Le recteur de l’UQTR présidait vendredi aux trois premières cérémonies de la collation des grades 2019.

UQTR: des diplômes qui marquent l’histoire

TROIS-RIVIÈRES — C’était le début des collations des grades, vendredi, à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), alors que se tenaient les trois premières des cinq cérémonies soulignant pour les étudiants l’obtention de leur diplôme. L’occasion était aussi celle de voir sœur Estelle Lacoursière et René Villemure recevoir, dans les cérémonies d’après-midi et de soirée, un doctorat honoris causa saluant le caractère exceptionnel de leur parcours. Fred Pellerin et Jean Houde recevront le même honneur au cours des cérémonies de samedi. En cette année de 50e anniversaire, ce sont 2367 finissants qui obtiendront un diplôme de baccalauréat, de maîtrise ou de doctorat de l’institution trifluvienne.

Pour le recteur de l’université, Daniel McMahon, la collation des grades est d’abord un moment empreint d’humanité. «Derrière chaque personne qui monte sur scène pour recevoir son diplôme, il y a une histoire, fait-il valoir. On ne sait pas quelles sont les difficultés que chacun a dû traverser pour arriver là». Le recteur parle même «d’exploit», en évoquant le parcours de ceux qui effectuent un retour aux études alors qu’ils doivent composer avec la triple conciliation travail-études-famille.

Or, si le moment en est un de festivités, le recteur McMahon insiste sur le fait que l’obtention d’un diplôme universitaire demeure un privilège et que cela aussi mérite d’être mis en perspective.

Les jumelles Jeanne et Claire Gendron ont reçu leur diplôme de baccalauréat en chimie, lors de la cérémonie de la collation des grades de l’UQTR, vendredi après-midi.

Le jalon du 50e anniversaire est également l’occasion pour Daniel McMahon de poser un regard sur les accomplissements passés et de se positionner sur les défis à venir. «Une université, c’est fondamentalement quelque chose qui doit traverser le temps», soutient-il. Le recteur évoque par exemple le secteur de l’intelligence artificielle qui «n’était pas dans le décor il y a 20 ans», rappelle-t-il, et qui est aujourd’hui un champ de recherche crucial à aborder. Il maintient par ailleurs que l’institution doit éviter de faire ses choix en fonction des seules tendances du moment et que des champs comme la philosophie conservent toute leur pertinence.

Le lieutenant-gouverneur du Québec, Michel Doyon, était de la première cérémonie de la journée, en matinée, prononçant une allocution où il a fait état de l’importance des années universitaires dans son parcours personnel et de la nécessité de faire de ses échecs, des moments fondateurs.

Des doctorats honorifiques

En après-midi, l’UQTR décernait un doctorat honoris causa à soeur Estelle Lacoursière. Originaire de Saint-Léon-le-Grand, détentrice de l’Ordre national du Québec et membre de l’Ordre du Canada, celle que l’on surnomme parfois la Sœur Verte avait joint les rangs de l’UQTR dès son ouverture en 1969. Elle aura fait sa marque en publiant de nombreux ouvrages dédiés à la nature et en créant différents outils pédagogiques. Elle aura également mené de multiples batailles pour sauvegarder des milieux naturels de la région.

Soeur Estelle Lacoursière a reçu un doctorat honoris causa au cours de cérémonie de la collation des grades de l’UQTR, vendredi après-midi.

C’est l’éthicien René Villemure qui était au centre de la cérémonie de vendredi soir, recevant un doctorat honoris causa soulignant la singularité de sa démarche. M. Villemure est le premier éthicien au Canada, hors de l’université, dont la pratique gravite autour de la gestion éthique des entreprises publiques et privées.

En plus de décerner des doctorats honoris causa à Fred Pellerin et Jean Houde, samedi marquera un autre moment historique pour l’UQTR, alors que l’Université authentifiera son 100 000e diplôme.

Deux étudiantes d’exception, aux parcours identiques

Claire et Jeanne Gendron partagent tout. Les deux jumelles ont les mêmes intérêts, la même aisance dans les études, et quand c’est moins facile, elles accrochent au même endroit. Elles recevaient vendredi leur diplôme de baccalauréat en chimie. Leur moyenne académique respective, excellente, est pratiquement identique.

L’éthicien René Villemure a reçu un doctorat honoris causa, vendredi soir. On le voit en compagnie de Johanne Jean, présidente de l’Université du Québec et de Daniel McMahon, recteur de l’UQTR.

Les deux sœurs de 23 ans expliquent leur passion pour la chimie par l’exemple de leur mère, qui œuvre dans le domaine. Chez elles, tout est histoire de famille, confient-elles. Leur complémentarité, comme elles y réfèrent, tient au fait que leurs parents ont toujours insisté pour qu’elles soient dans la même classe.

Alors que la cérémonie de vendredi marque une étape importante dans leur parcours, les sœurs Gendron entendent poursuivre à la maîtrise. Non pas qu’elles se déclarent animées d’ambitions démesurées, mais bien que les études sont un milieu encore sécurisant, expliquent-elles.

D’ici à ce qu’elles entament le deuxième cycle, Claire et Jeanne occupent déjà un emploi d’été dans leur domaine. Si on leur a toujours dit que le marché du travail les amènerait à prendre chacune leur propre route, elles ne semblent pas envisager les choses ainsi. «C’est sûr qu’on va être proche», lance Claire, «on a fait toutes nos études ensemble et ça fait quatre ans qu’on travaille ensemble», renchérie sa sœur.