Le ministre Sébastien Proulx a été accueilli avec grand enthousiasme par les élèves de l’école primaire de Notre-Dame-du-Mont-Carmel.

Une visite qui donne de l'espoir

TROIS-RIVIÈRES — Le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, a été accueilli avec grand enthousiasme, presque en rock star, lors de sa visite fort attendue à l’école primaire Notre-Dame de Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Vêtus d’un t-shirt où il était écrit «Notre communauté grandit, notre école s’agrandit» et pancartes à la main, les enfants ont lancé au ministre un message sans équivoque. Ils veulent aller à l’école dans leur municipalité jusqu’en 6e année inclusivement comme en témoignait une des pancartes où il était écrit: «Je veux aller à l’école avec mon frère.»

La présidente du comité d’agrandissement de l’école, Marylène Ménard, le directeur de l’école, Clément Pratte et le maire de la municipalité, Luc Dostaler, ont guidé pas à pas le ministre Proulx, la ministre Julie Boulet et le député Pierre Giguère dans les différentes classes afin de leur faire découvrir la réalité quotidienne de cette école devenue beaucoup trop étroite, voire étouffante.

Garnis des manteaux des enfants, les murs des couloirs qui sont d’une étroitesse remarquable logent aussi des fours micro-ondes, des livres et autres fournitures scolaires qu’on ne sait plus où placer. Le local d’art dramatique est aussi utilisé par le service de garde et c’est le même local qui sert aux dîners. Le personnel doit donc manipuler des murs amovibles quatre à cinq fois par jour, selon la vocation du moment qu’on doit donner à cet espace. Plusieurs classes doivent loger au sous-sol dans des locaux où seule une minuscule fenêtre d’à peine deux ou trois pieds carrés apporte un peu d’air frais et de lumière naturelle.

Le ministre Proulx n’a fait aucune annonce ni aucune promesse d’agrandissement, vendredi, mais il a pu constater de première main les efforts considérables mis non seulement par l’école, mais aussi par toute la communauté, pour sonner l’alarme sur une situation qui ne peut plus durer. «Je pense que ça peut faire école, des mobilisations comme celle-là», a-t-il reconnu, visiblement impressionné par la solidarité palpable de cette communauté. «C’est fait dans le respect des règles. C’est fait avec beaucoup d’esprit. C’est fait très positivement. C’est devenu un projet-école», a constaté le ministre.


«Il est temps qu’il se passe quelque chose», a indiqué de son côté le directeur de l’école, Clément Pratte, en ayant un bon mot pour le courage manifesté par le personnel dans les circonstances.

«Je ne suis pas en mesure aujourd’hui d’annoncer une bonne ou une mauvais nouvelle à l’école tout simplement parce que nous ne sommes pas en situation d’avoir terminé l’analyse de tous les dossiers. Dans l’ensemble du Québec, il y a des demandes qui sont extrêmement importantes, voire plus importantes que le nombre de projets qu’on pourra accepter», indique le ministre. «Je constate qu’ici, il y a des besoins et on va en tenir compte, c’est certain», dit-il.

Sébastien Proulx a rappelé qu’il «existe une règle, pour la prise de décision, au ministère de l’Éducation qui dit que lorsqu’il y a de la disponibilité de locaux dans un périmètre de 20 km, habituellement, on n’autorise pas d’agrandissement ou de nouvelle construction.» Toutefois, le ministre a fait insérer «un critère de communauté naturelle. Je voyais ce matin, parmi les enfants qui m’accueillaient, un petit garçon avec une pancarte Je veux aller à l’école avec mon frère. La fratrie, c’est important. Ça m’a permis de faire des démarches positives pour Saint-Boniface. Ça m’a permis de le faire dans d’autres endroits au Québec. Alors voilà un critère qui sera apprécié dans le cas du dossier ici», dit-il.

Le ministre a indiqué que son «plus grand défi c’est qu’il faut mettre beaucoup en maintien d’actifs et en réparation. Si l’on avait des écoles mieux entretenues, on ferait plus de constructions et d’agrandissements. Là, je suis pris à faire deux tiers on rénove et on entretient et un tiers on construit», dit-il. Le ministre a toutefois laissé entendre que l’on «a des sommes supplémentaires, on a des critères pour favoriser des projets comme Mont-Carmel et tout le territoire du Québec est important pour moi. Ce n’est pas qu’à Montréal qu’on va construire des écoles».

Quoi qu’il en soit, le ministre a bien l’intention d’annoncer les projets de construction et d’agrandissement avant la fin de l’année scolaire afin d’accélérer le processus d’appels d’offres et la réalisation des projets.

La présidente du Comité d’agrandissement indique qu’une rencontre avec le ministre était demandée depuis longtemps. «Qu’il se soit déplacé, on apprécie. C’est un peu inespéré», dit-elle.