La direction des résidences universitaires de l’UQTR a demandé à ses locataires qui le pouvaient de quitter les lieux avant la fin de la semaine dernière.
La direction des résidences universitaires de l’UQTR a demandé à ses locataires qui le pouvaient de quitter les lieux avant la fin de la semaine dernière.

Université du Québec à Trois-Rivières: les résidences se vident

Matthieu Max-Gessler,  Initiative de journalisme local
Matthieu Max-Gessler, Initiative de journalisme local
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Des 495 étudiants qui avaient élu domicile aux résidences de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) cette session, il n’en reste que 80. En effet, la plupart d’entre eux – du moins, ceux qui le pouvaient - ont dû retourner dans leur famille, à la demande de l’université. Une directive qui a fait sourciller quelques étudiants.

«D’ici le 27 mars, les étudiants québécois présentement en résidence devront tous retourner auprès de leur famille, sauf en cas de circonstances exceptionnelles. Merci de me faire parvenir, par courriel, la date de votre départ», a indiqué par courriel mercredi dernier la directrice des résidences, Julie Bourassa, aux étudiants qui se trouvaient encore dans les résidences.

Pour plusieurs étudiants contactés par le Nouvelliste, ce courriel a été reçu comme un avis d’éviction. L’UQTR assure toutefois que ce n’était pas son intention, même si elle demandait effectivement aux étudiants qui le pouvaient de quitter les lieux d’ici vendredi dernier.

«Personne n’a été mis dehors, il n’y a aucun avis d’éviction qui a été envoyé, soutient Jean-François Hinse, responsable des communications de l’UQTR. On suit la recommandation de la santé publique.»

L’UQTR a donc emboîté le pas à de nombreuses autres universités québécoises, qui ont demandé à leurs étudiants de quitter les résidences universitaires au cours des 10 derniers jours. C’est le cas notamment de l’Université du Québec en Outaouais, de l’Université Concordia et de l’Université de Montréal.

Changements de chambre

Les étudiants venus de l’étranger et ceux qui ne peuvent retourner dans leur famille ou chez des proches ne se sont donc pas retrouvés à la rue, assure l’UQTR. Certains ont cependant dû changer de logement, notamment les occupants des chambres suites de la résidence R. Jusqu’à 19 personnes peuvent partager l’espace des aires communes de ce type de logement, ce que l’UQTR jugeait problématique. M. Hinse indique toutefois que l’établissement a été accommodant, permettant aux étudiants qui souhaitaient garder un lien avec leurs co-chambreurs d’être relogés à proximité les uns des autres. Il ajoute qu’un petit nombre seulement des 80 étudiants restants ont été relogés de la sorte.

Le responsable des communications de l’UQTR dit comprendre que cet avis et le court délai accordé aux étudiants aient pu inquiéter ces derniers. Il insiste cependant sur le fait que cette décision a été prise pour se conformer le plus rapidement possible aux directives gouvernementales.

«On ne pouvait pas donner trois semaines aux gens pour déménager dans le bloc d’en face. Et dans la très grande majorité des cas, ça a très bien été, on a même reçu des courriels pour nous remercier de notre soutien. Les résidents comprennent que ce sont des mesures exceptionnelles», souligne M. Hinse.

Ce dernier indique par ailleurs qu’un certain nombre d’étudiants avaient déjà quitté les résidences d’eux-mêmes, avant l’envoi du courriel de mercredi dernier. Ceux-ci n’auront pas à s’acquitter de leur dernier mois de loyer, soit celui d’avril.

Cégep de Trois-Rivières

Les résidences du Cégep de Trois-Rivières se sont elles aussi vidées ces derniers jours. Sur 206 occupants, il n’en reste qu’une quarantaine.

«On a demandé à ceux qui le pouvaient de rentrer chez eux, sur une base volontaire. Mais ceux qui ne le pouvaient pas, notamment les étudiants internationaux, peuvent rester sans problème», explique Isabelle Bourque, coordonnatrice du service des communications et des affaires institutionnelles au Cégep de Trois-Rivières.

Mme Bourque précise que les étudiants qui sont demeurés dans les résidences ont été répartis sur l’ensemble des bâtiments, afin de limiter les contacts et donc, le risque de propagation du coronavirus.

Au Collège Laflèche, le nombre de personnes se trouvant encore dans les résidences étudiantes a aussi fondu comme neige au soleil. Sur 120 étudiants, une quinzaine seulement y demeurent encore actuellement.

«Quand on a reçu la première communication du ministère ordonnant la fermeture des établissements, on a demandé aux résidents qui avaient la possibilité de quitter de le faire. À ce moment, une majorité d’entre eux sont partis. Mardi dernier, on a envoyé une nouvelle communication demandant à nouveau à ceux qui le pouvaient de quitter», explique Anne-Laurence Jacob, du service des communications du Collège.

Cette dernière indique par ailleurs que le tout s’est fait avec «une très belle collaboration des étudiants».

Les étudiants qui restent dans les résidences sont ceux qui, à l’instar de l’UQTR et du Cégep de Trois-Rivières, n’avaient nulle part d’autre où aller. Mme Jacob précise par ailleurs que les mesures d’hygiène ont été renforcées dans les résidences.