La députée de Laviolette-Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif.

Une pétition non conforme selon l’Assemblée nationale

SHAWINIGAN — La députée de Laviolette-Saint-Maurice se défend bien d’avoir refusé de parrainer une pétition du groupe Shawinigan citoyens avertis demandant à Québec de vérifier la gestion financière de la Ville de Shawinigan. Marie-Louise Tardif affirme que les instigateurs de la pétition, qui aurait déjà recueilli près de 1000 signatures, n’ont pas voulu modifier le libellé de la pétition pour répondre aux critères de l’Assemblée nationale.

«Je n’ai aucunement refusé de porter cette pétition», soutient la députée de la Coalition avenir Québec qui voulait revenir sur les affirmations des instigateurs de la pétition.

Cette pétition qui demande à Québec d’analyser les finances de la municipalité a été envoyée à la députée pour qu’elle soit mise sur le site de l’Assemblée nationale. Rappelons que cette dernière n’a pas à être en accord avec les propos de la pétition pour la parrainer. Les députés qui parrainent des pétitions le font généralement pour permettre à une initiative encadrée par les règles démocratiques de voir le jour.

Toutefois, Marie-Louise Tardif soutient que le libellé ne respectait pas les règles d’admissibilité. «Il y avait quelques mots que ne respectaient pas les règles», précise-t-elle. «L’Assemblée nationale m’a retourné la pétition en biffant des mots qui ne convenaient pas. [...] J’ai dit aux instigateurs que ça me ferait plaisir de déposer cette pétition si ces mots étaient retirés.»

Essentiellement, il s’agit de qualificatifs utilisés dans le libellé de la pétition qui ne passaient pas à l’Assemblée nationale. Par exemple, la pétition affirme que «le fardeau fiscal des citoyens de Shawinigan atteint des niveaux intolérables». Or, le qualificatif «intolérable» constitue un jugement de valeur et n’est pas autorisé dans une pétition en vertu des règles actuelles.

De plus, la phrase «au fil des ans, les citoyens assistent impuissants à la multiplication des dépenses pour différents projets jugés non prioritaires» posait aussi problème. «Ça devient des états d’âme. Ça ne fait pas partie d’un considérant», ajoute Marie-Louise Tardif.

La députée a proposé ces changements aux instigateurs de la pétition, mais ceux-ci ont préféré ne pas faire de changement. «Ces modifications ne changeaient en rien le contenu et l’essence de la pétition», précise la députée de Laviolette-Saint-Maurice. «Nous avons reçu par la suite un courriel d’une des initiatrices qui nous disait que le groupe avait décidé de retirer leur demande de dépôt de pétition.»

Dépassements de coûts à Lac-à-la-Tortue

Lors d’une conférence de presse tenue mardi à Shawinigan, le maire Michel Angers a dévoilé l’ampleur des dépassements de coûts pour le chantier d’installation d’un réseau d’égout et d’aqueduc dans le secteur Lac-à-la-Tortue. Évalué à l’origine à 44,4 millions $, ce projet a entraîné jusqu’à maintenant des dépassements de coûts de 6,8 millions $.

Michel Angers a entamé des discussions avec Marie-Louise Tardif ainsi qu’avec le ministère des Affaires municipales pour que s’applique la subvention de 83 % pour l’ensemble des travaux.

«C’est présentement à l’étude. J’ai contacté la ministre des Affaires municipales pour lui en parler», soutient Mme Tardif qui estime que les entreprises fautives devront être imputables.

«S’il y a eu des erreurs et les dépassements de coûts sont dus à des situations qui ne pouvaient pas être connues, c’est une chose. Mais si ce sont des erreurs humaines qui font que ça entraîne des dépassements de coûts par rapport à un mauvais tracé, une mauvaise décision ou une mauvaise planification par l’entrepreneur qui fait les travaux, ce n’est pas vrai que l’argent des citoyens doit servir à ça.»