Sur la photo: Laurent Ricard, Jessyca Lépine, Léonie Ricard et Patrice Ricard.

Une vie qui a basculé

Trois-Rivières — Patrice Ricard filait le parfait bonheur jusqu’à ce que sa vie bascule complètement le 12 janvier dernier. Effectivement, après être entré à l’hôpital pour de violents maux de tête, il est ressorti avec un diagnostic de tumeur incurable au cerveau. Déjà père de deux jeunes enfants, il ne sait même pas s’il pourra assister à l’accouchement de sa conjointe qui est enceinte de six mois. Comme le temps presse et qu’il ne veut pas laisser sa famille avec des soucis financiers, l’homme de 37 ans a mis en place une campagne de sociofinancement sur la plate-forme GofundMe avec l’objectif d’amasser la somme de 10 000 $.

«Je suis entré à l’hôpital le 11 janvier dernier, car j’avais mal à la tête et je vomissais. Les médecins m’ont dit qu’il s’agissait d’une migraine et ils m’ont renvoyé chez moi. Le lendemain, j’ai dû y retourner, car la situation n’avait pas changé et j’avais de la misère à me tenir debout. J’ai demandé à passer un scan et c’est par la suite qu’ils m’ont dit que j’avais une tumeur au cerveau et que c’était incurable. Présentement, ils ne savent pas si je vais voir la naissance de mon bébé ou si je vais pouvoir fêter son premier anniversaire», explique Patrice Ricard.

Le principal intéressé est passé sous le bistouri pour la première fois le 15 janvier. Alors qu’il s’apprêtait à commencer ses traitements de chimiothérapie et de radiothérapie, Patrice Ricard a une fois de plus été frappé par d’intenses maux de tête.

La masse avait réapparu et elle exerçait une pression sur son cerveau. Il a donc dû se faire opérer pour une deuxième fois le 19 février. Malgré tout, il affirme reprendre du mieux.

«Je vais quand même bien. Après la première opération, je n’avais pas vraiment de séquelles. Mais depuis la deuxième, j’ai de la difficulté avec la lumière et les écrans et j’ai mal à la tête de temps en temps. Par contre, si je veux profiter de la vie un peu, je ne dois pas m’apitoyer sur mon sort. J’y vais donc au jour le jour.»

Beaucoup de frais
Les frais médicaux commencent à s’accumuler assez rapidement. Effectivement, seulement pour la chimiothérapie, la première série de 42 jours de pilules lui a coûté 5400 $ dont 1100 $ provenaient de sa poche. Cela est sans compter les autres médicaments pour contrôler les effets secondaires ainsi que les frais de transport pour l’hôpital.

«Je ne veux pas laisser ma famille avec des dettes. Je suis en arrêt de travail depuis le 10 janvier et je ne pense pas pouvoir y retourner. Je suis présentement en congé d’invalidité. Ma femme a obtenu un congé de maladie en raison de l’anxiété, mais elle est maintenant en congé de maternité. Nos salaires ont donc baissé, mais les dépenses ont augmenté», évoque-t-il.

M. Ricard s’inquiète également des rénovations à faire sur sa maison prochainement. «Nous avons acheté notre maison l’année dernière, car nous avions besoin de plus grand. Cependant, nous ne sommes pas bien tombés et j’ai dû mettre beaucoup d’argent en réparation. Cet été, je vais devoir refaire la toiture et le crépi pour le solage. La descente de cave sera à refaire aussi pour empêcher l’eau d’entrer. Ça m’inquiète beaucoup, car je ne veux pas laisser ma famille dans cette situation-là sinon ça ne sera pas facile pour eux» se désole-t-il.

Au moment d’écrire ces lignes, la campagne qu’il a lancée a permis d’amasser plus de 8000 $. Ce sont pas moins de 162 personnes qui ont effectué un don depuis le 26 février. Le père de famille ne s’en cache pas, il a été très surpris de la réponse des gens.

«Je ne m’attendais pas à ça du tout. Je pensais récolter environ 1000 $, mais après 24 h j’étais déjà rendu à près de 6000 $. Je n’en reviens tout simplement pas», souligne-t-il.

Les personnes qui souhaitent aider peuvent le faire en se rendant à l’adresse suivante: www.gofundme.com/mon-cancer-incurable.