libérale

Trois-Rivières — Si certains ne croyaient pas, en début de campagne électorale, en la valeur de la candidature de Valérie Renaud-Martin chez les libéraux dans Trois-Rivières, ils devront refaire leurs devoirs. La conseillère municipale trifluvienne est non seulement devenue une tête d’affiche de son parti dans les campagnes publicitaires nationales, mais les plus récentes projections des sondeurs à travers le pays peuvent maintenant permettre aux libéraux de croire que la circonscription de Trois-Rivières leur est prenable.

À l’occasion de la campagne électorale fédérale, Le Nouvelliste vous présente cette semaine cinq entrevues éditoriales avec les candidats représentant, dans le comté de Trois-Rivières, les cinq principaux partis.

La principale intéressée, pour sa part, accueille toute cette effervescence avec humilité et reconnaissance. Loin de s’en faire une gloire, Valérie Renaud-Martin dit vouloir faire les choses correctement et dans l’ordre. Pour le moment, il y a une campagne locale à mener, et c’est ce sur quoi elle se concentre.

Cette mère monoparentale a aussi tenu à faire les choses dans l’ordre avant même de se lancer. Comment concilier la vie de députée à Ottawa et le bon développement de son fils? «Mes parents sont très présents dans ma vie, nous sommes une famille tissée serrée. Ils m’ont offert de m’aider dans tout cela si jamais je remporte l’élection. Être monoparentale, ça m’a obligée à avoir une structure dans la vie qui me sert aussi dans mon travail. Je suis une perfectionniste, je suis très exigeante envers moi-même», confie-t-elle.

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L’un de ses vis-à-vis, l’ex-maire Yves Lévesque, l’avait déjà désignée comme sa dauphine pouvant lui succéder à la mairie. De se retrouver sa rivale dans cette course a notamment attiré les regards de bien des médias nationaux, qui constatent que le comté de Trois-Rivières présente une lutte de candidats peu commune. «Les gens commencent à réaliser que M. Lévesque représente un parti, et que c’est le drapeau des conservateurs qui est au-dessus de lui. Oui, comme maire de Trois-Rivières il a eu ses réalisations, mais il est maintenant dans un parti. J’ai beaucoup de gens qui me disent qu’ils ne pourraient jamais voter pour les conservateurs dans Trois-Rivières», mentionne-t-elle.

À l’inverse, la candidate doit elle aussi défendre le bilan de son parti, qui a occupé le pouvoir durant les quatre dernières années. «C’est un défi de bien renseigner les gens, mais les libéraux ont respecté 92 % des engagements qu’ils ont pris lors de la dernière campagne électorale. Les gens me parlent beaucoup de la bonification du supplément de revenu garanti, de la hausse des allocations familiales», constate celle qui se fait aussi parler de la légalisation du cannabis. «M. Trudeau avait pris l’engagement de le faire, il a tenu sa promesse», lance-t-elle en riant.

L’achat du pipeline Trans Mountain revient souvent dans les questions qui lui sont posées lorsqu’il est question de défendre le bilan environnemental de son gouvernement. «On ne peut pas arrêter la dépendance au pétrole demain matin. Le pipeline existait déjà, et avec cet équipement on va générer des profits qui serviront justement à financer notre transition énergétique. Ce sont 47 milliards de dollars par année qu’on va aller chercher pour réinvestir dans des énergies propres et des entreprises qui développent des technologies vertes. On a mis un prix sur la pollution avec la taxe sur le carbone. Polluer au Canada, ce n’est plus gratuit», rappelle-t-elle.

Cette transition énergétique, Valérie Renaud-Martin est convaincue qu’elle servira les entreprises d’ici. «On a déjà des innovations ici qui vont en ce sens, on a le district entrepreneurial Open Trois-Rivières et moi, je veux encourager ça, qu’on devienne ici un pôle national pour créer des entreprises carboneutres», lance la candidate.

Elle rappelle également l’engagement de 71 M$ de son gouvernement pour la réalisation du train à grande fréquence. «C’est un bon premier pas et ça démontre notre volonté. En même temps, le projet ne peut pas se déployer sans qu’on s’assure de l’acceptabilité sociale sur l’ensemble du réseau, alors cette étude est nécessaire. Mais nous avons clairement la volonté que ça se réalise», clame-t-elle.

Valérie Renaud-Martin se dit également d’attaque pour défendre les dossiers du développement de l’aéroport, où les libéraux soutiendront la construction d’un nouvel aérogare LEED, en plus de développer des projets aéronautiques et voir même des vols vers Toronto ou encore des vol «low-cost» décoller de Trois-Rivières. Elle appuie également les projets de développement du Port de Trois-Rivières et du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap.

Mme Renaud-Martin dit avoir aussi à cœur l’avenir du site des Forges du Saint-Maurice, elle qui a été à la rencontre des citoyens cet été pour entendre leurs propositions. «Ça va prendre un plan ambitieux, et non pas juste ajouter deux ou trois affaires sur le site. Il ne s’agit pas de le maintenir en vie mais bien de préserver le patrimoine et rendre le site attrayant», signale-t-elle.