Les établissements d’enseignement supérieur de la région recevront des étudiants en présentiel dans certains cas, l’automne prochain.
Les établissements d’enseignement supérieur de la région recevront des étudiants en présentiel dans certains cas, l’automne prochain.

Une rentrée d’automne essentiellement à distance

Trois-Rivières — L’Université du Québec à Trois-Rivières annonce que sa rentrée, pour la session d’automne, se fera «essentiellement» à distance alors que la session d’été, qui s’amorce le 19 mai, sera «entièrement» à distance. 

Le recteur, Daniel McMahon, explique qu’à l’automne, il «va y avoir des formations en présentiel sur le campus, mais pour des activités précises et ciblées», dit-il, car certains programmes nécessitent une présence physique à certains moments.

Malgré la pandémie, l’UQTR indique qu’elle ne perçoit pas de désistement des étudiants pour la session d’automne. 

Même son de cloche, d’ailleurs du côté du Cégep de Trois-Rivières où les inscriptions sont même à la hausse, signale le directeur général, Louis Gendron. Dans son établissement aussi on donnera un enseignement «hybride» pour la session d’automne, le 20 août, c’est-à-dire que la grande majorité des activités se feront à distance sauf pour les formations qui imposent une présence physique en classe.

M. Gendron constate aussi qu’il y a une augmentation «significative» de 8 % voire 10 % des inscriptions du côté de la formation continue qui, elle, se fera entièrement en ligne.

Le même principe s’appliquera au Collège Laflèche où la tendance n’est pas au désistement pour la session d’automne.

Au Collège Shawinigan, «nous sommes conscients que certains étudiants pourraient retarder ou abandonner leur projet d’études», indique le conseiller en communication, Étienne Dubois. Toutefois, «on ne vit présentement pas de vague d’abandon», souligne-t-il.

Il n’y a actuellement aucun programme menacé dans l’ensemble de ces établissements d’enseignement supérieur, même si beaucoup de cours se donneront à distance.

La santé physique de toute la communauté universitaire est la priorité numéro un de l’UQTR, en cette période de pandémie, a rappelé le recteur. C’est aussi le cas dans les autres établissements d’enseignement supérieur de la région. La session d’été sera une bonne pratique, dit le recteur, car elle «va permettre, très progressivement, le retour sur le campus de certaines personnes.»

Il y a reprise des travaux dans les laboratoires de recherche «et aussi, cette semaine, la reprise des travaux de construction. Ça nous permet d’acquérir chaque jour de l’expérience additionnelle en matière de déconfinement», fait-il valoir.

Au Cégep de Trois-Rivières, les centres collégiaux de transfert technologique ont repris du service car ils sont liés de très près aux activités économiques, signale Louis Gendron. D’ailleurs, il n’y a pas que les chercheurs qui y sont de retour, mais aussi les étudiants salariés, signale-t-il.

Sur les divers campus de l’UQTR, «il faut être capable de recevoir des centaines, voire des milliers de personnes dans les prochains mois, dans le respect de la distanciation physique», rappelle le recteur McMahon.

Plus de 2000 activités d’enseignement sont en préparation pour la session d’automne. «Tous nos programmes vont être ouverts», annonce le recteur, en affirmant que la «formation à distance ou hybride va être d’une très grande qualité.»

Les collèges de la région aussi ont eu l’occasion de bien roder leur offre en ligne. Un sondage s’amorce d’ailleurs au Cégep de Trois-Rivières, jusqu’à la fin de mai, afin de prendre le pouls des étudiants à ce sujet à la lumière de l’expérience vécue depuis le début de la période de confinement.

À l’UQTR, le président de l’Association générale des étudiants, Antoine Belisle-Cyr, indique qu’une démarche similaire serait souhaitable de la part de l’UQTR afin de savoir si les étudiants et les professeurs sont adaptés à la nouvelle réalité de l’enseignement à distance. L’AGEUQTR veut aussi être plus impliquée dans les sous-comités du Comité de confinement de l’UQTR. Invitée à se joindre au sous-comité sur la vie universitaire, elle voudrait aussi avoir sa place au sein du sous-comité de l’enseignement.

Le recteur de l’UQTR rappelle qu’avant la COVID-19, il y avait une pénurie de main-d’œuvre sur le marché du travail. Ce dernier estime que ce sera sans doute le cas encore lorsque les activités économiques reprendront à plein régime. «On aura besoin de nos étudiants sur le marché», dit-il, d’où l’intérêt qu’ont les étudiants «de s’avancer dans leur cheminement académique», fait-il valoir.

L’UQTR demande d’ailleurs à ses professeurs et chargés de cours d’inclure dans leurs formations des interactions et des échanges avec les étudiants.

Des mesures de soutien et d’accompagnement seront offertes aux professeurs et chargés de cours par le Bureau de la pédagogie et de la formation à distance, avant et pendant la session, dont une formation intensive pour pouvoir adapter leur cours en présentielle et en faire un cours à distance.

Pas moins de 12 % des effectifs étudiants de l’UQTR sont des étudiants internationaux. Pour l’instant, afin de conserver cet important bassin de clientèle, l’UQTR offrira une formation à distance à l’automne en espérant que les frontières rouvriront à temps pour la session d’hiver.

Les étudiants internationaux représentent 5 % des revenus, au Cégep de Trois-Rivières, entre 6 % et 7 % de la clientèle au Cégep de Shawinigan et 4 % au Collège Laflèche.

«La majorité de ces étudiants sont demeurés au Québec dans le but de poursuivre leurs études. Actuellement, 52 nouveaux étudiants ont manifesté l’intention d’étudier au Cégep à l’automne 2020», signale Étienne Dubois du Cégep de Shawinigan.

Quant aux frais d’inscription, c’est au gouvernement à décider s’ils seront ou non modifiés en réaction aux nouvelles circonstances, fait valoir le recteur de l’UQTR.