Les maires de Trois-Rivières et de Drummondville s’allient à la Coalition avenir Québec et ils exhortent le premier ministre Couillard à appuyer très officiellement l’implantation du train à grande fréquence (TGF) dans le corridor Québec-Montréal.

Unis contre le monorail Québec-Montréal

EXCLUSIF / Les maires de Trois-Rivières et de Drummondville s’allient à la Coalition avenir Québec (CAQ) pour presser le gouvernement Couillard de mettre formellement de côté tout projet de monorail entre Québec et Montréal. Ils l’exhortent à appuyer très officiellement l’implantation du train à grande fréquence (TGF) dans ce corridor.

Dans une lettre ouverte, le député caquiste, Benoît Charette, le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, et celui de Drummondville, Alexandre Cusson, demandent au premier ministre Philippe Couillard de «clarifier la situation» et d’affirmer de vive voix «que le scénario d’un monorail ne fait officiellement plus partie des priorités».

La lettre est également signée par la présidente générale de la Chambre de commerce et d’industries de Trois-Rivières, Amélie St-Pierre, et par le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Drummond, Nicolas Martel.

À l’issue d’un congrès du Parti libéral du Québec en novembre, Philippe Couillard avait indiqué qu’il était intéressé par un projet de monorail suspendu entre la capitale et la métropole du Québec, une technologie présentée par l’ingénieur Pierre Couture en 1994.

Cette idée avait suscité un malaise chez le député libéral de Trois-Rivières, Jean-Denis Girard. Et elle avait sérieusement contrarié le maire Yves Lévesque. «Ce n’est pas vrai qu’on va attendre encore 15 ou 20 ans pour le développement d’un monorail, alors qu’on a une solution viable, intelligente et réalisable sur la table», avait déclaré le maire trifluvien.

Feutré, mais…

Le langage figurant dans la lettre est feutré, mais les signataires sont clairs : «Nous comprenons l’intérêt et la curiosité que peuvent susciter de nouvelles technologies en matière de transport pour les différents gouvernements. Mais nous estimons que la réalisation du projet de TGF doit être la priorité immédiate de tous les paliers de gouvernement et des milieux économiques concernés.»

«Le temps n’est plus à la réflexion sur les différentes options à étudier. Il faut maintenant passer à l’action et appuyer le projet de VIA Rail. Nous sommes confiants que le gouvernement du Québec verra, tout comme nous, ses avantages considérables pour le Québec.»

Les signataires notent que le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a récemment «tenu des commentaires fort encourageants concernant le projet de train à grande fréquence de VIA Rail reliant Québec à Windsor».

«C’est pourquoi nous espérons que le gouvernement du Québec exprimera lui aussi avec force et sans ambiguïté son appui au TGF. Ce projet est d’une telle importance pour Montréal, Québec et les régions qu’il doit faire l’objet du plus clair et large consensus possible afin d’assurer sa mise en œuvre dans les meilleurs délais.»

La Coalition avenir Québec, les maires et les présidents de chambre de commerce ayant signé la missive jugent irréaliste de développer deux projets de lien rapide entre Québec et Montréal. «Le projet d’un éventuel monorail entre la capitale et la métropole, évoqué à nouveau l’automne dernier, ne nous apparaît donc pas souhaitable», concluent-ils.

En plus de présider aux destinées de Drummondville, Alexandre Cusson préside l’Union des municipalités du Québec.

Pour la CAQ, cette lettre constitue une opération politique inusitée. Elle s’attend à une réaction de Philippe Couillard.