Le conflit entre l’UQTR et ses professeurs se corse.

UQTR: des journées de grève envisagées

TROIS-RIVIÈRES — Les membres du Syndicat des professeur(e)s de l’Université du Québec à Trois-Rivières seront convoqués en assemblée générale au début du mois de juin afin de décider s’ils tiendront ou non des moyens de pression «musclés allant jusqu’à des journées de grève» dans le cadre des négociations entourant le renouvellement de leur convention collective, indique leur président, Ismaïl Biskri.

L’exécutif syndical du SPPUQTR, qui représente les différents départements, s’est longuement réuni, jeudi, afin de débattre de la question.

Lors de l’assemblée de juin, l’exécutif va aussi conseiller aux professeurs de rejeter le deuxième dépôt patronal et d’accorder un mandat de grève à moins que les négociations aboutissent, d’ici là, à une entente avec la direction de l’UQTR. Rappelons que le premier dépôt patronal avait été rejeté à 94 %.

Selon M. Biskri, le deuxième dépôt patronal est «quasiment une copie conforme du premier. Les professeurs se sentent insultés» dit-il «et l’on prend à la légère ce que les professeurs ressentent», estime-t-il.

Si le mandat est accordé, les journées de grève ne seront pas forcément applicables durant la période tranquille de l’été, ce qui laisse sous-entendre que la rentrée d’automne pourrait être perturbée.

Les sujets qui achoppent sont nombreux, indique le président du Syndicat. On parle de baisse importante du plancher d’emploi, de l’imposition d’un cinquième cours à certains professeurs, de diminution au niveau des dégagements et d’un manque de soutien à la recherche.

Selon le Syndicat, la direction de l’Université annonçait, le 2 mars dernier, la suspension du processus d’embauche de nouveaux professeurs pour l’année 2018-2019.

Une trentaine de nouveaux professeurs devaient être embauchés le 1er juin prochain afin d’atteindre le plancher d’emploi prévu à la convention collective afin d’atteindre le nombre de 465 postes de professeurs.

Toujours selon le Syndicat, la direction de l’Université lui a demandé de prolonger jusqu’en 2019 l’application d’une lettre d’entente dans laquelle les professeurs avaient accepté de suspendre temporairement ces embauches, histoire de permettre à l’UQTR de continuer à diminuer son déficit accumulé.

Rappelons que l’UQTR a indiqué au Nouvelliste qu’elle n’émet pas de commentaires à propos de négociations de convention collective.

Les autres enjeux demeurent un meilleur financement de la recherche, des augmentations salariales similaires à celles qui sont accordées aux professeurs du réseau et le maintien de l’implication des professeurs dans une gestion collégiale de leur institution.

Rappelons que ces négociations ont eu des échos jusqu’à l’Assemblée nationale, en début de semaine.

La ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, s’est fait poser plusieurs questions à ce sujet par le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’Enseignement supérieur et de Recherche, Alexandre Cloutier.

Mme David a précisé qu’elle n’interviendrait pas dans ce dossier.

Le comité exécutif du Syndicat a mandaté ses procureurs afin d’obtenir une ordonnance d’un arbitre de grief visant à forcer l’UQTR à prendre les moyens nécessaires pour s’assurer que les nouveaux professeurs réguliers entrent en fonction dès le 1er juin prochain.