En avant-plan, Maryse Côté, la directrice de l’école et Julia Grenier, directrice d’AgrÉcoles.
En avant-plan, Maryse Côté, la directrice de l’école et Julia Grenier, directrice d’AgrÉcoles.

Une serre à l’école d’ici novembre

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Elle en rêvait depuis 2016. Maryse Côté ne cache pas sa joie de voir la machinerie lourde et les ouvriers s’affairer, depuis lundi, sur les terrains de l’établissement qu’elle dirige. D’ici novembre, l’école primaire Louis-de-France s’enrichira en effet d’une serre chauffée à l’année à l’électricité, d’une classe extérieure de 60 places et d’un parcours potager. En juin, le Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy a accordé un bail emphytéotique de 20 ans au projet. Son rêve se concrétise enfin.

La directrice de l’école de 430 élèves avait constaté que beaucoup d’enfants ne savent pas d’où viennent les aliments. Elle avait donc décidé de les aider à revenir aux sources en faisant de l’agriculture le projet pédagogique principal de son école.

Déjà, les terrains sont agrémentés de 23 grands bacs où pousse une riche variété de légumes qui servent notamment à fournir un bar à salade, le midi, où les jeunes se régalent quotidiennement. Les élèves travaillent également à la transformation des produits de leurs jardins. «Ce n’est pas juste du jardinage», explique Mme Côté. L’école veut enseigner à ses élèves comment ça se passe de la fourche à la fourchette. «On veut que l’enfant prenne conscience vraiment d’où ça part avant d’arriver dans son assiette. Si on les conscientise à cet âge-là, c’est la société de demain que l’on bâtit», plaide-t-elle.

L’organisme sans but lucratif AgrÉcoles est né de cette démarche. Il veut élargir son influence aux écoles des quatre coins du Québec. C’est que le projet touche inévitablement aussi aux saines habitudes de vie et à la protection de l’environnement. Mme Côté indique que déjà, elle reçoit beaucoup d’appels d’autres écoles intéressées à emboîter le pas.

«Le ministre André Lamontagne (Agriculture, Pêcheries et Alimentation), lorsqu’il est venu faire l’annonce de notre subvention de 649 200$, il a dit ‘‘je veux ce projet-là à la grandeur du Québec’’ et ça a été entendu. On a reçu beaucoup d’appels», raconte Mme Côté.

Le concept est d’autant plus pertinent que la pandémie de COVID-19 est venue mettre en évidence la très grande fragilité de notre circuit long d’approvisionnement alimentaire. «Ça donne toute la pertinence à notre projet, indique Julia Grenier, directrice de l’OBNL AgrÉcoles. Cette dernière précise que le projet de l’école Louis-de-France est un laboratoire, un projet-pilote qui deviendra exportable à d’autres écoles primaires du Québec. «Le but, c’est de faire découvrir ça au plus grand nombre possible d’écoles primaires. On sait qu’il y a un engouement, mais les gens ne savent pas par où commencer», dit-elle.

«On est en train de construire des ateliers pédagogiques qui s’inscrivent dans le cursus scolaire», précise-t-elle. «On a beaucoup de partenaires. Tout le monde y croit», dit-elle.

Mme Grenier aimerait que le ministère de l’Éducation se joigne au ministère de l’Agriculture pour soutenir ce projet et en assurer la pérennité. Pour l’instant, dit-elle, il est difficile de rencontrer le ministère de l’Éducation en ce contexte de pandémie, mais l’OSBL a l’intention de continuer à demander le soutien des deux ministères.