Le maire de Saint-Étienne-des-Grès, Robert Landry, préside le comité d’étude sur le regroupement de services de sécurité incendie dans la MRC de Maskinongé.

Une proposition à l’automne 2019

SAINT-ÉTIENNE-DES-GRÈS — Saint-Paulin, Saint-Étienne-des-Grès, Saint-Boniface, Saint-Barnabé, Saint-Mathieu-du-Parc et Sainte-Ursule devraient connaître à l’automne 2019 le résultat d’une étude portant sur un regroupement de leurs brigades de pompiers, un regroupement qui pourrait être mis en place dès le début de 2020.

Ces six municipalités de la MRC de Maskinongé, regroupant une centaine de pompiers, sont les partenaires financières de cette étude. Le but est de miser sur un nombre suffisant de pompiers volontaires qualifiés pour offrir un service de premier ordre aux citoyens tout en diminuant les dépenses reliées à un département qui doit faire face à des exigences gouvernementales de plus en plus nombreuses.

«Le recrutement est très difficile à faire, reconnaît le maire de Saint-Étienne et le président du comité d’étude de regroupement, Robert Landry. On fonctionne avec des pompiers volontaires, mais ce n’est plus comme avant. Tu dois suivre une formation, c’est donné le samedi, t’es en famille recomposée, tu travailles à temps plein. Ça se peut que ça te tente moins. Il faut se regrouper. On réfléchit à la formule pour gérer tout ça.»

Selon M. Landry, Saint-Étienne avait l’habitude d’avoir 20 pompiers dans sa brigade il y a quelques années. En 2018, 16 personnes sont membres de ladite brigade.

Michel Lemay vit la même difficulté de recrutement à Saint-Barnabé. Des 15 pompiers de la localité, la moitié provient de municipalités environnantes.

«C’est arrivé en cours d’année que le camion n’est pas parti pour un appel parce qu’on avait un seul pompier disponible et que ça en prend deux pour partir avec le camion, raconte le maire de Saint-Barnabé. On était en entraide pour une autre municipalité. Heureusement, c’était de fausses alertes. Ça prend du personnel. En se regroupant, on partage les ressources.»

Le phénomène est le même partout, estime Serge Dubé, maire de Saint-Paulin, secrétaire du comité d’étude de regroupement et président du comité de sécurité incendie de la MRC de Maskinongé.

«À Saint-Paulin, on a toujours eu une brigade de 18, 20 pompiers. Actuellement, on est à 15. Tout le monde a de la misère à recruter.»

Six municipalités de la MRC de Maskinongé étudient la possibilité de regrouper leurs brigades de pompiers.

Le comité d’étude de regroupement évalue tous les aspects d’un tel projet: intégration des ressources humaines, organisation du service, mise en commun des équipements, etc.

«Les municipalités doivent savoir comment ce sera géré, comment chacune participera à l’organisation. Il faut connaître les conditions de travail, le plan d’investissement, combien ça coûte, qui va payer et il faut savoir si ce sera déterminé par la population, l’assiette foncière», énumère M. Dubé.

L’étude permettra d’avoir l’heure juste afin de prendre une décision quant à un regroupement sous forme de régie ou de délégation de compétence.

«Un regroupement, c’est un état major avec les mêmes pratiques partout, la même formation, ajoute M. Landry. Avec un regroupement, on peut trouver plus facilement un préventionniste qui aura de l’ouvrage à temps plein. Pour nettoyer les habits des pompiers, on engage quelqu’un qui fait ça en permanence.»

Le comité contacte d’autres municipalités dont les services ont été regroupés afin d’apprendre de leur expérience et d’obtenir leur appréciation d’une telle orientation. Selon les commentaires recueillis, des économies sont envisageables à long terme.

«Où il y a eu des regroupements, le service s’améliore et les coûts de revient diminuent au fil des années. Dans nos six municipalités, il y a 18 officiers. Ils ne voudront pas perdre leur salaire. On va commencer avec la même masse salariale, mais on va réduire (les coûts) avec l’attrition», mentionne Serge Dubé, en soulignant que cette orientation se fait en respect des personnes en place.

Ce n’est pas d’hier que la volonté de regrouper des services de protection contre les incendies mijote dans la tête de plusieurs maires de cette MRC. Le lancement d’une étude concernant le projet de réunir ces services sous une même entité et les coûts qui y sont associés ont notamment amené certaines municipalités à délaisser le projet. Louiseville, Saint-Justin, Saint-Édouard-de-Maskinongé, Saint-Léon-le-Grand et Saint-Sévère ne sont plus de l’aventure.

En plus de la contribution des six municipalités, ce projet évalué à 150 000$ profite d’une aide allant jusqu’à 50 000 $ de la part du ministère de la Sécurité publique et d’un appui de 50 000 $ de la MRC de Maskinongé. Ce plan sera soumis aux six municipalités, mais d’autres membres de la MRC de Maskinongé pourront joindre le mouvement, assure Robert Landry.

«Notre idée est d’avoir le plus de monde possible.»