Le nouveau ministre Jean Boulet a célébré sa nomination en compagnie de ses enfants Sophie et François et de sa conjointe Marie-Hélène Gagnon.

Une voix forte pour la Mauricie

QUÉBEC — Si la charge de travail s’annonce immense pour les deux nouveaux ministres de la région, l’heure n’était pas encore à l’étude de leurs nombreux dossiers jeudi, au Salon rouge de l’Assemblée nationale. La cérémonie d’assermentation a plutôt pris des allures de grande fête pour célébrer la victoire non seulement de leur parti politique, mais également de la région à qui l’on donne désormais une voix forte, ont-ils fait remarquer.

«Ça va apporter de l’influence. On en a parlé en campagne électorale, on voulait avoir une voix forte à Québec, on voulait être à la table où se prennent les décisions. Là, on sera deux, Sonia (LeBel) et moi pour être les porte-paroles les plus éloquents possible des intérêts et des préoccupations des électeurs et électrices de la grande Mauricie», a lancé d’emblée Jean Boulet, nouvellement ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale. Ce dernier était d’ailleurs accompagné de sa conjointe et ses enfants pour l’occasion. Entre deux entrevues et trois photos, le nouveau ministre a pu prendre quelques minutes pour célébrer avec eux.

Ces nominations, pour la députée de Champlain et ministre de la Justice Sonia LeBel, sont le reflet clair de l’importance que le premier ministre François Legault accorde à la région. «C’est une belle démonstration de ce que M. Legault disait en campagne, que la Mauricie était centrale et importante pour lui. Il a bien démontré dans ce premier engagement-là qu’il va suivre ses engagements», assure celle qui hérite aussi du délicat dossier de la réforme du mode de scrutin.

Mais Sonia LeBel y tient mordicus, elle demeure d’abord et avant tout députée de Champlain, et compte sur la force de l’équipe qu’elle mettra en place pour continuer de bien servir le comté malgré ses responsabilités ministérielles.

«On a l’intention de demeurer des députés soudés sur le terrain avant tout. Et je pense que le fait d’avoir deux voix au conseil des ministres ne peut pas être nuisible pour une région. On va aussi, Jean Boulet et moi, monter des équipes sur le terrain. On va s’assurer d’être présents. C’est vrai qu’on a des responsabilités partagées, ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas monter une équipe solide et à l’écoute des besoins des gens sur le terrain. Et on a effectivement des collègues extraordinaires pour nous épauler», ajoute Mme LeBel.

Le député de Maskinongé Simon Allaire et la députée de Laviolette — Saint-Maurice Marie-Louise Tardif, qui tenaient à être présents lors de l’assermentation afin de féliciter les nouveaux ministres régionaux, assurent qu’ils offriront leur pleine collaboration à leurs deux collègues s’ils devaient avoir besoin d’aide pour mener à bien des dossiers régionaux. «C’est vrai qu’on est une belle équipe et on va collaborer tout le monde ensemble. Connaissant Jean et Sonia, peu importe la nature des dossiers, ils vont nous faire confiance pour les réaliser si jamais ils manquent de temps en Mauricie», mentionne Simon Allaire.

Priorité ABI

Par ailleurs, à titre de ministre du Travail et de l’Emploi, Jean Boulet a tout de suite fait connaître sa priorité, et entend s’attarder au dossier du lock-out de l’ABI dès vendredi matin.

«C’est vraiment ma priorité. Dès demain matin, je vais me mettre en action. J’ai l’intention de demander le rapport du conciliateur, le rapport du médiateur spécial, faire les rencontres qui s’imposent, faire les diagnostics et avoir un plan d’action qui est clair. C’est un conflit de travail qui a des incidences sociales et économiques trop importantes partout dans notre région», indique celui qui devra aussi, au cours des prochaines semaines, s’attarder à l’épineux dossier de la pénurie de main-d’œuvre au Québec.

«Emploi Québec relève de mon ministère. Je veux rencontrer les gens d’Emploi Québec, je veux évidemment me saisir des enjeux, de ce qu’ils font et après ça, déterminer les meilleures orientations. Mais il faut faire un bon arrimage entre les besoins du marché et donner une formation qui est tout à fait appropriée à nos travailleurs et travailleuses», signale Jean Boulet.