Charles Fontaine a lancé une pétition pour la sauvegarde du boisé des Estacades.

Une pétition pour sauver le boisé des Estacades

TROIS-RIVIÈRES — La mise en vente du boisé des Estacades pour y bâtir un développement domiciliaire ne passe clairement pas le test auprès d’une partie de la population. Une pétition mise en ligne lundi soir à 18h afin de demander que la Ville prenne des mesures pour protéger cet espace vert a recueilli plus de 5500 signatures en moins de 24 heures sur le site change.org.

L’instigateur de cette pétition, Charles Fontaine, entend d’ailleurs la présenter au conseil municipal mardi prochain. Bien qu’il ne réside pas dans le secteur, M. Fontaine s’y rend fréquemment pour se promener et utiliser les différents sentiers aménagés sur ce terrain privé. Il estime que le lieu, tant agréable que gratuit, devrait être conservé dans son intégralité, quitte à ce que ça se traduise par l’achat du terrain par la Ville de Trois-Rivières afin qu’il soit préservé en parc.

«J’ai lancé la pétition parce que je voulais rendre tangible l’inquiétude des citoyens. En parallèle, je suis en communication avec des organismes de la Ville afin de trouver des solutions à proposer pour qu’on puisse travailler de manière constructive avec la Ville», indique M. Fontaine, qui ne cache pas que selon lui, le scénario idéal passerait par l’achat pur et simple de ce terrain par la Ville de Trois-Rivières.

«L’achat serait le scénario idéal, parce que ça nous permettrait de rendre ce boisé complètement public et de le conserver en parc. Il y a plusieurs enjeux en lien avec ça. Mis à part le côté social et récréatif, il y a lieu de se poser des questions sur la conservation des berges, qui sont dans un état critique le long de la rivière. Par ailleurs, de conserver une forêt au cœur de la ville permettrait de préserver la qualité de l’air, dans une ville qui ne se positionne déjà pas très bien au niveau canadien sur ce plan», renchérit M. Fontaine.

Il existe en effet des précédents très récents au Québec. Cette semaine, le conseil municipal de Beaconsfield a fait l’acquisition, pour 14 M$, d’un terrain de 78 500 mètres carrés dans le boisé Angell pour des fins de parc. L’acquisition sera assumée par l’ensemble des Montréalais, pouvait-on lire mardi sur le site Internet de l’Union des municipalités du Québec.

Des conseillers municipaux de Trois-Rivières ont par ailleurs poursuivi la réflexion quant à ce projet, et entendent ramener ce point à discuter lors de la prochaine séance de travail, mardi prochain. Le conseiller municipal François Bélisle a directement interpellé les citoyens sur Facebook en demandant: «Que devrait être l’approche de notre ville dans ce type de dossier? Laisser faire le privé en autant qu’il respecte les réglementations en vigueur? Interdire complètement ce développement? Acheter la propriété (à coup de $$$) pour maintenir l’usage de la population du secteur? Accompagner de façon proactive le promoteur dans son développement de façon à maximiser un espace vert de qualité accessible à la population?»

Appelé à clarifier sa position, M. Bélisle a indiqué que les quatre options étaient toutes légitimes, dépendamment du point de vue de chacun. «Nous devons porter attention aux demandes de nos citoyens et agir par la suite dans l’intérêt global de notre ville. Ce qui est important de savoir c’est que les deniers publics ne poussent pas dans les arbres, mais dans les poches des contribuables, et que lorsqu’une Ville fait un choix budgétaire, il se fera au détriment d’un autre», ajoute-t-il.

La conseillère du district des Forges, Mariannick Mercure, avait pour sa part fait connaître sa réticence lors de la dernière réunion de la Commission sur le développement et l’aménagement urbain. Le projet a été présenté à ce groupe de travail par les fonctionnaires, afin de pouvoir présenter une recommandation au conseil municipal. «Je me suis opposée à ce qu’on en fasse une recommandation au conseil parce qu’à mon avis, on brûle les étapes. La première étape, avant même d’en arriver à une résolution, ce serait d’informer adéquatement la population et ensuite de la consulter. J’y crois, et j’y tiens mordicus», lance-t-elle.