Les coulées d’eau d’érable varient d’une rive à l’autre du fleuve Saint-Laurent.

Une saison des sucres inégale

Saint-Wenceslas — Si la récolte d’eau d’érable se porte assez bien au sud du fleuve Saint-Laurent, la situation change à mesure qu’on prend la direction du nord.

Les quelques épisodes de pluie et le temps froid noté durant le dernier hiver ont gelé la base des arbres en Mauricie. L’érablière Denis Bédard de Saint-Stanislas a déjà connu de meilleures saisons.

«Ce n’est pas fameux comme coulées, confirme René Bédard, de l’entreprise familiale. Ça coule, mais on n’a pas eu de bonnes coulées. On a 22 000 entailles. Il va falloir que ça vire de bord, mais la saison n’est pas finie.»

Stéphane Ladouceur, propriétaire de la cabane Ladouceur de Saint-Justin, confirme que certains de ses arbres sont encore gelés.

«Ce n’est pas égal. Les arbres du côté soleil, la coulée est bonne. Côté nord, c’est pourri. La saison, jusqu’à maintenant, c’est correct. Mais il faudrait que ça coule entre quatre ou cinq jours pour avoir une vraie bonne saison.»

M. Ladouceur souhaite qu’une bonne pluie s’abatte toute une journée sur la Mauricie pour dégeler les arbres dont la base est toujours coincée dans la glace. Un souhait partagé par Éric Bouchard, producteur de Hérouxville et président du Syndicat des acériculteurs de la Mauricie.

«On a des journées, en théorie, qui sont favorables pour la coulée. Mais la croûte de glace ne part pas. L’eau d’érable passe par petites quantités. Elle est sucrée, mais peu abondante. On est en retard dans la production et c’est comme ça pour plusieurs régions du Québec. Mais les prochaines semaines peuvent être exceptionnelles. En avril, ça peut changer vite. En deux bonnes semaines de production, on aurait une saison correcte.»

Le portrait est à l’opposé à l’érablière Prince de Saint-Wenceslas. Selon Fanny Prince, la moyenne des coulées est bonne.

«Ça coule bien chez nous. On a eu des années plus impressionnantes, mais on est satisfait de la production et le sirop est beau.»

Gros week-end de Pâques
La coulée a beau varier d’une rive à l’autre du Saint-Laurent, la popularité des repas de cabane à sucre durant la longue fin de semaine de Pâques se maintient, peu importe le lieu des érablières. Les employés des cabanes à sucre n’ont pas chômé au cours des derniers jours: la majorité des établissements affichaient complet en raison de la tradition des repas de Pâques partagés en familles.

L’érablière Denis Bédard attendait plus de 2000 personnes en fin de semaine. L’érablière Prince a accueilli quelque 2000 visiteurs.

À la cabane à sucre Ladouceur, plus de 1100 clients ont été servis de samedi à lundi midi, dont 280 pour la tablée du dimanche midi.