Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Le député de Bécancour-Nicolet-Saurel, Louis Plamondon.
Le député de Bécancour-Nicolet-Saurel, Louis Plamondon.

Une première pour Louis Plamondon

Sébastien Lacroix
Sébastien Lacroix
Le Nouvelliste
Article réservé aux abonnés
Nicolet — Louis Plamondon a vécu une première en 36 ans de carrière, alors qu’il a été nominé dans deux catégories par le prestigieux journal McClean’s qui a remis ses prix aux meilleurs parlementaires de l’année, mardi soir.

Le député de Bécancour-Nicolet-Saurel a en effet été considéré comme le «meilleur mentor» et le «meilleur représentant de ses citoyens» dans le cadre d’un vote mené auprès de l’ensemble des députés de la Chambre des communes et qui tient compte de leur allégeance. Il n’a finalement pas gagné puisqu’il a été coiffé par Charlie Angus du NPD et Shannon Stubbs des conservateurs, mais il était tout de même très flatté d’avoir été choisi.

Surtout dans la catégorie de meilleur représentant de ses citoyens. Un rôle qui lui tient particulièrement à cœur, lui qui s’implique énormément dans la communauté. «Être nominé dans cette section-là, c’est ce que j’apprécie le plus. Parce que depuis que je suis en politique, j’essaie d’être le plus près de mes citoyens et le plus attentif à leurs besoins, souligne-t-il. Ça m’a touché beaucoup que les gens s’en soient aperçus.»

Pour ce qui est d’être un bon mentor, il faut dire qu’il a un gros avantage, étant le doyen de la Chambre des communes depuis déjà 12 ans. Si bien que même les députés des autres partis se réfèrent à lui. «J’ai beaucoup de demandes de conseils et moi ça me fait plaisir. Je leur dis comment je fonctionne», mentionne le député du Bloc Québécois.

«Je donne aussi un cours aux nouveaux députés quand ils arrivent. Je leur donne 36 trucs sur comment être présent dans son comté et comment être attentif. C’est un document d’une trentaine de pages. Je leur dis, par exemple, que si un club de hockey de jeunes de votre comté gagne un tournoi, appelez le coach et demandez le nom de chaque joueur. S’ils sont 15, envoyez 15 certificats qu’il va remettre aux joueurs. Ils amènent ça chez eux et les parents apprécient ça. Toutes sortes de petits trucs pour s’intéresser à ce que les gens font dans leur quotidien, raconte Louis Plamondon. Quand t’arrives à une élection serrée, ça fait la différence. Moi je l’ai vécu avec la vague orange (rire).»

Celui qui est reconnu pour être un député de terrain admet qu’il se sent actuellement comme un lion en cage avec l’interdiction de se rassembler. «Je souffre le martyre, rigole-t-il. J’ai été habitué depuis 35 ans à faire entre huit à douze cérémonies par fin de semaine. Là-dessus, je ne compte pas les salons funéraires. Et tout à coup, ça arrête complètement.»

«C’était ma marque de commerce ça, ma présence et l’attention. Je ne peux pas y aller et il n’y a pas d’invitation. Il n’y a plus de tournois de pétanque, plus de réunions de l’Âge d’or, de spectacles à aller voir, ni de soupers-bénéfices, se désole-t-il. Moi les séries télévisées, je ne connaissais pas ça beaucoup. J’écoutais les nouvelles et c’était à peu près tout.»

Le jour, il se tient occupé autant qu’il peut en se rendant au bureau pour répondre au téléphone, prendre les courriels et siéger à distance. «C’est le soir que je tourne en rond. La fin de semaine aussi. Je lis, je prends des marches et je pense à mes cérémonies que je n’ai pas. Là je me dis, ah oui, ce serait le souper pour le centre de santé à Nicolet. Si c’était normal, je serais à telle place ce soir, témoigne-t-il. Ça me manque beaucoup.»

«Je me suis adapté à ça pour mon travail parlementaire, mais pour ce qui est de mon travail communautaire, dans mon comté, je n’ai pas trouvé de moyens à part que de téléphoner à du monde pour jaser.»

François-Philippe Champagne: un ministre plus accessible

Louis Plamondon a également commenté la nouvelle du jour à Ottawa. Il croit que le remaniement ministériel qui a fait passer François-Philippe Champagne au ministère de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie en fera un personnage plus accessible.

Il croit que comme il est un excellent communicateur, Justin Trudeau préférera l’avoir sur le terrain plutôt que de le voir partir pour une conférence à Berlin ou une visite en Chine.

«Comme c’est un ministère à vocation économique, ça justifie beaucoup de visites dans les régions, d’aller dans une industrie, pour annoncer une subvention, de visiter une nouvelle entreprise, inaugurer un agrandissement, soutient-il. Les maires de la Mauricie vont peut-être dire qu’on a plus de facilité d’avoir une écoute de sa part. Parce que c’est vraiment un ministère de terrain par rapport à un ministère qui était très international et philosophique. C’était loin de la réalité des gens.»

Le député de Bécancour-Nicolet-Saurel ne croit toutefois pas que le fait qu’il soit ministre pourra faciliter la réalisation de projets à vocation économique dans la région. «À Québec, les ministres interviennent et priorisent les dossiers, mais à Ottawa tout est normé, rappelle-t-il. Si tu réponds aux critères, tu l’as. Si tu ne réponds pas aux critères, tu ne l’as pas. Le ministre peut toujours s’informer d’un dossier. Ce qui force les fonctionnaires à l’analyser un peu plus rapidement pour donner une réponse qui soit bien articulée, mais je ne pense pas que ça peut provoquer un grand changement.»