Caroline Guay, coordonnatrice de la Démarche des premiers quartiers de Trois-Rivières.

Vague de soutien pour la Démarche des premiers quartiers

TROIS-RIVIÈRES — Le cri du cœur lancé lundi par la Démarche des premiers quartiers de Trois-Rivières a véritablement causé une onde de choc auprès de plusieurs citoyens et partenaires de l’organisation, dont les voix se multiplient depuis 48 heures pour réclamer une solution afin de sauver l’organisme. Entre temps, la Ville de Trois-Rivières a accepté de rencontrer l’organisme communautaire très rapidement, le 19 février prochain, afin de faire le point sur la situation.

On se souviendra que dans une entrevue accordée au Nouvelliste et publiée lundi matin, la coordonnatrice de l’organisme, Caroline Guay, dévoilait la difficile décision du conseil d’administration de fermer définitivement l’organisme le 31 mai prochain si rien n’était fait pour améliorer son financement. Du coup, la Démarche s’adressait à la Ville pour demander une rencontre de la dernière chance, afin de voir s’il existait des pistes de solutions pour lui venir en aide.

Depuis, les appels, les courriels, les lettres ouvertes, les commentaires sur les réseaux sociaux fusent de toute part, constate Caroline Guay. «Lorsque nous avons annoncé la nouvelle à nos partenaires, nous leur avons demandé de ne pas faire de manifestation avec ça. Mais on n’a jamais empêché les citoyens et les organismes qui croient à notre mission de s’exprimer et de le clamer s’ils tiennent à l’organisation. On a vraiment reçu beaucoup d’appels, de courriels, de messages privés ou publics. Est-ce qu’on est content? Bien sûr, ça nous conforte dans ce qu’on pense, c’est-à-dire que notre pertinence est là», considère Mme Guay.

Mardi soir, lors de la séance publique du conseil municipal, trois citoyens sont venus prendre la parole sur ce sujet, dont une résidente et travailleuse des premiers quartiers de même que deux jeunes impliqués dans divers comités qui sont épaulés par la Démarche des premiers quartiers. Chacun a exprimé à la Ville sa volonté de voir l’organisme poursuivre sa mission encore longtemps.

Le maire Jean Lamarche a indiqué, lors de la séance publique, qu’une rencontre aurait bel et bien lieu le 19 février afin d’entendre ce que la Démarche a à dire et souhaite obtenir. Une rencontre à laquelle Caroline Guay se prépare avec beaucoup d’optimisme.

«On espère vraiment que la Ville réagisse, qu’elle comprenne l’apport majeur que nous avons dans la revitalisation, le développement social et la participation citoyenne à Trois-Rivières. On souhaite une réaction dans le sens qui va amener la communauté trifluvienne à continuer de se développer», mentionne-t-elle.

L’organisme qui fonctionnait jusqu’ici uniquement au financement par projet croit ainsi que sa survie passera désormais par un financement récurrent en partie, afin de jeter des bases solides. «Notre mission est tellement locale qu’un organisme comme le nôtre, la nature de son financement est lié à la Ville. Oui on veut continuer le financement par projet, mais il va falloir une plus grande base, avoir ce qu’il faut pour répondre aux besoins de la collectivité», suggère-t-elle.

Sent-elle un appui de la part du conseil municipal à ce stade-ci? «J’entrevois avec beaucoup d’optimisme cette rencontre, mais je pourrai vraiment le dire après. Par contre, je suis convaincue que tout le monde autour de la table du conseil veut que Trois-Rivières se développe. Là-dessus, il n’y a aucun doute dans mon esprit. Alors je vais aborder cette rencontre avec optimisme et ouverture, et on verra ce qui va en ressortir», souligne Caroline Guay.

C’est d’ailleurs un point qui a été souligné par le maire Jean Lamarche lors de la séance du conseil, mardi soir. «La Ville soutient déjà la démarche par un certain montant et par l’ajout de projets. On a reçu la nouvelle tout comme vous. Durant cette rencontre, on ira à la source afin de bien saisir ce qui se passe, ce qui s’est passé et quelles sont les différentes avenues qui peuvent être explorées. L’ensemble du conseil de ville, on croit à la revitalisation des premiers quartiers», a-t-il déclaré.

L’organisme s’est engagé à mener à terme tous ses projets jusqu’au 31 mai prochain. Par contre, si la Démarche n’a trouvé aucune solution quant à son financement au 31 mars, elle enclenchera le processus légal de fermeture définitive.