Le Parti libéral du Québec demande le maintien de l’urgence du Centre Cloutier-du Rivage.
Le Parti libéral du Québec demande le maintien de l’urgence du Centre Cloutier-du Rivage.

Urgence du Centre Cloutier-du Rivage: les libéraux demandent le maintien

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — La transformation de l’urgence du Centre Cloutier-du Rivage en clinique multidisciplinaire où les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) sont au cœur des soins suscite plusieurs réactions politiques. Si le recours accru aux IPS est généralement vu d’un bon œil, le Parti libéral du Québec (PLQ) demande à la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, de revenir sur sa décision.

«Les citoyens du Cap-de-la-Madeleine ont toujours été clairs qu’ils souhaitent un service d’urgence rapidement accessible. C’est pourquoi le gouvernement précédent avait pris les moyens nécessaires en ajoutant quatre médecins supplémentaires pour assurer l’ouverture de cette urgence», affirme le député de Pontiac et porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé et de services sociaux, André Fortin.

«Le CIUSSS MCQ considère qu’il y a beaucoup de bris de services et qu’on ne peut pas garantir les services à la population en tout temps. Alors ce que le CIUSSS fait c’est d’offrir moins de services en tout temps», ajoute-t-il en entrevue au Nouvelliste.

Lors de l’annonce de la transformation de l’urgence de Cloutier-du Rivage en clinique multidisciplinaire mercredi en fin d’après-midi, la direction du CIUSSS MCQ mentionnait qu’entre 60 et 80 % des cas qui se retrouvent à l’urgence peuvent être pris en charge par des IPS. «Il y a donc de 20 à 40 % des cas qui ne pourront pas être traités sur la nouvelle forme de la clinique Cloutier-du Rivage. C’est quand même énorme 40 % des cas», estime le député libéral.

Afin de mener à bien cette transformation dès octobre prochain de l’urgence en clinique multidisciplinaire, le CIUSSS MCQ doit embaucher quatre IPS et les postes doivent être affichés le 24 septembre. «On n’a aucune garantie que ces IPS pourront être embauchées à la clinique Cloutier-du Rivage. On s’arrache les IPS partout actuellement au Québec», mentionne André Fortin.

«Qu’est-ce qui arrive si on n’arrive pas à embaucher toutes ou certaines IPS qu’on prévoit avoir besoin? Est-ce que dans ce cas on ferme complètement? Aujourd’hui, il n’y a pas de garanties de ce qui va se produire avec Cloutier-du Rivage.»

La direction du CIUSSS MCQ se disait très confiante mercredi d’arriver à trouver les IPS pour mener à bien la conversion de l’urgence en clinique multidisciplinaire. À ce titre, la présidente du Syndicat des professionnels en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ), Nathalie Perron, a quelques réserves. Elle estime que les délais d’embauche sont très courts pour permettre un lancement de la clinique dès le mois d’octobre.

«Tristesse et déception»

Durant les quatre ans qu’il a occupé les fonctions de député de Champlain avec le PLQ, Pierre Michel Auger a fait une priorité la survie de l’urgence. «Ç’a été une de mes batailles qui n’a pas été facile. Aujourd’hui, c’est de la tristesse et de la déception de voir ce qu’on annonce», affirme l’ancien député libéral.

«Par contre, je ne suis pas surpris. Ça fait au moins 20-25 ans qu’on veut fermer l’urgence de Cloutier-du Rivage. Je pense que l’opération de charme du CIUSSS et de sa direction a fonctionné. [...] Au lieu d’avoir une urgence, on va avoir un beau gros CLSC.»

Pierre Michel Auger estime que plusieurs questions subsistent quant au fonctionnement de la nouvelle clinique. «Est-ce qu’il y aura un médecin qui va couvrir en permanence», questionne-t-il. «Qu’est-ce qui va arriver avec les quatre médecins qui avaient été attitrés à Cloutier-du Rivage?»

Bien accueilli par les élus municipaux

La décision du CIUSSS MCQ de modifier la structure des soins de premières lignes offerts à Cloutier-du Rivage s’appuie notamment sur une consultation réalisée auprès de 24 organismes œuvrant dans le secteur du bas du Cap-de-la-Madeleine. Le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, et la conseillère municipale du district de la Madeleine, Sabrina Roy, ont tous les deux pris part à cette démarche.

Résidant dans ce secteur de Trois-Rivières, Jean Lamarche est d’avis que la nouvelle clinique multidisciplinaire répondra mieux aux besoins de la population. «C’est un pas dans la bonne direction; dans la mesure où c’est un service qui est plus adapté aux besoins qui se font ressentir dans ce secteur de la ville», croit le maire.

«Ça devient maintenant un enjeu de communication. On doit dire aux gens que c’est le maintien d’une clinique sans rendez-vous avec une approche psychosociale améliorée. On va prendre le temps d’avoir une approche globale pour les gens qui vont s’y présenter.»

Sabrina Roy partage l’avis du maire de Trois-Rivières. Elle croit également que cette nouvelle clinique répondra davantage aux besoins de la population du secteur. Les données démographiques démontrent que cette population est vieillissante et qu’elle rencontre plusieurs défis économiques. «Je suis emballée de voir que des services seront bonifiés et qu’on va ajouter des services qu’on n’a pas actuellement», note la conseillère municipale. «La transformation de l’urgence en clinique multidisciplinaire s’inscrit, je crois, dans la revitalisation du bas du Cap-de-la-Madeleine.»