Sophie Brunet, directrice de la résidence Manoir des deux rivières.

Une résidence se cherche... des résidents

SAINT-STANISLAS — Alors que la région est frappée par la fermeture de résidences pour les aînés et par des grèves dans d’autres, il en est une, à Saint-Stanislas, qui va très bien, sauf qu’elle se cherche désespérément des personnes âgées autonomes et semi-autonomes pour occuper ses appartements vacants.

Cette résidence, le Manoir des deux rivières, est une des très rares coopératives d’habitation de la Mauricie. Elle est née d’une demande manifestée par un groupe de citoyens, en 2008. «Plusieurs personnes âgées ne voulaient pas aller habiter à Trois-Rivières, car elles étaient loin de leur famille», raconte la directrice de l’établissement, Sophie Brunet.

Le Manoir des deux rivières a finalement été construit en 2011. Des gicleurs dans la bâtisse, il y en a partout. On y accueille des personnes âgées autonomes et semi-autonomes. L’édifice, situé au cœur du village de Saint-Stanislas, est à 30 minutes de Trois-Rivières.

L’endroit est sympathique. La rivière passe tout près. Il y a deux parcs pour prendre l’air et un jardin communautaire. L’école n’est pas trop loin. On est à distance de marche du dentiste, du pharmacien, de l’épicerie et même du nouveau resto-pub Le Presbytère.

«Le bassin de population ici commence à être épuisé au niveau des personnes du troisième âge», explique Mme Brunet. «En 2008, il y avait une liste d’attente de près d’une centaine de personnes», dit-elle. Depuis, «il y a eu des décès, des transferts en CHSLD et des gens qui demeurent à la maison avec des programmes de soutien à domicile.»

Résultat, six des 14 logements du Manoir sont vacants en ce moment. «Nous avons de la place pour 18 personnes parce qu’il y a quatre 4 1/2 où les gens peuvent habiter à deux de même que dix 3 1/2.»

La résidence ouvre donc ses portes aux aînés de l’extérieur de la municipalité et même de l’extérieur de la MRC de Chenaux.

«On a de la difficulté à avoir des locataires parce que, mise à part la clientèle qui habite dans la municipalité, c’est difficile d’aller chercher des gens d’autres municipalités», explique Mme Brunet. Il y a en effet une résidence à Saint-Narcisse et une autre à Sainte-Geneviève-de-Batiscan qui ne sont pas des coopératives d’habitation, mais des résidences privées, dit-elle.

Mme Brunet rappelle que le principe de coopérative qui régit le Manoir des deux rivières compte beaucoup d’avantages. Il permet aux personnes âgées de bénéficier de programmes pouvant compenser pour l’argent qu’elles n’auraient pas, autrement, pour vivre dans un pareil endroit.

«La coopérative amène la possibilité d’avoir des programmes pour favoriser les gens à faibles revenus. Nous avons été subventionnés par la SHQ. Par le fait même, le Programme au supplément de loyer vient avec ça», explique-t-elle.

«Ça vient combler une partie du logement selon les revenus de la personne.» Même une personne seule n’ayant que la sécurité de vieillesse pour revenu pourrait vivre dans cette résidence, précise-t-elle.

L’endroit offre un service de repas, mais ne compte pas d’infirmière sur place. «Toutefois, le CLSC de Sainte-Geneviève peut venir ici. Des infirmières et des médecins peuvent se déplacer pour, par exemple, faire la distribution de la médication et donner des soins de santé de base», dit-elle.

L’organisme Soutien à domicile des Chenaux peut, pour une somme très acceptable, venir faire le ménage, le lavage ou l’aide aux emplettes.

Selon Mme Brunet, la coopérative permet d’offrir à ses membres des frais de loyer beaucoup moins élevés que les résidences comparables qui ne sont pas des coopératives d’habitation. La formule coopérative permet aussi aux locataires d’avoir le droit de parole puisque certains font partie du conseil d’administration.