Frédéric Dion, Jacob Racine et Daniel Barriault ont dû porter leur vélo et leur équipement jusqu’à 1000 m d’altitude après avoir débarqué sur la côte chilienne, avant de rejoindre une route carrossable.
Frédéric Dion, Jacob Racine et Daniel Barriault ont dû porter leur vélo et leur équipement jusqu’à 1000 m d’altitude après avoir débarqué sur la côte chilienne, avant de rejoindre une route carrossable.

Une première semaine d’aventure terminée pour Frédéric Dion

Matthieu Max-Gessler,  Initiative de journalisme local
Matthieu Max-Gessler, Initiative de journalisme local
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — C’est une première semaine forte en défis qui se terminait dimanche pour les aventuriers Frédéric Dion, Jacob Racine et Daniel Barriault. Les trois comparses ont quitté le Québec le 27 novembre pour débarquer sur la côte Pacifique de l’Amérique du Sud et traverser le continent en vélo, jusqu’à son centre.

«Ce sont des journées intenses, on en discutait d’ailleurs aujourd’hui (dimanche). On a tous fait des expéditions avant, mais on est tous les trois d’accord que ce sont les journées les plus intenses qu’on a vécues jusqu’à présent. Hier (samedi), on est montés de 2400 à 4300 mètres d’altitude, donc plus de 2000 mètres d’ascension dans la journée», décrit Frédéric Dion.

Le trio ne voulait pas se contenter de pédaler pour cette expédition. Les trois hommes sont montés à bord d’un bateau de pêcheurs et ont plongé à l’eau à proximité de la côte chilienne. Ils ont nagé jusqu’au rivage... avec leur vélo et leur équipement.

«Les pêcheurs étaient ahuris de nous voir faire ça. Ils n’y croyaient pas», s’amuse Frédéric Dion.

Les aventuriers riaient moins, toutefois, après avoir passé 20 minutes à nager dans des eaux houleuses. D’autant plus que ce n’était pas une plage qui les attendait, mais une falaise à escalader. Le trio a dû se hisser en s’accrochant aux algues qui pendaient des rochers, en évitant de s’écraser contre les récifs. Ils ont poursuivi leur ascension jusqu’à 1000 mètres d’altitude avant de rejoindre une route praticable en vélo.

Un aperçu des côtes escarpées sur lesquelles ont débarqué les trois aventuriers.

Un premier désert

Les trois comparses se sont ensuite attaqués au désert d’Atacama, où d’autres inconvénients les attendaient. Principalement, celui de la chaleur. «Le mercure est monté à 35, 36 et même 37 degrés. En plus, on est au moment de l’année où il n’y a pas d’ombre quand le soleil est au zénith. Une journée, on a été obligés de s’arrêter. On s’est installé une toile sur un poteau de téléphone pour tenir deux heures, le temps que le soleil baisse un peu et que le vent se lève», décrit Frédéric Dion.

Juchés sur leur vélo, les aventuriers ont aussi dû circuler sur des routes en montagne qui sont loin d’être aussi sécuritaires que les nôtres. «On déconseille à tout le monde de faire ça, lance Jacob Racine. Ça descendait tellement à pic, en lacets et il n’y avait pas d’accotement. On se faisait constamment frôler par des camions qui descendent à toute allure.»

Heureusement, les Chiliens ont jusqu’à présent été fort accueillants, les saluant et les klaxonnant pour les encourager. On ne peut pas en dire autant de la faune locale, particulièrement les chiens. Sur une vidéo publiée sur la page Facebook de Frédéric Dion, on voit l’une de ces bêtes tenter de s’en prendre aux cyclistes, qui ont dû le repousser en l’aspergeant d’eau. «Dans le désert, ce n’est pas encore si pire, mais on sait que dans une semaine, ça va être un grand danger pour nous. Dans les villages, s’il y a des chiens, on ne pourra pas toujours se tasser, parce qu’on ne veut pas foncer dans une voiture», concède l’aventurier.

Du Chili à la Bolivie

Maintenant que la traversée du désert d’Atacama est terminée, il ne reste que 29 km aux aventuriers à franchir avant de quitter le Chili pour rejoindre la Bolivie. D’ici la fin de leur aventure, qui a pour but d’atteindre le pôle intérieur du continent, au Brésil, ils auront à traverser le plus grand désert de sel au monde, le Salar de Uyuni. «Le plus gros défi va être la gestion de l’eau. Si tu as une poche d’eau qui se vide, comme c’est arrivé hier (samedi), ça va être problématique. Et s’il mouille, ça va devenir de la boue de sel, je n’ose pas imaginer ce que ça serait. Mais on est des gars chanceux, ça n’arrivera pas», assure Frédéric Dion.

Les compères devraient amorcer la traversée de ce désert après Noël. Pour ne pas manquer d’eau, ils devront garder précieusement chaque goutte, même leur eau de vaisselle. D’ici là, les trois aventuriers profitent des moments où ils peuvent se nourrir et s’hydrater à satiété, comme c’était le cas, dimanche soir. «C’est le premier repas qui n’est pas un repas de camping de fortune», se réjouit Frédéric Dion.

Frédéric Dion, fier de montrer que son vélo flotte, malgré la cinquantaine de kilogrammes d’équipement qu’il transporte.

Avant d’arriver à leur destination, les aventuriers devront aussi se fabriquer un radeau de fortune et descendre à son bord une rivière à la source du fleuve Amazone. Pour financer leur expédition, les trois comparses comptent notamment sur une campagne de sociofinancement. Ils espèrent recueillir 50 000 $. Il est possible de suivre leur aventure sur le site internet de Frédéric Dion et les réseaux sociaux.