Val-Mauricie: des installations temporaires?

SHAWINIGAN — «Est-ce qu’on peut se donner un temps de réflexion? C’est lorsqu’un drame comme celui-ci se produit, qu’il faut voir les opportunités», affirme Michel Angers, le maire de Shawinigan.

Il y a un mois, le 11 mai dernier, la Station plein air Val-Mauricie était la proie des flammes. L’incendie a été violent et il ne reste plus qu’un amas de débris calcinés de la station.

Plusieurs citoyens s’étaient déplacés lundi soir pour assister au conseil municipal de la ville de Shawinigan afin d’en savoir un peu plus sur l’avenir de la station de plein air, mais aussi sur leur avenir, leur emploi.

Marie-Louise Tardif, présidente-directrice générale du Parc de l’île Melville et responsable de la Station plein air Val-Mauricie, s’est avancée au microphone lors de la période de questions pour demander au maire et à ses conseillers où en était le dossier.

«Nous ne pouvons pas vous donner l’assurance que la Station plein air Val-Mauricie sera reconstruite et qu’elle le sera pour cette saison. Nous avons eu de bonnes discussions et nous finalisons actuellement le dossier avec les assurances», a répondu le maire sous les murmures indignés des citoyens. Guy Arseneault, conseiller du secteur Val-Mauricie, a ajouté que les deux conseillers de Shawinigan-Sud appuyaient la reconstruction et qu’ils tentaient de convaincre leurs collègues.

La saison 2018 en péril?
«C’est certain que nous allons tenter de sauver la saison», affirme le maire.

Il explique que le dossier doit d’abord être réglé avec les assurances et qu’ensuite des décisions seront prises. En attendant, il confie tout de même que la ville est très sensible à la situation et que les membres du conseil se sont penchés sur diverses possibilités. «Nous évaluons plusieurs options. Nous pourrions travailler avec l’école qui est tout près ou encore louer des roulottes», avance-t-il.

Il précise cependant qu’il est presque certain qu’il n’y aura pas de construction neuve pour la saison 2018. «On ne peut pas donner l’assurance que nous reconstruirons pour cet hiver. Ça ne se fait pas en claquant des doigts», s’exclame-t-il. Il ajoute qu’il faut d’abord régler les assurances, prendre une décision, faire les plans, aller en appel d’offres, octroyer les contrats et procéder à la construction. Un processus qui pourrait prendre plusieurs mois.

Pour le maire Angers, la situation actuelle pourrait être une belle occasion de faire mieux. «Nous pourrions réfléchir davantage et prévoir un site fonctionnel et rentable douze mois par année. Un endroit encore plus adéquat que ce que nous avions», propose-t-il.

Marie-Louise Tardif, présidente-directrice générale du Parc de l’île Melville et responsable de la Station plein air Val-Mauricie, est très inquiète.

Une situation désolante
«C’est certain que je suis déçue. J’aurais aimé avoir des engagements clairs. Le temps passe rapidement et il y a des enjeux majeurs. Le fait de retarder la prise de décision et de ne pas agir a un impact important sur les employés, les clients et les établissements scolaires», affirme la directrice générale. Elle poursuit en rappelant que les employés qui sont actuellement sans emploi ont des familles et qu’ils sont inquiets. «C’est une petite station que nous portons au bout de nos bras. Le personnel est important et compétent. Ce n’est pas tout le monde qui peut opérer ces équipements. S’ils ne travaillent pas cet hiver à la station, j’ai bien peur de les perdre. Mais encore, si la municipalité ferme la station pendant un an, nous aurons de la difficulté à rebâtir notre notoriété et nous allons perdre notre clientèle scolaire», souligne Mme Tardif.

De leur côté, les employés sont inquiets. Certains œuvrent à la Station plein air Val-Mauricie depuis plusieurs années. «Nous nous croisons les doigts et nous espérons fort!», s’exclame Marie-Ève Brousseau, une employée de la station qui était accompagnée de son jeune garçon à la séance du conseil municipal.

Une chose est certaine, le maire promet de tout mettre en œuvre pour faire avancer le dossier, mais dans le meilleur des cas, les Shawiniganais risquent fort d’avoir des installations temporaires pour la saison de ski 2018-2019.

La ville octroie une subvention à Vallée du parc
Pour sa part, Vallée du parc de Shawinigan a obtenu une subvention de 80 000 $ sous forme de crédit de taxes sur une période de quatre ans. Cette motion a été votée et adoptée à l’unanimité lors du conseil municipal. La station installe actuellement une nouvelle remontée.