Mylène Carpentier et sa fille Éva-Rose Racicot.

Une pétition pour davantage de places en CPE

Shawinigan — Pour bien des parents, trouver une place en garderie, qu’elle soit publique ou privée, pour leur poupon représente tout un défi. Alors que la date de retour au travail approche à grands pas, une jeune mère de Shawinigan peine à trouver une place pour sa fille. Devant cette situation, Mylène Carpentier a lancé une pétition demandant au gouvernement d’améliorer l’accès aux services de garde pour les poupons.

Actuellement en congé parental, Mylène Carpentier veille à ce qu’Éva-Rose, sa petite de huit mois, se développe bien et ne manque de rien. Une partie de son temps est toutefois consacré à la recherche d’une place en garderie. Jusqu’à maintenant, elle n’y arrive pas. Voyant arriver le mois de juin rapidement, moment de son retour au travail, Mylène Carpentier commence à quelque peu désespérer.

«Je regarde toutes les possibilités, même pour septembre. Et présentement, il n’y a aucune disponibilité», confie la mère de la petite Éva-Rose. «Autant dans les garderies subventionnées que non subventionnés, il n’y a aucune place pour les poupons.»

Mylène Carpentier affirme que sa petite famille n’est pas la seule à vivre une telle situation. Plusieurs personnes de son entourage ont aussi bien du mal à dénicher une place pour leur enfant, les forçant, dit-elle, même à mettre leur carrière sur pause. Le réseau public de service de garde avait pourtant été créé pour permettre aux parents, mais surtout aux mères, de retourner sur le marché sur travail après la naissance d’un enfant.

«J’en connais beaucoup qui ont dû démarrer leur propre garderie, car elles ne trouvaient pas de place. D’autres ont abandonné leur emploi pour devenir mères au foyer. Ce sont des choses que les gens regardent lorsqu’ils ne trouvent pas de places. Mais ça dépend ce que tu veux faire aussi dans la vie. J’adore ma fille et j’aimerais ça rester avec elle, mais on a d’autres obligations», note la jeune femme. «Je connais des infirmières dans la région de Shawinigan et Mékinac qui n’ont toujours pas de place en garderie et elles retournent au travail en mai.»

C’est en voyant qu’elle n’était pas la seule à se buter à un manque de place en CPE ou en garderie privée pour les poupons qu’elle a décidé de lancer une pétition qui permettrait d’améliorer l’accès aux services de garde. La pétition «Problématique places poupons en garderie» se retrouve sur le site Internet Care2. Avant la publication de cet article, près de 130 personnes l’avaient déjà signé. «Je souhaitais en lançant la pétition regrouper les gens pour avoir un plus gros pouvoir», soutient-elle.

Même s’il manque de places pour les poupons dans les Centres de la petite enfance (CPE), Mylène Carpentier tient le réseau en haute estime. Elle croit que les programmes éducatifs et les éducatrices du réseau public sont de grande qualité. «On a un bon système. Le personnel a le coeur sur la main et c’est bien géré. Il y a un manque de place, tout simplement», dit-elle.

Alors que le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) souhaite augmenter le nombre de classes pour les maternelles 4 ans, Mylène Carpentier se demande si les besoins sont véritablement à cet endroit. «Est-ce que le premier ministre François Legault s’est promené en région pour connaître la problématique? Est-ce que c’est vraiment des maternelles 4 ans que nous avons besoin? Ou rendre les CPE plus accessibles?», se demande-t-elle.

Le ministre reconnaît la pénurie de place

Dans un courriel, le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a d’emblée affirmé reconnaître qu’il manquait de places en garderie. Il a d’ailleurs précisé «qu’il y a des besoins partout au Québec». «Je suis sensible aux préoccupations des parents qui attendent une place pour leur enfant dans le réseau des services de garde et je tiens à les rassurer, nous sommes déjà à l’oeuvre pour améliorer le développement et l’accessibilité aux services de garde éducatifs, notamment en ce qui concerne les poupons», a répondu par courriel le ministre Lacombe à la suite d’une demande d’entrevue du Nouvelliste.

Le ministre de la Famille confirme qu’il y a actuellement «42 000 enfants qui sont en attente sur une liste d’attente». «J’ai d’ailleurs annoncé le 20 février dernier, un plan d’accélération et de développement de 13 500 places en services de garde éducatifs», a ajouté le ministre, également député de Papineau. «Dans ce plan, nous allons créer, entre autres, des places pour les poupons.»

Le ministère de la Famille mentionne que sur les 36 877 poupons qui fréquentaient les services de garde en 2017-2018, 42,4 % étaient dans un CPE, 41,3 % en milieu familial et 16,3 % en garderies privées.

Le développement des maternelles 4 ans se fera «de manière complémentaire et non pas en opposition au développement du réseau des services de garde éducatif», précise le ministre. «C’est une offre de service de plus pour les parents qui auront le choix», a noté le ministre Mathieu Lacombe. «Un enfant sur quatre qui entre en maternelle 5 ans présente une vulnérabilité dans au moins un des cinq domaines de développement. Rappelons également que 156 000 enfants (0-4 ans) sont hors réseaux, dont 20 % sont âgés de 4 ans. Il est important aussi de rejoindre ces enfants.»