Les professeurs ont souligné le premier anniversaire, mercredi, du début des discussions en vue du renouvellement de leur convention collective.

UQTR: très loin d'une entente de principe

TROIS-RIVIÈRES — L’Université du Québec à Trois-Rivières et le Syndicat des professeur(e)s sont loin d’une entente de principe, comme le croyait le Syndicat un peu plus tôt, mercredi matin. Selon la direction de l’Université, c’est un écart de quelque 6,8 millions $ qui sépare en effet les deux parties en ce moment.

En fin d’après-midi, l’UQTR a fait parvenir un communiqué de presse aux médias indiquant qu’une offre globale de 6,2 millions $ avait été déposée par l’UQTR au SPPUQTR, le 11 mai, pour les quatre prochaines années. Or, la dernière offre globale syndicale, elle, totalise plutôt 13 millions $ soit presque deux fois plus.

«L’écart entre la proposition patronale et la position syndicale est donc d’environ 6,8 millions de dollars, ce qui ne permet plus le retour à l’équilibre budgétaire, et ce, même si le plan de redressement devait être prolongé», a signifié la direction de l’UQTR mercredi en fin d’après-midi.

On se rappellera que la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, avait en effet donné la permission à l’UQTR de prolonger de trois ans son plan de redressement du déficit.

Une nouvelle rencontre de négociation entre la direction de l’Université du Québec à Trois-Rivières et le Syndicat des professeur(e)s s’est tenue mercredi après-midi, jour du premier anniversaire du début des discussions entourant le renouvellement de leur convention collective. Le Syndicat venait de déposer une contre-proposition et attendait la réaction de la partie patronale.

Comme l’avait expliqué en avant-midi le négociateur en chef du SPPUQTR, René Lesage, des trois réactions qu’aurait pu avoir l’UQTR face à ce dépôt, celle qui a été annoncée en fin de journée est la plus difficile pour la suite des choses.

M. Lesage avait mentionné alors que les choses n’étaient pas pour autant désespérées. «On a encore des cartouches dans nos manches», a-t-il mentionné. «Nos demandes sont raisonnables, on n’a pas peur de les défendre», avait-il dit aux professeurs.

Le conseil exécutif ne réagira donc pas avant jeudi matin face à ce revers et estime que l’UQTR n’a pas fait de vraie démonstration de ses chiffres. Rappelons que les parties ont jusqu’au 15 juin avant de se faire imposer une loi spéciale.

Plusieurs professeurs se sont réunis à l’extérieur du pavillon CIPP, mercredi matin, en soutien à plus d’une quarantaine de directeurs de départements qui sont leurs représentants légitimes. Ces derniers étaient en rencontre avec les vice-recteurs et les doyens de l’Université pour débattre des effets négatifs du lock-out.

La discussion sur ce point aura duré environ 2 h 30, selon nos sources, alors que seulement 30 minutes avaient été réservées à ce sujet à l’ordre du jour. Selon ce que Le Nouvelliste a pu apprendre, plusieurs directeurs de départements étaient en colère du fait que l’UQTR ait minimisé, dans l’opinion publique, les impacts réels des deux semaines de lock-out sur le fonctionnement de l’Université .

Les directeurs de programmes étaient aussi en colère concernant une déclaration du recteur, Daniel McMahon, dans nos pages mercredi matin, voulant que l’UQTR allait maintenant offrir certains baccalauréats, notamment en éducation, dans la région de Lanaudière.

Sonia El Euch, la directrice du département des sciences de l’éducation, a été la première surprise. «Je ne suis même pas courant de quel baccalauréat il s’agit», déplore-t-elle, car le département en offre plusieurs. «À ma connaissance, il n’y a aucun baccalauréat prévu à l’Assomption. On a un certificat qui est censé démarrer à l’automne», dit-elle, en avouant son inquiétude. «Des informations sortent du bureau des communications, rattaché au rectorat et qui sont fausses», déplore-t-elle.

Annie Presseau, professeure titulaire au même département, indique que le département n’a effectivement jamais signifié son accord pour la création d’un baccalauréat dans Lanaudière. «Au contraire, on s’y est opposé parce qu’on n’a pas les ressources», explique-t-elle.

D’autres décisions de ce genre sont ainsi prises, semble-t-il, sans l’aval des professeurs et surtout des directions de départements, a pu constater Le Nouvelliste lors de discussions avec les professeurs sur le campus, mercredi.

Il appert que la voie de communication entre l’administration de l’UQTR et ses professeurs soit présentement extrêmement mauvaise. En fait, il en ressort que les professeurs mènent présentement une double bataille, celle qui touche leurs conditions de travail et celle de la reconnaissance de leur mission par l’administration de l’Université.

Le négociateur en chef du Syndicat, René Lesage, indique que cette bataille des professeurs «est un mouvement spontané. Ce n’est pas le Syndicat qui contrôle le mouvement ou les idées», assure-t-il. Il compare ce mouvement au fameux Printemps érable des étudiants. 

«Ce n’est pas juste à l’UQTR» que ça se passe, précise-t-il. «Le malaise est partout, dans toutes les universités», car il appert qu’une vision de plus en plus «marchande» du haut savoir se généralise selon lui.

Malgré tout, l’UQTR a publié un communiqué, mercredi, afin de rappeler que près de 5000 personnes prendront part à la collation des grades au Centre de l’activité physique et sportive Léopold-Gagnon, vendredi et samedi. Cette dernière a été divisée en cinq cérémonies à cause, justement, du nombre élevé de participants. Pas moins 898 baccalauréats
seront décernés, de même que 55 doctorats de premier cycle, 159 maîtrises et 35 doctorats. Depuis sa fondation, en 1969, l’UQTR a décerné plus de 98 000 diplômes aux trois cycles d’études.