Une pratique chargée d’émotion

SHAWINIGAN — Le brouillard se dissipait tout doucement sur le lac lorsque les 110 Roses ont entamé leurs premières brasses dimanche matin au parc national de la Mauricie dans le cadre de la pratique générale des Défis du Parc.

Vêtues d’un ensemble rose flamboyant, les femmes ont pris part à cette pratique avant d’effectuer le vrai triathlon des Défis du Parc qui aura lieu le 9 septembre prochain. «Nous avons 150 Roses inscrites au triathlon et, ce matin, 110 d’entre elles ont pris part à cette pratique avant le grand jour. C’est d’ailleurs le seul triathlon homologué où les participants ont droit à une générale», raconte Marie-Josée Gervais, directrice générale des Défis du Parc national de la Mauricie et cofondatrice du Défi des Roses.

Nager, pédaler et courir pour se dépasser
Quelques minutes avant le départ de l’épreuve du 500 m de nage, la nervosité et la fébrilité étaient palpables chez les participantes. Céline Duval était l’une d’entre elles. «Il y a un an, je ne savais même pas nager! Je m’étais promis qu’à ma retraite j’apprendrais à nager, mais je l’ai fait avant. J’ai suivi plus de 70 leçons de natation cette année, je voulais vraiment faire ce défi et me dépasser» lance-t-elle les yeux brillants.

Dix minutes plus tard, les premières participantes arrivaient sur l’autre rive du lac après avoir effectué leur 500 m de nage. Les lunettes de plongée embuées, les joues rougies par l’effort et le souffle court, Sylvie Gibeau n’en revenait pas. «Je l’ai fait! Je suis fière de moi», s’est-elle exclamée en se dirigeant au pas de course vers son vélo. Pour sa part, Carole Loiselle en était à son tout premier triathlon. «C’est vraiment formidable. Les Roses sont super bien organisées, nous avons été bien encadrées, je me sens en pleine confiance», glisse-t-elle avant d’enfourcher son vélo pour la seconde épreuve.

Propulsées par l’adrénaline et très concentrées, les participantes ont entamé la seconde épreuve avec une montée qui s’étend sur plus d’un kilomètre. Le départ n’avait rien de facile, les participantes ont souffert, mais la motivation était au rendez-vous pour compléter ces 6 km de vélo. Finalement, le trajet s’est terminé par une pente descendante et a permis aux athlètes de reprendre leur souffle et d’emmagasiner leur énergie pour la toute dernière épreuve, la course.

Un bref changement de souliers et c’était un départ pour la dernière partie du triathlon, la course. Au total, c’est un 5,5 km bien senti que devaient parcourir les participantes en forêt. «C’est un parcours très difficile et montagneux. Il y a une bonne montée au départ, c’est un parcours costaud», affirme Mme Gervais. Elle ajoute que cette étape est un réel défi, mais que le paysage est magnifique. «Il y a un prix à payer pour toute cette beauté», lance-t-elle en souriant.

Une préparation de dix mois
Cela fait maintenant plus de dix mois que ces femmes se préparent. Le mouvement LES ROSES a pour mission d’aider les femmes à intégrer l’activité physique dans leur vie. Elles ont une rencontre mensuelle et un programme de mise en forme sur dix mois qui les préparent chaque année à relever un nouveau défi et cette année c’est un triathlon qu’elles feront dans le cadre des Défis du Parc national de la Mauricie.

Une édition inédite
«C’est la première fois au Canada qu’un triathlon homologué se tient dans un parc national. C’est une édition inédite qui n’arrivera qu’une seule fois», souligne Mme Gervais. En effet, comme le parc national de la Mauricie est en réfection majeure, les Défis du Parc ont été déplacés dans le secteur Saint-Mathieu. Cependant, même si le site est idéal et que le paysage est à couper le souffle, il sera impossible de répéter l’expérience à cet endroit. «Notre capacité d’accueil est trop petite. Nous ne pouvons pas recevoir autant de personnes que dans l’autre secteur», explique la directrice générale.

Une relève assurée
Un des moments forts de la journée est l’arrivée des Roses junior sur la ligne de départ pour la portion natation à 8 h 20. En effet, autre nouveauté, les filles des membres des Roses, âgées entre 7 et 14 ans, ont eu droit à leur propre triathlon dimanche.

Sur la berge, les parents étaient à la fois nerveux et fiers de voir leurs filles prendre part au défi. «Ce matin, lorsqu’elle s’est réveillée, elle avait des papillons dans le ventre. Elle était aussi excitée. Elle m’a dit: Je suis prête à manger le Parc», raconte Chantal Paillé, la maman d’Ophélie Beaudoin, 10 ans. Vêtue de sa combinaison en néoprène, Ophélie était prête à affronter la première distance de 200 m de nage. «Je suis très fière d’elle. Nous nous entraînons depuis dix mois. Elle a vraiment développé sa persévérance et ce n’était pas acquis. C’est une belle valeur qu’elle a développée», confie Mme Paillé.

Chantal Paillé et sa fille Ophélie Beaudoin.

En très peu de temps, les premières Roses junior ont complété la première épreuve. Au pas de course, elles se sont dirigées vers leur vélo pour la seconde épreuve le 6 km de vélo. Vicky Lahaie accompagnait ses trois filles, Méganne 10 ans, Rosalie 8 ans et Sarah 7 ans. «Ça a bien été, ce n’était pas trop difficile», a lancé Sarah, la cadette de la famille, à sa sortie du lac. Quelques secondes plus tard, les trois sœurs accompagnées de leur mère ont entamé la première montée de vélo. Finalement, au terme des deux premières épreuves, les minis ont complété le triathlon avec un 2 km de course.

Sarah 7 ans et ses deux sœurs qui entament la première montée de vélo.

À 17 jours des Défis du Parc, cette pratique générale a été déterminante pour les participantes. Elles ont eu la chance de confronter leurs appréhensions et leurs peurs avant le grand jour et de corriger certains éléments. Pour les minis, cette journée restera sans aucun doute longtemps gravée dans leur mémoire. Une journée où elles ont repoussé leurs limites et où elles ont démontré énormément d’endurance et de persévérance malgré leur jeune âge.