Patrick Lacroix est éleveur de chevaux et taureaux de rodéo.

«Une passion et non un gagne-pain»

SAINT-TITE — «Ceux qui ont observé les pratiques et rédigé le rapport, j’aimerais qu’ils viennent passer un mois complet avec mes bêtes et moi. Ils verraient comment ça se passe réellement».

Patrick Lacroix digère bien mal les conclusions du rapport du comité d’observateurs. Celui qui élève des taureaux de rodéo et s’occupe également de chevaux de compétition ne reconnaît pas du tout les pratiques de son milieu dans ce qu’il a pu lire et entendre des conclusions du rapport.

Éleveur par passion, Patrick Lacroix vit réellement de ses créations faites à partir du cuir et portées par les cowboys, comme des jambières par exemple. Il est également responsable de ceux qui prennent soin des animaux dans les chutes du rodéo du Festival western, en plus d’entretenir une soixantaine de bêtes pendant toute l’année dans sa ferme de Saint-Séverin ainsi qu’à Saint-Tite. Sa vie professionnelle a toujours tourné autour du sport du rodéo.

«Pour les fins de leur rapport, ils ont sélectionné une dizaine d’images, sur dix jours d’activités. Ce n’est absolument rien et ça donne une fausse impression à ceux qui ne sont jamais venus voir des rodéos. Oui, les accidents ça arrive, mais c’est très, très rare», constate l’éleveur.

«Mes taureaux, quand j’approche la remorque pour les amener vers les compétitions, ils se garrochent dans le trailer. Si je les forçais à faire ce sport, jamais ils n’auraient hâte d’y aller. À 95 % du temps, quand la chute s’ouvre et que le taureau commence la compétition, je peux prédire ce qu’il va faire. Ce n’est pas la panique qui le fait agir de la sorte, le taureau est entraîné à ça et il sait ce qu’il a à faire», constate Patrick Lacroix.

L’homme dit ne pas craindre pour sa profession, parce qu’il sait que les pratiques répondent aux plus hauts standards selon lui. Par ailleurs, qu’arriverait-il des bêtes de compétition si les rodéos devaient cesser, se demande-t-il.

«On ne peut pas garder un cheval juste à le regarder gambader au soleil dans un pré. Ça coûte très cher de les nourrir et de les entretenir. Les bourses que l’on gagne durant les rodéos servent à ça. Il n’y a pas un éleveur ou un propriétaire de cheval ou de taureau qui se met riche avec ça. C’est une passion et non un gagne-pain», lance-t-il.

Patrick Lacroix dit s’en remettre désormais au gouvernement, car il ne croit pas que le dialogue soit possible avec les opposants aux rodéos.

«Il n’y a rien à faire car ils n’ont aucune ouverture d’esprit. Ce sont ceux qui ont fait la loi qui vont devoir la préciser, corriger les flous et éviter que ce soit trop vague et que ça laisse place à toutes les interprétations que l’on voit en ce moment», croit-il.