Sonia Tremblay a marqué le milieu des affaires de Shawinigan depuis le début du nouveau millénaire, en tant que propriétaire de l’Auberge Gouverneur.
Sonia Tremblay a marqué le milieu des affaires de Shawinigan depuis le début du nouveau millénaire, en tant que propriétaire de l’Auberge Gouverneur.

Une tigresse qui s’est assagie

SHAWINIGAN — À une période pas si lointaine, le départ de Sonia Tremblay de l’Auberge Gouverneur aurait provoqué un profond soupir de soulagement à l’hôtel de ville et dans certaines organisations locales. La communauté d’affaires perd une voix forte, qui a déplacé beaucoup d’air au fil des années.

À Shawinigan, Mme Tremblay a toujours été réputée pour donner l’heure juste, sans trop enrober le message. Ses opinions ne passaient pas inaperçues dans l’ex-centre local de développement, ni, surtout, sur les nombreuses associations touristiques sur lesquelles elle a siégé.

Ses confrontations avec l’ex-directeur général de la Cité de l’énergie, Robert Trudel, font partie du folklore local. Elle s’était également manifestée à l’arrivée de Valérie Lalbin à la direction générale de l’Office de tourisme, foires et congrès de Shawinigan. Ces deux têtes fortes semblaient irréconciliables à ce moment. Or mardi après-midi, Mme Lalbin encourageait Sonia Tremblay à surmonter les trémolos lors de son adresse pour annoncer la vente de son «bébé».

De tous les témoignages livrés mardi après-midi, celui de la députée de Laviolette – Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, visait particulièrement dans le mille.

«Son départ me touche profondément», confie-t-elle. «C’est un pan de l’histoire du tourisme de Shawinigan qui part. La chance que j’ai, c’est de l’avoir connue.»

«On parle d’une femme déterminée, mais je vous dirais qu’il s’agit surtout d’une femme intègre, juste», ajoute Mme Tardif. «Elle a le souci du travail bien fait.»

Ses tribulations avec l’ancienne administration de son restaurant, avec la Société de développement de Shawinigan pour la gestion du centre de congrès et pour l’accès au stationnement de l’hôtel ont défrayé la manchette au fil des années. La femme d’affaires laissait souvent ses gants blancs dans son tiroir pour défendre les intérêts de son entreprise ou pour commenter les orientations politiques de ses élus.

Au cours des dernières années, la tigresse a rentré ses griffes, acceptant une analyse plus nuancée des efforts de développement de sa communauté. Elle est aussi parvenue à faire la paix avec la plupart des intervenants locaux, elle qui ne ménageait pourtant pas les critiques à leur endroit auparavant.

«Ce que je retiens de tout ça, c’est que quand on se parle, il n’y a rien qui ne se règle pas», réfléchit-elle. «C’est maintenant ma devise!»

Mariée au juge Étienne Parent, Sonia Tremblay gardera assurément un pied-à-terre à Shawinigan et à Québec. Elle avait vendu un autre hôtel dans la Capitale nationale, Le Vincent, en novembre.

Le maire, Michel Angers, aimerait continuer à bénéficier de son expérience dans le monde des affaires, mais la jeune retraitée ne sait pas encore trop quoi faire de cette proposition.

«Tout va tellement vite», termine-t-elle. «J’ai perdu mon père la semaine dernière. Tout s’est passé en même temps. Je vais prendre du recul. Je vais donner un coup de main pour la transition jusqu’en septembre. Après, je verrai.»