Les aînés de la régions ont reçu une marque d’affection de la part de la population à l’occasion de la fête des Mères. ­
Les aînés de la régions ont reçu une marque d’affection de la part de la population à l’occasion de la fête des Mères. ­

Vague de chaleur pour les aînés de la région

Sébastien Houle
Sébastien Houle
Le Nouvelliste
Shawinigan — La fraîcheur du temps n’a pas empêché les manifestations de soutien, d’amour et de solidarité à l’endroit de nombreux aînés de la région, à l’occasion du dimanche de la fête des Mères. Défilés, spectacles, musique, danse ou simple présence, «vous n’êtes pas seuls», se voulait le message. Confinés et isolés de leurs proches, ils sont nombreux à avoir reçu cette démonstration d’affection et d’empathie avec émotion. Les dernières semaines ont été pénibles, on le devine.

À Louiseville, un défilé qu’on avait annoncé. Une quinzaine de véhicules décorés des couleurs de l’arc-en-ciel. Un char de «la Galette». Le cortège se met en branle sur les coups de 11 heures. Le maire Yvon Deshaies arbore un nœud papillon coloré et surdimensionné. «On va essayer de toutes les faire», dit-il en parlant des ressources d’hébergement pour aînés.

Le maire de Louiseville, Yvon Deshaies, arbore un nœud papillon surdimensionné. ­

Le défilé est somme toute modeste en regard de ce qu’on aurait pu anticiper. Pourtant, au premier arrêt, à la résidence Les Bâtisseurs, la magie opère. Au son des klaxons qui retentissent, les aînés sortent sur leur balcon, emmitouflés dans le vent glacial. On verra de nombreux regards briller. «C’est merveilleux», lance Claire Coutu, 83 ans, la gorge nouée. Son mari est à l’intérieur, il ne peut pas sortir à cause du froid. Le confinement est lourd à porter.

De l’autre côté de l’immense bâtiment, c’est le même accueil. Quand la foule est complète aux balcons, le curé Duran bénit tout ce beau monde. Pierrette Philibert, 83 ans, elle aussi, a la visite de ses deux filles pour souligner la journée. L’isolement n’est pas facile, convient-elle, mais elle se réjouit que l’on ait réussi à contenir la contagion hors des murs de la résidence. La famille est tout sourire en voyant passer le défilé. Le maire Deshaies orchestre la marche. On mettra quelques heures à faire le tour de la ville.

Le défilé se met en branle à Louiseville­

À la Maison Francoeur, à Saint-Tite, c’est la chanteuse country Carmen Dessureault qui s’est chargée de réchauffer l’atmosphère. Si les règles de distanciation sociale étaient de mise, les sourires semblaient s’en moquer. La rue avait été bloquée pour l’occasion. Le spectacle fera office de baume.

La chanteuse Carmen Dessureault assure l’animation du côté de Saint-Tite ­

La musique s’est aussi fait entendre dans les rues du secteur Grand-Mère. D’abord au Centre Laflèche, le plus cruellement touché dans la région. Quelque 44 résidents y sont décédés depuis le début de la crise. Aujourd’hui, on chante et on tente d’oublier. Deux chansonniers sont là, accompagnés d’une guitare. Aux fenêtres, on envoie la main.

La musique panse les plaies au Centre Laflèche.

Plus loin, à la résidence Grand-Mère, il y a littéralement foule. La danse en ligne est à l’honneur. On semble se moquer de la pandémie et du froid. Comme si l’arc-en-ciel prenait le dessus sur la grisaille. On n’oubliera pas cette fête des Mères.

La danse en ligne est à l’honneur à la résidence Grand-Mère.