Le recteur de l'UQTR, Daniel McMahon, a dressé un bilan de sa première année à la barre de l'établissement.

UQTR: le réinvestissement ne compense pas les compressions

Le recteur de l'Université du Québec à Trois-Rivières, Daniel McMahon, se réjouit que le gouvernement du Québec «ait enfin remis comme priorité l'enseignement et ait pris des orientations qui sont très claires».
Selon lui, «le réinvestissement ne compense pas, toutefois, les compressions que nous avons eues au cours des cinq dernières années».
Le recteur a profité de son passage à titre de conférencier invité à la Chambre de commerce et d'industries de Trois-Rivières, mercredi matin, pour commenter le budget du gouvernement du Québec déposé mardi. Pour l'instant, le recteur ne pouvait en dire plus puisque les détails des impacts de ce budget sur l'UQTR ne sont pas encore connus.
Il a toutefois souligné que le Plan économique du Québec mentionne directement l'octroi d'une enveloppe de 1,8 million $ pour assurer le bon déroulement des activités et l'entretien du Lampsilis, le bateau-laboratoire de l'UQTR spécialisé dans la recherche en eau douce.
Le gouvernement du Québec consacrera 962 millions $ à l'Enseignement supérieur et à la recherche.
Il prévoit aussi augmenter de 180 millions $ le financement des Fonds de recherche pour les établissements d'enseignement supérieur, portant ces derniers à 1 milliard $ pour les cinq prochaines années.
Le recteur constate que des sommes importantes sont aussi consacrées à l'innovation.
«Ces fonds sont accessibles aux universités, mais aussi aux entreprises, donc aux partenariats qu'on peut faire ensemble. Il s'agit d'avoir des projets et d'aller chercher notre part», dit-il.
Quant à l'argent consacré à la réussite étudiante, dans ce budget du Québec, les sommes annoncées permettront aux universités de pouvoir faire des prévisions budgétaires plus facilement. «On ne connaît pas encore le fin détail, quel va être le chiffre précis pour l'Université», précise toutefois le recteur.
De son côté, l'Association générale des étudiants de l'UQTR indique qu'elle avait «de grandes attentes», face à ce budget. Or, «l'annonce d'un investissement de 100 millions $ pour les établissements en enseignement supérieur est bien en deçà des attentes», estime l'AGEUQTR.
«Nous sommes loin du compte pour pallier les dommages créés par les compressions des dernières années», analyse l'organisme.
Le recteur McMahon s'est montré malgré tout très optimiste face au développement de l'UQTR pour les prochaines années, et ce, malgré un important déficit de 10,4 millions $. Dans les années 2000, malgré un contexte semblable, «il en est sorti, notamment, un secteur des sciences de la santé extrêmement dynamique qui contribue à notre renommée et s'est révélé un acquis précieux pour la région».
L'idée, explique-t-il, c'est de «concilier exercice de rigueur avec la mise en place d'une vision à long terme».
Le recteur assure qu'il n'entend pas diriger la destinée de l'institution en regardant dans le rétroviseur. Cinq chantiers ont été mis en branle, il y a un an, pour la faire progresser.
Les stratégies les plus modernes, comme l'approche Lean pour gagner en efficacité, ainsi que les conseils de plusieurs de ses professeurs spécialistes, permettent à l'UQTR d'envisager l'avenir avec optimisme.
«Regardez-nous bien aller», prévient le recteur McMahon. «L'UQTR est sur la bonne voie», dit-il avec confiance.
La nouvelle administration a largué les amarres pour laisser derrière elle quelques années troubles. «Un certain passé est derrière nous.»
«Le rapport du Vérificateur général du Québec, dont on a tant parlé, c'est de l'histoire ancienne. L'UQTR y a répondu très rapidement à la satisfaction des autorités gouvernementales. Notre gestion est exemplaire, à tel point que les tableaux de suivis que nous avons mis au point ont reçu une note parfaite du ministère», ajoute-t-il.
Le recteur a dressé le portrait d'une université qui rayonne bien en dehors de ses murs, tant au niveau international que par son implication dans la communauté locale.
Il cite l'exemple du programme Loricorps qui s'associe au CIUSSS MCQ et des soins de podiatrie et de chiropratique qui sont dispensés par les étudiants, sous la direction de leurs professeurs, aux résidents des édifices à logements de l'Office municipal d'habitation de Trois-Rivières.
«Nous sommes une des premières universités au monde qui s'est intéressée aux PME», rappelle-t-il.
Le recteur a démontré que pour chaque dollar investi par le gouvernement à l'UQTR, il y a 9 $ de retombées.
L'UQTR est le troisième employeur de Trois-Rivières avec ses 1800 employés. Ses retombées dans la communauté viennent aussi du fait que seulement 25 % de ses étudiants sont de la Mauricie.
Les autres proviennent de l'extérieur de la ville, de la région et ils sont 1600 à provenir de divers pays.
M. McMahon estime que sa première année, à la barre de l'UQTR, «a été des plus positives» et c'est dans cet esprit que l'Université devrait souligner ses 50 ans, en 2019.