L'Université du Québec à Trois-Rivières

Nouveau code d'éthique à l'UQTR

Le conseil d'administration de l'UQTR a finalement adopté son code d'éthique et de déontologie, lundi. Le projet était dans l'air depuis 2015, mais son ancienne forme avait suscité de la résistance, d'abord de la part des professeurs qui sentaient leur liberté d'expression réprimée, puis de la part de l'Intersyndicale des personnels de l'institution.
La nouvelle mouture a en fin reçu l'aval des syndicats et associations et fait maintenant consensus parmi les personnels.
Il aura fallu plusieurs mois et plusieurs rencontres, toutefois, pour en arriver à ce résultat. Dès 2015, le Syndicat des professeur(e)s de l'UQTR s'inscrivait en faux contre le projet de code d'éthique qui comportait notamment une politique d'utilisation des médias sociaux.
Le Syndicat estimait alors que le libellé du code d'éthique proposé mettait en péril la liberté d'expression des professeurs tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'université, liberté qui est garantie par leur convention collective.
L'UQTR avait au préalable tenté de créer une politique selon laquelle toute demande d'information ou d'entrevue provenant des médias devait être immédiatement acheminée au service des communications de l'établissement. Ce projet avait lui aussi été rejeté du revers de la main par les professeurs.
Le président, Ismaïl Biskri, indique que le nouveau code d'éthique et de déontologie adopté le 13 mars fait maintenant consensus.
Il aura toutefois fallu procéder à plusieurs amendements pour y arriver. M. Biskri rappelle qu'en octobre 2016, le conseil d'administration de l'UQTR, à la suite d'une recommandation de son comité des ressources humaines, où ne siège aucun représentant des employés, avait fixé un ultimatum aux syndicats et aux associations d'employés «les sommant d'adhérer à un projet de code d'éthique déjà vertement dénoncé par tous».
M. Biskri ajoute qu'il avait fallu «des menaces de contestations judiciaires» et de la «dénonciation publique» pour que la direction accepte de revoir le processus de consultation et comprenne l'importance de la liberté d'expression en milieu universitaire.
«C'est un enjeu de société», plaide M. Biskri en précisant qu'on aurait été prêt à mobiliser le milieu universitaire québécois et canadien pour faire valoir cette liberté d'expression si cela avait été nécessaire.
«Que de temps, d'énergie et d'argent (salaires) gaspillés à vouloir imposer un projet qui ne tenait pas compte de la réalité universitaire à un moment où l'institution a beaucoup d'autres dossiers prioritaires», déplore M. Biskri en rappelant notamment qu'il y avait, au moment de ces discussions, le dossier du colisée que voulait construire l'ancienne administration sur le campus et celui de l'équipe de football qu'elle voulait implanter.
Le recteur, Daniel McMahon, dont l'administration aura réussi à créer consensus dans ce dossier, a souligné «le travail de collaboration des différents partenaires et syndicats qui ont participé à l'élaboration de cet outil de gestion visant à assurer un milieu qui favorise l'adoption d'une conduite éthique et responsable par les membres de la communauté universitaire».