Le professeur Christophe Kinnard de l'UQTR est titulaire de la nouvelle chaire de recherche en hydrologie de la cryosphère.

À l'UQTR, la crème s'intéresse à la glace

Près d'un million $ en fonds de recherche seront versés à l'Université du Québec à Trois-Rivières pour la création d'une nouvelle chaire de recherche dont le titulaire sera le professeur Christophe Kinnard.
«L'objectif des chaires de recherche du Canada est d'attirer et de retenir au pays les esprits les plus accomplis et les plus prometteurs du monde», signale le recteur, Daniel McMahon.
Dans ce cas-ci, la crème des chercheurs s'intéresse à la glace car au coeur de cette nouvelle chaire de recherche, il y a la cryosphère, c'est-à-dire toute l'eau gelée à la surface de la Terre, soit les glaciers, la neige et le pergélisol.
En bref, on s'intéressera «aux impacts des changements climatiques en cours et à venir sur les régions froides du globe» et sur les bassins versants, résume le chercheur.
La chaire du professeur Kinnard reçoit donc 500 000 $ sur 5 ans du Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie du Canada ainsi qu'un montant de 405 350 $ provenant de la Fondation canadienne pour l'innovation, du ministère de l'Économie, de la Science et de l'Innovation du Québec, d'entreprises privées et de la Fondation de l'UQTR.
«Il s'agit d'une chaire de niveau 2, c'est-à-dire détenue par un jeune chercheur exceptionnel, reconnu par ses pairs et susceptible de devenir un chef de fil dans son domaine», explique le recteur de l'UQTR, Daniel McMahon, en énumérant les caractéristiques nécessaires à l'obtention de ce prestigieux financement.
Une attention toute particulière sera mise sur l'hydrologie du Canada, mais l'UQTR travaillera aussi avec des collaborateurs des quatre coins du monde. L'équipe du professeur Kinnard veut ratisser du sud du Québec à l'Arctique, de même que dans la zone alpine des Rocheuses en passant par les Andes chiliennes.
L'objectif sera de quantifier les impacts des changements climatiques en utilisant «des modèles pour faire des prédictions d'impacts et de répercussions sur les écosystèmes et les populations humaines», explique le chercheur.
Les scientifiques de l'UQTR utiliseront la fine pointe de la technologie pour prendre leurs mesures, notamment la cartographie assistée par drone et une station météorologique mobile.
Bien que la notion de changements climatiques soit généralement acceptée, il reste des zones d'ombre pour les scientifiques. On ne connaît pas encore bien leurs impacts sur les bassins versants aquatiques.
Cette connaissance permettrait de voir s'il y a lieu d'intervenir et à quel moment. Le professeur Kinnard avoue que l'épisode des inondations du printemps, au Québec, est extrêmement intéressant à ce chapitre sur le plan scientifique.
«Tout le monde se demande si c'est relié aux changements climatiques et si l'on peut s'attendre à ce type d'événement dans le futur. La réponse n'est pas noire et blanche. Il y a de plus en plus de variabilité, de plus en plus d'extrêmes» dans les conditions climatiques et environnementales, rappelle-t-il.
«Les inondations printanières de cette année sont un puissant rappel de l'importance de mieux comprendre et de prédire les changements climatiques sous nos latitudes», plaide le chercheur qui travaille depuis déjà 15 ans sur les milieux froids de la planète.
« Les inondations printanières de cette année sont un puissant rappel de l'importance de mieux comprendre et de prédire les changements climatiques sous nos latitudes.»
Les changements climatiques offrent des perspectives inquiétantes. À l'échelle globale, la fonte des glaciers causera notamment une remontée progressive des océans et à l'échelle des bassins versants, où s'effectue la gestion des ressources en eau.
«L'objectif de la nouvelle chaire de recherche est de comprendre et prédire les impacts des changements climatiques sur la cryosphère et d'en évaluer les répercussions sur le cycle hydrologique et le fonctionnement des écosystèmes des régions froides», résume le professeur Kinnard.
«En améliorant nos connaissances sur les interactions entre le climat, la cryosphère et le cycle de l'eau, nous pourrons mieux anticiper les changements à venir et mieux gérer les ressources hydrologiques», explique le scientifique.