De gauche à droite: à l'avant, la ministre Kathleen Weil, la ministre Julie Boulet, le député Jean-Denis Girard et Mario De Tilly, directeur général d'IDE Trois-Rivières.

Opération séduction à l'UQTR

La ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, Kathleen Weil, était de passage à l'UQTR, lundi, pour annoncer l'attribution d'une somme de 65 000 $ à IDE Trois-Rivières.
L'organisme aura pour mission d'organiser des activités visant à favoriser la rétention, en Mauricie, de la population étudiante internationale qui étudie à l'UQTR, notamment en soulignant la qualité de vie en Mauricie et les possibilités d'emplois qu'elle offre.
L'objectif de cette campagne est d'augmenter, entre 2017 et 2019, de 150 le nombre d'étudiants internationaux qui décident de s'établir en Mauricie de façon permanente après leurs études, soit 40 % de plus qu'avant.
Pour y arriver, le ministère avait créé, en 2010, le Programme d'expérience québécoise (PEC) et signe ce genre d'entente un peu partout au Québec avec des partenaires comme IDE Trois-Rivières depuis un an.
S'adressant aux étudiants internationaux présents dans la salle, la ministre a expliqué ceci: «Vingt jours après avoir reçu votre diplôme, vous allez faire une demande d'un Certificat de sélection du Québec. Vingt jours et vous avez votre Certificat de sélection du Québec, sans plus. Vous ne passez pas par une grille de sélection», dit-elle. Il suffit de parler français et d'avoir un diplôme de l'Université pour franchir cette première étape vers la résidence permanente, a expliqué la ministre.
«Il n'y a pas de voie plus rapide à la résidence permanente», ajoute-t-elle.
«C'est un fast track extrêmement intéressant pour eux et ça va faciliter leur intégration au Canada», signale Mario De Tilly, directeur général d'IDE Trois-Rivières.
«La Ville de Trois-Rivières accueille à elle seule 75 % de l'ensemble des immigrants de la région», rappelle le député de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard, qui était présent à la conférence de presse.
«Entre 2006 et 2011, le nombre d'immigrants dans la ville de Trois-Rivières a augmenté de 34 % comparativement à 22 % pour le reste de la région», dit-il. C'est un effet direct de la présence de l'UQTR.
Cette initiative du PEC permettra «d'attirer des talents qui vont nous aider à combler la pénurie de main-d'oeuvre que l'on vit dans nos entreprises», dit-il.
«On recherche de la main-d'oeuvre qualifiée actuellement.»
Mario De Tilly, rappelle que «la présence d'une université est un moteur extrêmement important pour l'économie locale».
La présence des étudiants étrangers à Trois-Rivières a des retombées économiques de 30 millions $, signale-t-il. Cette stratégie «est donc extrêmement importante pour la vitalité de notre territoire.»
Pour susciter la rétention de ces étudiants, IDE Trois-Rivières fera notamment la promotion de la résidence permanente via diverses rencontres et facilitera l'accès aux nombreux emplois disponibles en Mauricie.
Le représentant du député fédéral Robert Aubin, Eddy Verbeeck, rappelle qu'antérieurement, «les universités avaient accès à une ressource au niveau fédéral pour les aider dans leur processus, soit d'accès à un permis de travail, à un diplôme, à des stages et tout ça a disparu», dit-il.
«Il n'y a plus de ressource dédiée pour aider les universités au niveau fédéral pour faciliter l'arrivée des étudiants ici, au Canada. Les étudiants essaient de se retourner vers les lignes 1-800 et compagnie. C'est très long. Ils ont parfois des avis contraires. Les universités et les collèges se tournent vers les députés et nous servons d'intermédiaires. C'est très compliqué. Au fédéral, il n'y a pas de ressource directe et ce serait quelque chose à penser», propose M. Verbeeck au nom du député Aubin.
«J'ai même entendu certains collèges qui me disent qu'en Europe, en France notamment, il y a des institutions qui décident de ne plus envoyer d'étudiants au Canada à cause de la complexité», ajoute-t-il.
Il appert que l'initiative du gouvernement du Québec soit donc un pas important dans la bonne direction.