Peu après les événements, Ginette Lebrun et Christian Montigny ont dû ramasser les dégâts.

Vagues destructrices: une enquête pour déterminer les causes

Une enquête est présentement en cours afin de déterminer les raisons pour lesquelles des vagues destructrices ont frappé les résidences du chemin Louis-Gatineau, à Yamachiche, jeudi dernier, lors du passage d'un navire sur le fleuve.
Depuis une dizaine de jours, la Corporation des pilotes du Saint-Laurent central émet en effet des avis à ses membres leur demandant de diminuer la vitesse des navires dont ils prennent charge sur le fleuve et au lac Saint-Pierre afin d'éviter, justement, de provoquer des vagues car le niveau de l'eau atteint présentement des records historiques, indique le nouveau président de la Corporation, Alain Arseneault. «Les pilotes doivent naviguer avec une extrême prudence», dit-il.
La Garde côtière canadienne avait elle aussi émis des avis qui ont été diffusés sur la radio VHF et transmis aux pilotes du Saint-Laurent, indique le porte-parole de la Garde côtière canadienne, Michel Plamondon.
«Tous les pilotes savaient très bien qu'ils devaient adapter leur conduite», confirme Alain Arseneault.
Cette recommandation devait être respectée et non suivie sur une base volontaire, précise de son côté M. Plamondon. Les effets du passage d'un navire peuvent varier, explique-t-il, en fonction du type de navire, de son chargement et de la vitesse à laquelle il file.
Rappelons que les pilotes du Saint-Laurent prennent systématiquement en charge les navires qui empruntent la voie navigable du Saint-Laurent dont ils sont les spécialistes. Cette voie étroite comporte en effet certaines difficultés pouvant être évitées grâce à l'expertise de ces pilotes.
En hiver, il doit obligatoirement y avoir deux pilotes à bord de tous les navires et en été, on doit compter au moins un pilote du Saint-Laurent à bord, précise le porte-parole de la Garde côtière.
Le lac Saint-Pierre «est l'étendue d'eau la plus large dans notre circonscription de pilotage et habituellement, c'est un endroit où il n'y a pas de limites de vitesse parce que la vague ne se rend pas à terre», explique le président de la Corporation des pilotes du Saint-Laurent central.
C'est que «dans le lac Saint-Pierre, il y a beaucoup de hauts-fonds et outre le chenal navigable, le lac n'est pas très profond. Alors habituellement, la vague va se casser sur les hauts-fonds et ne se rendra pas jusqu'à terre», explique-t-il. Lorsqu'on atteint des niveaux historiques, comme c'est le cas actuellement, l'eau ne se comporte toutefois pas de la même façon.
«Présentement, on a plus de trois mètres de niveau d'eau au-dessus du niveau du zéro des cartes, ce qui est extrêmement élevé. La vague peut alors potentiellement traverser ces hauts-fonds-là et se rendre jusqu'à terre», explique M. Arseneault.
«Les niveaux d'eau ont encore monté, durant le week-end. Les niveaux d'eau sur le lac Ontario sont extrêmement élevés», dit-il. La Commission mixte internationale, qui gère le débit des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent, aurait récemment ouvert les vannes afin de libérer de l'eau dans le fleuve, «ce qui a contribué aussi à augmenter les niveaux d'eau», dit-il.
M. Arseneault assure toutefois que cette action ne peut pas avoir créé en elle-même de vagues en direction des résidences de Yamachiche.
«Ce n'est pas un coup d'eau qui aurait pu créer une vague. Le coup d'eau va contribuer à l'augmentation du niveau d'eau, mais l'augmentation se fait de façon linéaire», explique-t-il. «Et à ma connaissance, il n'y a pas eu de coup d'eau la journée de cet événement-là», dit-il.
«Ce qui peut causer des dommages, ce sont les vagues des navires ou les vents», explique M. Arseneault car les vents peuvent accentuer l'amplitude des vagues, dit-il.
Ce dernier confirme que des navires ont transité durant la nuit où l'incident est survenu à Yamachiche.
Transports Canada a confirmé au Nouvelliste qu'il enquête sur la situation. «Le ministère évalue actuellement les facteurs ayant pu contribuer à cet événement et n'écarte pas la possibilité que la cause soit une combinaison de facteurs hydrologiques et météorologiques» auxquels s'est ajouté le passage d'un navire. «L'analyse est toujours en cours», indique Marie-Anyk Côté, porte-parole du ministère.
Cet incident aurait pu tourner à la catastrophe si de jeunes enfants avaient été sur les pelouses au moment où des vagues de deux mètres ont heurté les maisons de plein fouet.
«On est encore en train d'enquêter à savoir quel navire c'était», indique M. Arseneault. «C'est un événement qui semble isolé. On va essayer d'avoir toutes les réponses à savoir ce qui s'est passé exactement», dit-il.
Le député de Maskinongé, Marc H. Plante, était sur place, lundi après-midi. Il indique que ce cas est couvert par le décret adopté il y a deux semaines pour aider les citoyens d'Yamachiche en situation d'inondations. Seuls les biens essentiels seront couverts par cette aide. 
Les gens situés en zone inondable ne sont pas couverts par des assurances.