Laurence Lemire, nouvelle travailleuse de rang pour la Mauricie et René Beauregard directeur général de l’organisme Au cœur des familles agricoles.

Une travailleuse de rang en Mauricie

YAMACHICHE — Après la Montérégie, le Centre-du-Québec et la Beauce, la Mauricie a maintenant sa travailleuse de rang, dont la tâche est de venir en aide aux agriculteurs en situation de détresse psychologique.

La travailleuse sociale embauchée par l’organisme Au cœur des familles agricoles (ACFA) dans le cadre d’un projet pilote d’une durée de trois ans, Laurence Lemire, est entrée en poste ce lundi. Ayant grandie dans un milieu agricole au Centre-du-Québec, elle a étudié et oeuvré dans ce domaine avant d’effectuer un changement de carrière, et du même coup, un retour aux études. Elle reconnaît donc qu’elle est bien au fait de la réalité des agriculteurs et avoue timidement qu’elle est la candidate idéale pour cet emploi.

«Ma tâche est très large. Je vais entre autres les accompagner dans différents processus. Ça sera l’ACFA qui va me référer les dossiers, que viendront d’un vétérinaire, d’un représentant d’une coopérative ou d’un proche par exemple. Ça peut venir de partout. [...] J’ai toujours aimé aider les gens, alors je pense que je pourrai aider les agriculteurs de la Mauricie», explique-t-elle.

Parmi les défis auxquels elle sera confrontée dans l’exercice de ses nouvelles fonctions, la jeune femme considère qu’elle devra se faire connaître par les différentes organisations ainsi que par les producteurs eux-mêmes.

Alors que l’ACFA est bien connue en Montérégie, où elle opère notamment une maison d’hébergement destinée aux agriculteurs ayant besoin d’un peu de répit, l’organisation fondée en 2003 et qui emploie Mme Lemire ne l’est pas autant en Mauricie ainsi que dans les autres régions du Québec où elle n’est pas encore présente.

«J’ai déjà été approchée par les gens de la relève agricole qui veulent me rencontrer. Je vais donc faire des présentations dans des organisations lors d’assemblées générales. La grandeur du territoire de la région sera également un défi», reconnaît-elle.

Le directeur général de l’ACFA, René Beauregard, se dit très heureux de l’arrivée de cette nouvelle ressource au sein de son organisation. Tout comme la Mauricie, l’Estrie compte dorénavant sur un travailleur de rue, alors que d’autres régions, dont l’Abitibi-Témiscamingue, en auront prochainement.

En ce sens, il rappelle que le lien de confiance et la proximité sont primordiaux afin de mener une action préventive efficace.

«Nous desservions tout le territoire québécois, mais ce déploiement de ressources sur le territoire s’avérait essentiel. Nos producteurs et productrices sont souvent isolés par la nature de leurs tâches et la situation géographique où l’exploitation d’une entreprise agricole est possible», mentionne-t-il.

Une nouvelle image de marque

En plus de compter sur de nouvelles personnes-ressources qui permettront de mener à bien ses activités, l’ACFA se dote d’une nouvelle image de marque. Plus actuelle elle représente davantage la mission revampée de l’organisme selon M. Beauregard. Selon ce dernier, l’ancienne représentait plus la maison d’hébergement de Saint-Hyacinthe et non l’offre globale de services.

«Au cours des dernières années, la maison de répit et plus devenue un service parmi les autres. C’est ce que l’on voulait faire [en changeant d’image de marque]», précise-t-il. Il ajoute qu’il aimerait bien que son organisation jouisse d’une plus grande reconnaissance des différents paliers de gouvernement. Seulement 25 % du budget d’exploitation de l’ACFA provient de subventions gouvernementales, le reste provenant de divers donateurs.

«Malheureusement, il y a encore une méconnaissance du service offert, malgré sa spécificité reliée directement au monde agricole. Ce que l’on veut, c’est démontrer que nous ne sommes pas un service qui se dédouble, mais bien complémentaire aux autres qui existent», note-t-il.

La Détresse des producteurs laitiers

Sans amoindrir la situation difficile dans laquelle peuvent se trouver d’autres producteurs, l’ACFA souligne qu’une grande majorité de ses interventions, soit 70 %, ont été faites auprès des producteurs laitiers au cours des deux dernières années.

«Que ce soit en raison de l’Accord de partenariat transpacifique, le lait diafiltré ou l’ALENA, c’est la clientèle qui a fait le plus de demandes d’aide», soutient le directeur général.