Plusieurs automobilistes qui circulent sur la rue Sainte-Marguerite, non loin de la côte menant au pavillon Michel-Sarrazin de l’UQTR, ne respectent pas la loi en vigueur, donnant priorité aux piétons aux passages piétonniers.
Plusieurs automobilistes qui circulent sur la rue Sainte-Marguerite, non loin de la côte menant au pavillon Michel-Sarrazin de l’UQTR, ne respectent pas la loi en vigueur, donnant priorité aux piétons aux passages piétonniers.

Une pétition pour… faire respecter la loi

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVÈRES — Des étudiants de l’UQTR en ont plus qu’assez de voir que les automobilistes qui circulent sur la rue Sainte-Marguerite, non loin de la côte menant au pavillon Michel-Sarrazin, ne respectent pas la loi en vigueur, donnant priorité aux piétons aux passages piétonniers. Par le biais d’une pétition, plusieurs d’entre eux réclament maintenant que des panneaux d’arrêts soient installés, ou que d’autres mesures soient prises à cet endroit afin d’assurer la sécurité des étudiants qui traversent quotidiennement cette artère pour se rendre à leurs cours.

«Ce n’est pas rare de voir des étudiants essayer de traverser à cet endroit et même se faire klaxonner par des voitures qui ne veulent pas ralentir, alors que ces automobilistes sont carrément en infraction», constate Mei-Lissa Goudreau-Thibaudeau, qui a initié la pétition sur le site Change.org. Lundi soir, près de 24 heures après sa mise en ligne. La pétition avait déjà récolté plus de 250 signatures. Rappelons que la nouvelle loi en vigueur au Québec stipule qu’aux passages pour piétons, les automobilistes sont tenus de s’immobiliser afin de laisser passer un piéton qui démontre son intention de traverser la rue.

Or, dans une vidéo publiée sur YouTube afin d’appuyer leurs propos, les étudiants ont démontré qu’à cette intersection, la loi est très loin d’être respectée. Tournée vendredi dernier aux heures de pointe, on y voit plusieurs étudiants arrivant des rues avoisinantes et attendant au coin du passage piétonnier sans jamais être en mesure de pouvoir traverser, alors que des dizaines de voitures passent sans se soucier de leur présence. Cette artère étant à deux voies, certains automobilistes tentent à des moments de s’immobiliser pour les laisser passer, mais les voitures dans l’autre voie ne respectant pas cette loi, décident de poursuivre leur route étant donné que le piéton n’est de toute façon pas en mesure de traverser.

Mme Goudreau-Thibaudeau indique qu’une pétition pour une semblable demande aurait circulé et récolté plus de 300 signatures il y a environ cinq ans, mais que rien n’a été fait. Toutefois, la loi a été changée depuis, et les piétons ont maintenant priorité.

La police de Trois-Rivières dit être au fait de la problématique dans ce secteur. «Nous avons été interpellés par des étudiants via nos réseaux sociaux il y a environ un mois, et nous avons accentué la surveillance dans ce secteur. Effectivement, des constats d’infraction ont été remis. D’ailleurs, je sais que nous avions une patrouille qui devait assurer la surveillance dans ce secteur ce matin», a expliqué, lundi, le sergent Luc Mongrain, porte-parole de la Direction de la police de Trois-Rivières, qui ajoute que ce passage piétonnier a été identifié, comme plusieurs autres sur le territoire, comme représentant un point d’intérêt.

À la Ville de Trois-Rivières, on dit entendre la demande des étudiants et la considérer, ce secteur ayant été identifié comme étant problématique. Toutefois, des mesures autres que l’implantation de panneaux d’arrêts devront être considérées, explique le porte-parole Guillaume Cholette-Janson.

«La rue Sainte-Marguerite est une artère où passent 8000 véhicules par jour. L’ajout de panneaux d’arrêts doit répondre à un ensemble de normes et de critères, notamment élaborés par le ministère des Transports du Québec. La circulation sur les rues transversales à cette hauteur ne justifierait pas qu’on installe des panneaux d’arrêts sur quatre côtés, selon ces normes. Même chose pour un dos d’âne, puisqu’il s’agit d’une route de livraison et que ce ne serait pas viable. Par contre, ça ne veut pas dire qu’il n’existe aucune autre mesure», indique-t-il.

Parmi les mesures qui pourraient être envisagées, et qui ont d’ailleurs déjà été mises en place dans d’autres secteurs avoisinants, il y a des avancées de trottoirs de même que des poteaux temporaires qui permettent de créer un goulot forçant le ralentissement de la circulation. Ce sont là des mesures qui seront étudiées par le conseil municipal, qui devrait être saisi de la demande des étudiants dans une prochaine séance publique, alors que la pétition leur sera remise. Le conseil municipal l’étudiera au même titre que plusieurs autres secteurs problématiques pour lesquels des budgets ont été prévus dès l’année 2020.

M. Cholette-Janson rappelle toutefois qu’à la base, un automobiliste qui ne s’immobilise pas à un passage pour piétons lorsqu’une personne souhaite traverser la rue commet une infraction au code de la sécurité routière, une surveillance assurée par la police de Trois-Rivières. «C’est un problème un peu partout au Québec depuis l’entrée en vigueur de cette loi, et c’est un message qu’on doit sans cesse marteler», reconnaît-il, rappelant que la Ville et la police ont conjointement mené une opération de sensibilisation l’été dernier sur le sujet.