Un blitz de négociations a lieu jusqu’à dimanche entre l’UQTR et le Syndicat des professeur(e)s.

UQTR: blitz de négociations

TROIS-RIVIÈRES — Alors qu’une séance marathon de négociations s’amorçait, vendredi, dans l’espoir de régler le conflit qui oppose l’UQTR à ses professeurs, Le Nouvelliste a pris connaissance d’une plainte déposée au Tribunal administratif du travail (et non pas un jugement comme il était indiqué dans notre édition de samedi) demandant à l’UQTR «de cesser toute ingérence ou tentative d’ingérence dans les activités du Syndicat des professeurs et des professeures de l’UQTR».

Cette plainte, déposée le 26 avril dernier, soit quelques jours avant l’imposition d’un lock-out aux professeurs par la direction de l’Université, demande à l’administration de l’établissement de «reconnaître les représentants désignés par le Syndicat des professeur(e)s de l’UQTR à la table des négociations et d’adresser directement à ces représentants désignés toute demande, offre ou proposition relative à la négociation pour le renouvellement de la convention collective.»

Le procureur du Syndicat demande aussi au TAT de «rendre toute autre décision raisonnable et de nature à sauvegarder les droits du Syndicat».

Ni l’UQTR, ni le Syndicat n’ont commenté cette plainte, vendredi.

Les faits remonteraient au 16 avril dernier lorsque le vice-recteur aux ressources humaines de l’Université, Olivier Malo, serait entré en contact avec le président du Syndicat, Ismaïl Biskri, afin de solliciter une rencontre avec les membres du comité exécutif du Syndicat. M. Malo souhaitait, selon la plainte, rencontrer ces personnes sans la présence du comité de négociation estimant que les négociations n’avançaient pas suffisamment.

Le conciliateur qui était alors au dossier, François Corriveau, n’aurait pas été mis en copie conforme du courriel.

Le 18 avril, le président du Syndicat a répondu par écrit à M. Malo pour lui indiquer que non seulement sa demande était refusée, mais que le Syndicat avait mandaté ses procureurs pour déposer une plainte au Tribunal administratif du travail (TAT).

Le procureur du Syndicat estime que «la conduite de l’UQTR s’assimile à une ingérence ou à une tentative d’ingérence dans les activités du SPPUQTR, ce qui est prohibé par l’article 12 du Code du travail».

La plainte du Syndicat estime que l’UQTR a tenté de «s’ingérer dans la gestion syndicale de la négociation en contournant les représentants désignés par le SPPUQTR pour mener les négociations».

La plainte indique aussi que «l’UQTR tente de discréditer ou de susciter des doutes concernant les membres du comité de négociation du SPPUQTR auprès des membres du comité exécutif».

Le procureur du Syndicat croit aussi que la conduite de l’UQTR «s’assimile à un manquement à l’obligation d’agir de bonne foi dans la conduite des négociations au sens de l’article 53 du Code du travail». L’UQTR, rappelons-le, n’a pas voulu commenter cette plainte, vendredi si ce n’est que pour préciser, samedi, que le document obtenu pas la Loi d’accès à l’information par le Nouvelliste n’était pas un jugement, mais bien une plainte déposée par le Syndicat.

Alors que le lock-out imposé en début de semaine par l’administration McMahon est toujours en vigueur au moment d’écrire ces lignes, la ministre de l’Enseignement supérieur, Hélène David, a indiqué lors d’une mêlée de presse tenue vendredi qu’elle a «eu une conversation fort longue avec le recteur. Je ne donnerai pas tous les détails de la conversation, mais ce que je peux vous dire, par contre, c’est qu’il y a un médiateur qui est au travail avec un conciliateur. Le médiateur est très apprécié, je pense, des deux parties. Il a rencontré les deux parties hier (jeudi) et à partir de ce matin (vendredi), c’est un blitz de négociations presque ininterrompu jusqu’à dimanche. Alors on a grand, grand espoir que la situation évolue favorablement», dit-elle.

«Je l’ai dit et redit, on espère vraiment que ce lock-out dure le moins longtemps possible et que toutes les parties arrivent raisonnablement à trouver des terrains d’entente sur les trois points», dit-elle, soit l’ajout d’un cinquième cours, le plancher d’emploi et le salaire.

Le Syndicat n’a rien commenté, vendredi, mais le recteur, Daniel McMahon, a indiqué par voie de communiqué que lui et son conseil d’administration se «réjouissent de l’amorce d’une séance marathon de négociation. Nous avons la ferme intention de poursuivre la négociation avec les représentants de la partie syndicale sur la base d’une compréhension commune de la situation réelle de notre université et les enjeux auxquels toute la communauté universitaire doit faire face.»

Pendant ce temps, les étudiants fourbissent leurs armes. Ils ont annoncé leur intention de se rassembler ce lundi 7 mai, afin de manifester leur mécontentement. «Les conséquences sont nombreuses tant pour les étudiantes et les étudiants que toute la communauté, sans que des excuses n’aient été formulées à notre endroit», ont-ils indiqué par voie de communiqué vendredi.

Notons que le congrès de l’ACFAS, qui réunit les chercheurs de toute la francophonie mondiale, s’amorce lundi. La directrice, Hélène Drainville, indique que l’organisation a reçu une dizaine d’annulations de la part de professeurs et d’étudiants de l’UQTR qui devaient prendre part à cet important rassemblement scientifique L’impact sur l’organisation est toutefois minime, dit-elle, puisqu’on attend quelque 3000 congressistes en provenance de 30 pays. Mme Drainville a toutefois qualifié de «déplorable» cette conséquence sur les chercheurs de l’université trifluvienne qui s’étaient préparés pour l’occasion.

L’UQTR apporte des précisions

L’UQTR a répondu, vendredi, aux principales questions qui circulent depuis l’imposition du lock-out aux professeurs.

L’Université précise d’abord que les étudiants n’ont pas à annuler leur inscription pour la session en cours. Des informations leur seront envoyées par le biais du portail étudiant d’ici le 18 mai. Certaines informations plus ciblées seront également acheminées par courriel à certains d’entre eux.

Pour ce qui est de la session d’été qui s’amorçait lundi, les étudiants qui souhaitent annuler sans mention d’échec et avec remboursement pourront le faire par le portail étudiant avant le 15 mai.

Advenant une annulation par l’Université des cours dispensés par des professeurs, les étudiants seront remboursés.

Les modalités régulières de gestion des inscriptions s’appliquent pour la session d’automne.

L’accès au campus est permis à tous, durant le lock-out, incluant les professeurs qui ont aussi accès à leurs locaux de même qu’à leurs courriels. Rappelons qu’ils ne peuvent toutefois ni donner de cours ni faire de supervision d’étudiants.

Le public qui fréquente les diverses cliniques universitaires de l’UQTR est aussi touché par le lock-out puisqu’aucun patient ne peut être vu par les étudiants ou les internes sans la supervision des professeurs ou des chargés de cours. Les étudiants qui sont supervisés par les chargés de cours peuvent poursuivre leurs activités, mais il n’en est pas de même pour ceux qui sont supervisés par les professeurs.

L’Université a donc dressé le portrait de ce qui s’est passé, jusqu’à présent, dans chacune des cliniques les 2, 3 et 4 mai.

Tous les rendez-vous ont été maintenus à la clinique podiatrique. Rappelons qu’elle est toutefois fermée les vendredis.

Du côté de la Clinique universitaire de services psychologiques, un rendez-vous a été annulé le 2 mai et il n’y en avait pas les 3 et 4 mai.

À la clinique de kinésiologie, on a dû annuler les six rendez-vous du 2 mai et les trois rendez-vous du 3 mai. Il n’y en avait pas le 4.

À la clinique de chiropratique, 54 rendez-vous ont été maintenus sur 80, le 2 mai, 66 sur 104 le 3 mai et tous les rendez-vous ont été maintenus le 4.

À la clinique multidisciplinaire en santé, soit orthophonie, ergothérapie et soins de santé, il n’y a aucun stage en cours pour la session d’été.