François Poisson, porte-parole d’Alternative Bécancour.

Une «tournée de clochers» pour Alternative Bécancour

Trois-Rivières — La coalition citoyenne Alternative Bécancour poursuit ses actions afin de sensibiliser les autorités de ne pas aller de l’avant avec la construction de l’usine combinée de production de méthanol et d’urée ProjetBécancour.ag, qu’elle estime dévastatrice pour l’environnement de par l’émission de gaz à effets de serre. Au cours des derniers jours, des représentants d’Alternative Bécancour se sont rendus dans différents conseils municipaux et MRC afin de sensibiliser les élus à leur cause et tenter d’obtenir un engagement de leur part vis-à-vis un autre projet, PureSphera, qu’ils trouvent plus acceptable.

«On fait ce qu’on appelle une tournée de clochers. Évidemment, on s’oppose au projet et on tente de déconstruire le discours des promoteurs, mais on parle aussi des effets de cette pollution sur la santé humaine avec une infirmière qui s’implique avec nous, et on propose des alternatives», résume le porte-parole de la coalition, François Poisson. Une tournée qui vise à renseigner les élus, clame-t-il, mais également à mettre de l’avant les bons coups afin d’inciter les élus à se mobiliser en faveur de ces alternatives.

Ayant déjà visité la MRC de Bécancour, les membres de la coalition ont interpellé, mardi soir, le conseil municipal de Trois-Rivières, de même que les élus de la MRC de Nicolet-Yamaska mercredi. Ils ont, à cette occasion, rappelé le message qu’ils martèlent depuis le début, soit que ce projet va à l’encontre des engagements climatiques du Québec, avec l’émission de plus de 630 000 tonnes de gaz à effet de serre (GES) par année. L’usine, selon la coalition, consommera 1,45 milliard de mètres cubes de gaz naturel par année, soit 22 % de la consommation de gaz naturel du Québec.

«À leur façon, ces élus ont tous appuyé des versions de la Déclaration d’urgence climatique. Certaines versions sont moins engageantes que d’autres, mais dans tous les cas, on clame vouloir faire tout ce qu’on peut pour freiner les changements climatiques. Or, appuyer un tel projet irait complètement à l’encontre de cette volonté», constate François Poisson.

Ce dernier indique qu’au registre des lobbyistes, pas moins de 47 lobbyistes sont inscrits pour faire la promotion auprès des instances municipales et des MRC de ProjetBécancour.ag. Et ces activités de promotion paraissent fortement lorsque la coalition visite les différentes instances municipales, fait remarquer M. Poisson. «On a entendu le discours des promoteurs à travers la bouche de différents élus», constate-t-il, avant d’ajouter: «il était temps qu’on vienne aussi pour contre-balancer le discours».

«On voit la force des lobbyistes, et c’est comme si on ne pouvait jamais sortir du discours de la croissance économique. Mais quand je regarde la difficulté avec laquelle les entreprises de la région arrivent à recruter des employés, je me questionne. A-t-on vraiment besoin de ces 200 emplois, quand on sait tous les impacts que le projet aura sur l’environnement», demande François Poisson.

Alternative Bécancour propose plutôt aux autorités municipales de miser sur les projets comme PureSphera, située sur le site La Prade à Bécancour, et qui collecte et recycle les appareils de réfrigération et de climatisation tout en détruisant leurs gaz nocifs.

Bien qu’ils n’aient pas obtenu d’appui clair de la Ville de Trois-Rivières, mardi, les membres d’Alternative Bécancour ont tout de même été très satisfaits d’obtenir l’appui public des conseillers municipaux Mariannick Mercure et Pierre Montreuil. La coalition se réjouit aussi d’avoir reçu une bonne écoute de la préfète de la MRC de Nicolet-Yamaska, Geneviève Dubois, de même que des encouragements et des félicitations de la mairesse de Sainte-Monique, Denise Gendron.

«C’est facile pour les municipalités de dire qu’elles n’ont pas de pouvoir, mais si on décide de se tenir debout tous ensemble, on en a du pouvoir», clame François Poisson, qui confirme que d’autres arrêts dans d’autres instances municipales sont à prévoir au cours des prochaines semaines, en plus de démarches pour s’entretenir avec le président de l’Union des municipalités du Québec, Alexandre Cusson. La coalition entend aussi être présente dans divers événements entourant les technologies vertes et la bioéconomie.