Johane Croteau

Une rencontre est prévue jeudi

TROIS-RIVIÈRES — Une rencontre est prévue entre la mère du garçon de 11 ans filmé nu par un camarade de classe qui a ensuite partagé la vidéo sur Internet et la Commission scolaire de la Riveraine, jeudi. La résidente de Bécancour espère que la Commission scolaire va statuer sur le sort des deux élèves.

«Au moins qu’ils nous disent: ‘‘On va le changer d’école ou on va vous changer d’école’’. Mais là c’est encore à nous à dire: ‘‘Bon, vous ne voulez pas nous aider alors on va partir’’.»

Elle trouve que tout le processus est long. «Je ne m’attendais pas à ce qu’il change d’école demain matin, mais en même temps, ils doivent le savoir dans quelle école il reste de la place. Pourquoi attendre jeudi à une rencontre? Je les ai déjà rencontrés. Chaque fois, on me fait des reproches. Le temps qu’ils me reprochent des choses, il n’y a pas de décisions qui sont prises.»

Elle estime que la Commission scolaire banalise le problème. «On ne s’entend pas du tout sur ce qui s’est produit. On compare une tape sur l’épaule avec de la nudité sur Internet. On tente de comparer des pommes et des oranges.»

Encore une fois, elle déplore qu’on tente de lui imposer un plan d’intervention qui ne lui convient pas. «On s’est fait dire que la médiation était la meilleure solution dans ces cas-là. On parle quand même de gestes criminels. Je ne suis pas certaine que ce soit la meilleure solution actuellement. Peut-être dans un mois, dans deux mois, dans trois mois. On ne le sait pas. On voudrait y aller à notre rythme à nous sans qu’on nous l’impose.»

À la Commission scolaire de la Riveraine, on assure qu’on va tenter de trouver une solution en collaboration avec la mère. «Ça va être une rencontre où on s’assoit avec le parent dans un esprit de bien se comprendre et de collaborer ensemble pour le bien de l’enfant», explique Johane Croteau, directrice générale de la Commission scolaire de la Riveraine.

Mais pourquoi ne pas l’avoir fait avant? «Beaucoup de démarches ont été faites avant. Je ne veux pas reprendre le dossier au complet sur la place publique. On va se rasseoir. Ça a besoin d’être repris pour une bonne compréhension de tout le monde du pourquoi des décisions.»

Elle comprend bien que la mère n’est pas d’accord avec la médiation et qu’elle souhaite que les enfants ne soient plus dans la même classe. «Présentement, la solution miracle sans qu’il n’y ait aucune conséquence, elle n’existe pas. Peu importe l’orientation qu’on va prendre, il va y avoir des avantages et des inconvénients. Ce qu’on veut voir avec madame c’est vraiment d’entendre ses besoins, ses éléments de réflexion et on va lui partager les nôtres. Avec ça, on devrait arriver à quelque chose. À tout le moins, je l’espère fortement.»

Elle ne croit pas que la Commission scolaire ait quelque chose à se reprocher dans cette affaire. «Dans ce dossier, je considère qu’il y a eu un bon travail de fait de la part de la Commission scolaire et de la part du parent. On n’est pas à chercher qui a tort, qui a raison. On est à chercher la meilleure orientation à prendre par rapport à la situation actuelle. Chacun a son opinion et c’est assez complexe à gérer. On travaille avec des humains et il y a des émotions là-dedans.»

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, suit le dossier. Du côté de l’opposition officielle, Francine Charbonneau, porte-parole en matière de lutte contre l’intimidation, déplore que le gouvernement Legault n’ait pas assigné le dossier de l’intimidation à un ministre comme c’était le cas sous les libéraux. «C’était une responsabilité ministérielle qui faisait en sorte qu’on pouvait faire bouger plus rapidement les dossiers dans les différentes sphères que touche l’intimidation», estime Mme Charbonneau, qui était ministre responsable des Aînés et de la Lutte contre l’intimidation sous le gouvernement Couillard.

Un choix qui a des incidences, affirme-t-elle. «Le parent se doit d’être entendu et dans un gouvernement où on ne sait pas trop qui s’occupe de l’intimidation, ça doit être encore plus complexe.»

Dans un cas comme celui-ci, elle estime qu’il serait préférable que les deux enfants ne soient plus dans la même classe. «La Commission scolaire devrait tout mettre en place pour faire en sorte que le jeune qui a été intimidé n’ait pas à faire face dans le quotidien de sa journée à un autre jeune [...] qui a été son intimidateur.»

Elle trouve dommage que la présumée victime en vienne à changer d’école. «C’est malheureux que son parent soit obligé de poser un geste aussi fort pour le protéger du regard des autres.»