Guy Julien

Une réelle force d’influence

TROIS-RIVIÈRES — Si le premier ministre François Legault décide de nommer plus d’un ministre dans la région, celle-ci vivrait une première depuis une vingtaine d’années et gagnerait sûrement en pouvoir d’influence auprès du gouvernement.

À la suite de la victoire caquiste, plusieurs observateurs se demandent si la Mauricie aura deux représentants au sein du futur Conseil des ministres du gouvernement Legault. Il est presque acquis que Sonia LeBel, nouvelle députée de Champlain, fera partie de l’équipe ministérielle et il se pourrait que le député trifluvien Jean Boulet se joigne à cette équipe. C’est sans compter sur la possibilité de voir Donald Martel accéder à des fonctions supérieures, lui qui vient de se faire réélire dans Nicolet-Bécancour, une circonscription limitrophe à la Mauricie.

Il faut remonter aux gouvernements péquistes du milieu des années 1990 et du début des années 2000 pour miser sur plus d’un ministre dans la région. Guy Julien, député de Trois-Rivières de 1994 à 2003, a dirigé différents ministères de 1996 à 2003. Jean-Pierre Jolivet, qui a régné sur Laviolette de 1976 à 2001, a été whip en chef du gouvernement, a été leader parlementaire et a dirigé des ministères, notamment de 1994 à 2001. Durant ses trois mandats comme député de Nicolet-Yamaska de 1994 à 2007 (devenue Nicolet-Bécancour en 2012), Michel Morin a été whip en chef du gouvernement de 2001 à 2003.

Tous ces anciens représentants du Parti québécois sont unanimes. Avoir plus d’un ministre dans une région, ça aide. «Ça facilite les dossiers. Tu peux faire certaines choses qu’un député peut avoir de la difficulté à faire, car tu es au pouvoir. Tu participes aux décisions du gouvernement. Donc, tu peux influencer une décision gouvernementale», remarque M. Julien, qui ne serait pas surpris de voir au moins deux députés du coin accéder au Conseil des ministres.

«J’ai été ministre en même temps que Guy (Julien). On avait de l’influence, car on était appuyé par les députés de la région. Si tu as deux ministres, c’est mieux, car ils peuvent s’appuyer l’un sur l’autre. Plus tu as de ministres, mieux c’est!», laisse entendre M. Jolivet.

À titre de whip en chef du gouvernement, Michel Morin a siégé au Conseil des ministres avec Guy Julien. Le whip peut donc participer aux discussions et faire valoir son point de vue.

Jean-Pierre Jolivet

«Un whip au Conseil des ministres, c’est comme un ministre délégué. On a notre mot à dire! Une région qui a plus qu’un ministre a un avantage. Quand tu es au Conseil des ministres, tu es dans le secret des dieux et c’est là que se prennent les décisions.»

Les compétences de Mme LeBel et de Me Boulet ont été abordées durant les entretiens avec Le Nouvelliste. L’apport de Donald Martel à la CAQ est aussi souligné.

«Je connais bien Donald, j’ai fait campagne avec lui en 2007 (M. Martel était alors candidat pour le Parti québécois). C’est un bon citoyen, un bon député qui n’a jamais fait honte à personne. Je souhaite qu’il soit nommé ministre, whip ou leader parlementaire. Je le souhaite pour nous», ajoute M. Morin.

Un parti à restructurer

Tous ces anciens députés péquistes ont connu une soirée électorale difficile, lundi. MM. Julien, Jolivet et Morin avaient peine à croire à une telle déconfiture du PQ.

«Je m’attendais à ce que le PQ ait une vingtaine de sièges et finisse deuxième ou troisième, déclare M. Julien. Le résultat du vote est un message. Le parti doit se restructurer et se rajeunir. Il faut aussi revoir nos façons de faire.»

Michel Morin croit qu’une réévaluation doit être effectuée par le parti. «Il y a encore un bon militantisme au Parti québécois qui a le plus de membres de tous les partis. Le PQ doit définir une orientation et amorcer des négociations avec Québec solidaire.»

Michel Morin

Déçu des résultats électoraux, Jean-Pierre Jolivet appelle les troupes péquistes à retrouver leur calme. «Il faut prendre acte de ce que les citoyens ont dit. Mais on a du temps pour prendre les meilleures décisions. Il faut respirer par le nez. Le Parti québécois est un grand parti et ce n’est pas la première crise qui le secoue.»