Les parties ont signé une déclaration conjointe dans laquelle ils s’entendent pour reprendre la médiation et les négociations et que ces dernières doivent se poursuivent «à bon rythme.»

UQTR: pas de lock-out ni grève jusqu’au 4 septembre

TROIS-RIVIÈRES — Il n’y aura finalement pas de loi spéciale, vendredi, dans le dossier des négociations entre la direction de l’UQTR et ses professeurs. Vers 20 h, jeudi soir, au terme d’une rencontre de plus de six heures avec la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, les parties ont cosigné une déclaration commune dans laquelle elles s’entendent pour reprendre la médiation et les négociations, lesquelles devront se poursuivre «à bon rythme». Elles ont jusqu’au 4 septembre pour arriver à un dénouement.

L’entente prévoit également que d’ici cette date, il n’y aura ni lock-out ni grève. Les discussions doivent se poursuivre «dans un esprit d’ouverture» et la direction de même que le Syndicat «vont tenter de trouver des voies de passage pour en arriver à une entente négociée où chacune des parties en sortira gagnante», peut-on lire dans la déclaration commune qui a été cosignée par les parties et la ministre elle-même.

Les parties précisent qu’elles ont la «volonté mutuelle d’en arriver rapidement à une entente négociée».

Un observateur sera mandaté par la ministre et il sera présent lors des discussions et chaque partie décidera de sa représentation à la table de négociation et de médiation.

Le recteur, Daniel McMahon, a indiqué au Nouvelliste qu’il a insisté, tout au long de la rencontre avec Mme David, pour que son objectif d’équilibre budgétaire soit respecté de même que l’intention de l’Université de poursuivre son développement. Or, c’est ce dernier point qui a contribué, semble-t-il, à dénouer l’impasse. C’est que la direction a reçu de la ministre l’assurance que certains de ses projets de développement qui sont déjà soumis au ministère seront acceptés par le gouvernement. Or, explique le recteur, ces projets apporteront à l’UQTR du financement supplémentaire, ce qui permettra à la direction de l’établissement de bonifier son offre aux professeurs. «On a maintenant la capacité de faire un pas de plus», se réjouit le recteur, fort satisfait de cette rencontre. «Nous avons eu une grosse journée, mais une bonne journée», dit-il.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David.

Du côté du Syndicat, on qualifie cette rencontre de «belle et productive», indique le négociateur en chef, René Lesage.

Selon lui, cette entente lève les menaces qui pesaient de part et d’autre, soit une grève, la crainte d’un nouveau lock-out et cette fameuse loi spéciale, même s’il affirme que le Syndicat n’y a jamais cru.

Quant au dénouement des futures rencontres de négociation, «je pense qu’on n’est pas à des milles», estime M. Lesage.

Rappelons que Mme David a subi une salve de questions, jeudi matin, de la part de la députée Carole Poirier, devant l’Assemblée nationale, concernant la situation actuelle à l’Université du Québec à Trois-Rivières. «Nous voulons une entente négociée», a déclaré la ministre alors que les parties étaient à quelques heures d’une loi spéciale.

La porte-parole de l’Opposition officielle en matière d’éducation primaire et secondaire a demandé à trois reprises à la ministre si elle avait toujours confiance au recteur et la ministre n’a pas répondu, préférant souligner le fait qu’elle rencontrait les parties à Québec, jeudi, afin de travailler avec elles en vue d’un dénouement.


Le recteur Daniel McMahon

«Après un mois de négociations, absolument rien n’est réglé dans le dossier des relations de travail», a poursuivi Mme Poirier. Le recteur «a redéposé la même offre aux professeurs, qui l’ont rejetée à 87 %», a-t-elle souligné en rappelant que Mme David avait déjà écrit publiquement (sur Facebook) qu’elle avait retiré sa confiance au recteur. «Si la ministre n’a plus confiance au recteur, imaginez-vous les professeurs», a fait valoir la députée. «Près de 70 % ont demandé sa démission. Combien de temps allez-vous laisser le recteur en place? Combien de temps allez-vous le laisser rire de vous, madame la ministre?», a aussi demandé la députée.

«On va rester digne. On va rester noble et on va rester au travail» a répliqué Hélène David en ajoutant que tant qu’il y a des échanges entre les parties, «ce n’est pas le temps pour la ministre d’intervenir», a-t-elle fait valoir.

«J’ai attendu le résultat du vote (des professeurs, mercredi) et pendant ce temps, nous, on réfléchit. Nous, on regarde tout ce qui se passe. Il y a un processus de médiation. Il y a eu des séances de conciliation. On continue. On est au travail», a ajouté Mme David.

La ministre a souligné que «nous avons fait lever le lock-out. Je répète: nous avons fait lever le lock-out. Depuis le début, je pense que j’ai été assez claire sur mon opinion, disons, sur cette question de lock-out. Ce qui nous rendait extrêmement inconfortables, c’est la question du lock-out. Maintenant, nous sommes au travail. Nous voulons une entente négociée», a-t-elle déclaré.

La députée de l’opposition a martelé que les professeurs ont rejeté massivement la proposition globale et finale de l’employeur. «Les professeurs n’ont plus confiance au recteur. Il a défié l’autorité de la ministre, il n’a pas respecté les dispositions du Code du travail. Il refuse de respecter le plancher d’emploi malgré une décision arbitrale. Avez-vous confiance encore au recteur?», a demandé la députée pour la troisième fois, une question à laquelle la ministre n’a pas répondu.