De gauche à droite: François Gauthier, directeur de l’École d’ingénierie de l’UQTR, Carl Boucher, étudiant en génie mécanique, Marc-André Gaudreau, professeur en génie mécanique au campus de Drummondville et le recteur de l’UQTR, Daniel McMahon.

UQTR: nouvelle formule travail-études unique au Canada

Trois-Rivières — C’est une première canadienne et c’est l’industrie qui l’a demandée. L’Université du Québec à Trois-Rivières vient de créer une toute nouvelle formule d’alternance travail-études pour son programme de baccalauréat en génie mécanique.

Ce programme dual, inspiré d’un modèle allemand, n’est accessible qu’au campus de l’UQTR à Drummondville, pour l’instant, et permet à l’étudiant, après la fin de la deuxième année de son baccalauréat, de passer trois jours en classe et deux jours en entreprise où il sera rémunéré.

«Au lieu d’un stage de quatre mois, l’étudiant a donc 24 mois de liaisons avec une entreprise», souligne Marc-André Gaudreau, professeur en génie mécanique, campus de Drummondville. Bref, c’est un peu comme décrocher un premier emploi, résume-t-il.

«Toutes les entreprises à qui je parle du dual font: ‘‘Wow! Enfin’’», raconte le professeur Gaudreau.

C’est en partie parce que cette approche viendra pallier le manque de main-d’œuvre sévissant dans la majorité des secteurs économiques, au Québec, que la formule plaît autant aux industries de Drummondville. «Et ça permet à l’entreprise de faire évoluer un individu à l’intérieur de sa structure, de lui donner sa culture d’entreprise», souligne-t-il.

«Il n’y a rien de plus formateur que de travailler deux ans pour une entreprise. Ça permet d’en comprendre la culture. Ça permet de prendre des responsabilités. Ça permet de faire une multitude de choses qu’un stage de quatre mois ne permettra jamais de faire», plaide le professeur.

Quand on lui demande comment il se fait qu’aucune autre université n’a pensé à cette solution qui fait autant l’affaire des étudiants que des entreprises à la recherche de recrues, le professeur Gaudreau répond: «La solution est trop simple, trop efficace, trop facile. Si ça a eu lieu, c’est parce que c’est l’entreprise qui l’a demandé, parce que l’entreprise connaissait le dual, parce que moi je connaissais le dual à cause du collégial. Waterville TG est allé voir trois ou quatre universités avant d’arriver chez nous et les autres universités ont toutes dit non. Elles ne comprenaient même pas le besoin», raconte M. Gaudreau.

Il faut voir «Drummondville comme un prototype qu’on va élaborer», dit-il. «Le maillage avec les entreprises de Drummondville est beaucoup plus facile qu’à Trois-Rivières présentement. C’est l’entreprise qui a exigé d’avoir du génie mécanique à Drummondville», rappelle-t-il, «donc le réseau d’action est déjà bien en place, ce qui facilite énormément cette communication entre le programme et l’entreprise. On n’a pas encore ça à Trois-Rivières, mais mes collègues regardent ce qui se fait à Drummondville. Voyez ça comme un laboratoire», explique le professeur.

Pour les étudiants, la formule est alléchante sur le plan financier, car ils iront chercher 2800 heures d’expérience pertinente «à 20 $ l’heure», indique M. Gaudreau. Dans les circonstances, «faire un bac en génie, ça rapporte», plaide-t-il.

Carl Boucher, originaire de Drummondville, étudiant en génie mécanique, se dit très enthousiaste face à cette formule. «C’est le programme dual qui m’a fait revenir à l’école», confie-t-il. Le jeune homme possède déjà une technique en génie mécanique. «Après le Cégep, j’ai été travailler en industrie et j’ai toujours eu le goût de revenir, d’acquérir plus de connaissances, mais d’un point de vue financier, ça ne fonctionnait pas», explique-t-il. «La formule 50 % en entreprise, 50 % à l’école, d’un point de vue financier, c’est ce qui me permet de retourner aux études aujourd’hui», dit-il.

La formule permettra d’ajouter plus de 1000 heures de travail rémunéré à la formation des futurs ingénieurs sans allonger la durée habituelle de leur programme de baccalauréat qui est de 3 ans et 8 mois.

Le recteur de l’UQTR, Daniel McMahon, indique que ce projet répond à un autre aspect fondamental de la mission de l’université trifluvienne qui est la pertinence régionale. «L’intégration de futurs ingénieurs chez nos différents partenaires industriels est une illustration éloquente de notre volonté de répondre adéquatement à leurs besoins en main-d’œuvre qualifiée», dit-il.