Donald Martel, député de Nicolet-Bécancour, plaide régulièrement la cause du dédoublement de l'autoroute 55 après de son collègue, le ministre des Transports, François Bonnardel.
Donald Martel, député de Nicolet-Bécancour, plaide régulièrement la cause du dédoublement de l'autoroute 55 après de son collègue, le ministre des Transports, François Bonnardel.

Une sortie de crise favorable au dédoublement de la 55?

Sébastien Houle
Sébastien Houle
Le Nouvelliste
Bécancour — La stratégie annoncée du gouvernement Legault de relancer l’économie par l'injection de près de 3 milliards $ dans des projets d’infrastructures, dont 370 millions $ dédiés au réseau routier, a fait réagir dans la région. Donald Martel, député de Nicolet-Bécancour, soutient avoir appelé son collègue François Bonnardel, ministre des Transports, dans les minutes suivant l'annonce, pour plaider la cause du dédoublement de l'autoroute 55. S'il n'en tient qu'à lui, ce projet sera sur les rails «avant un an». De son côté, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, dit avoir envoyé un courriel au député Martel dans la foulée de l'annonce, évoquant également une résolution du dossier avant la fin de son mandat.

On se rappellera que le 12 mars dernier, une rencontre devait avoir lieu à Bécancour entre le maire Dubois et le ministre Bonnardel pour discuter de l'autoroute 55 et du «dossier urgent» des intersections Thibodeau, Forest et Prince. La convocation d'urgence d'un conseil des ministres pour traiter de la pandémie en aura décidé autrement. Le Québec a été «mis sur pause» et la réunion prévue n'a jamais eu lieu. Or, maintient Donald Martel, le dossier n'en a pas été relégué aux oubliettes pour autant. «L'annonce de [la semaine dernière], c'est qu'on va devancer des travaux, et moi je vais tout faire pour embarquer l'autoroute 55 là-dedans, c'est évident», avance le député.

Or, on est encore loin de la première pelletée de terre, avertit M. Martel. L'inscription du projet de dédoublement de la 55 au Plan québécois des infrastructures (PQI) en 2018 était un premier pas qui signifiait l'intention du gouvernement de s'attaquer au dossier dans un horizon de 10 ans, souligne-t-il. «Ça ne veut pas dire qu'on lance le processus de le faire immédiatement», explique le député. «Maintenant, ce que je veux, c'est qu'on prenne la décision de le faire, c'est là qu'on va se mettre à faire les plans et devis», déclare-t-il, en évoquant la fin du mandat du gouvernement caquiste, en 2022, comme échéance ultime. «On a dit, et le premier ministre l'a répété la semaine passée, "on va réaliser nos engagements", et l'autoroute 55, c'en est un engagement», insiste M. Martel.

«Maintenant, ce que je veux, c'est qu'on prenne la décision de le faire, c'est là qu'on va se mettre à faire les plans et devis», déclare Donald Martel au sujet du dédoublement de l'autoroute 55.

Tandis qu'il décrit l'enjeu du dédoublement de l'autoroute qui traverse le Centre-du-Québec du nord au sud comme le «projet d'infrastructure routier le plus important de la région», on comprend en écoutant M. Martel que sa seule inscription au PQI ne constituait pas une victoire en soi. «Ça sera mission accomplie quand le ministre des Transports va annoncer le dédoublement de l'autoroute 55, avec une échéance», maintient-il. Référent au maire Jean-Guy Dubois et à son souhait de voir le dossier réglé d'ici la fin de son mandat, le député dit que «si on veut contenter le maire Dubois, il faut qu'on l'annonce d'ici un an», et de rajouter: «c'est là-dessus que je vais travailler, parce que j'aime beaucoup le maire de Bécancour».

Des intersections problématiques

En évoquant les artères Prince, Forest et Thibodeau, qui entravent l'autoroute 55 de leurs feux de circulation, le maire Jean-Guy Dubois parle d’une situation «unique au monde». Au-delà de la fluidité de la circulation, ces intersections présentent un enjeu de sécurité, fait-il valoir. S'il faut procéder par étape, pour lui cette portion de l'autoroute est prioritaire.

Les artères Prince, Forest et Thibodeau, qui entravent l'autoroute 55 de leurs feux de circulation, présentent une problématique de sécurité, soutient le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois.

On se souviendra qu'une pétition avait obtenu l'appui de 444 signataires avait été déposée par son instigateur, Rémi Provencher au conseil municipal de Bécancour en mars dernier, réclamant des actions du gouvernement pour sécuriser la route aux intersections en cause. On citait alors les résultats d'une étude d’ingénierie datant de 2011 qui estimaient que des économies d’environ 85 millions $ pouvaient être réalisées sur 20 ans, en diminuant le nombre et la gravité des accidents par une reconfiguration des lieux. Au nombre des solutions envisagées, il était question d'échangeurs ou d'étagements des voies de circulation.Convenant que le dossier a fait couler beaucoup d'encre, au point d'en devenir un thème électoral récurrent, le maire Dubois assure que «ce coup-ci ça ne s'essoufflera pas».

Rémi Provencher est l'instigateur d'une pétition qui a recueilli 444 noms et qui plaide pour une action gouvernementale rapide dans le dossier du réaménagement de l'autoroute 55.

Les sentiment d'urgence du maire et des citoyens trouvent écho dans les propos de Donald Martel. «Je passe là tous les jours, je connais bien la problématique, affirme-t-il, il faut régler ça rapidement». Il relate avoir déjà soulevé la question avec son collègue des Transports, que ce dernier est bien au fait du dossier et que les fonctionnaires du ministère planchent sur des solutions. «J'espère que d'ici un an, il va y avoir des travaux effectués pour sécuriser l'intersection du rang Forest», déclare le député. Bien que le projet n'ait pas encore fait l'objet d'une annonce officielle et qu'aucun plan ni devis n'ait été produit, M. Martel maintient «qu'il faut qu'on apporte des ajustements, c'est dangereux».