Un important cratère s'est formé à Saint-Maurice, le long d'un cours d'eau sur le rang Saint-Joseph, à la limite de Saint-Luc-de-Vincennes.

Une partie de la route emportée à Saint-Maurice

Un important glissement de terrain a endommagé le rang Saint-Joseph dans la municipalité de Saint-Maurice aux limites de Saint-Luc-de-Vincennes. Le glissement de terrain, survenu tôt vendredi matin, a forcé la fermeture de cette route, dont l'accotement a déjà été emporté par la coulée de terre qui a fait son chemin sur plus de 300 pieds.
La Sécurité civile a été appelée sur les lieux vendredi matin, vers 6 h, alors que le glissement de terrain venait de survenir à proximité du 3015 rang Saint-Joseph et menaçait la route. Or, au fil de l'avant-midi, le sol très instable a continué de bouger, jusqu'à emporter une partie de l'asphalte, spécialement l'accotement sur une distance de quelques mètres. Le cratère formé par ce glissement de terrain mesurait 300 pieds carrés et avait une profondeur d'environ 20 pieds.
Bien que deux résidences se trouvent à proximité de la zone qui a bougé, aucune évacuation n'a été nécessaire étant donné que les spécialistes de la Sécurité civile ont évalué que les maisons n'étaient pas menacées par le mouvement de sol en cours. Toutefois, des équipes d'Hydro-Québec sont également intervenues étant donné que deux poteaux électriques menaçaient d'être emportés par le glissement de terrain et auraient pu priver d'électricité quelques résidences des environs.
«On a les équipes d'Hydro-Québec qui vérifient une possibilité que les gens puissent être privés d'électricité. On va tenter de trouver des solutions pour que ces résidences puissent avoir du courant si une panne devait survenir. On est aussi en train de vérifier avec Québec pour voir si un programme d'aide pourrait être mis en place pour aider la Municipalité si la route devait être reconstruite à cet endroit», a expliqué le directeur de la Sécurité civile en Mauricie, Sébastien Doire.
Ce dernier se trouvait d'ailleurs sur place vendredi matin, en compagnie de deux spécialistes en mouvements de sols dépêchés de Québec. «C'est un secteur qui, à différents endroits, pourrait être problématique. Les spécialistes sont présentement sur le terrain et vont nous informer des impacts possibles au niveau du recul, si on est dans une zone considérée dangereuse», ajoute Sébastien Doire.
La zone élargie est composée d'argile marine et est en effet problématique, alors qu'un autre glissement de terrain survenu en novembre dernier avait formé un immense cratère à l'arrière de deux résidences qui avaient dû être évacuées. Un bâtiment de ferme se trouvait aussi à proximité. Les résidences avaient pu être réintégrées au bout de quelques jours. À peine quelques dizaines de mètres séparent d'ailleurs les deux sites. Vendredi, il était possible, à partir du talus situé de l'autre côté du glissement de terrain, de voir les clôtures érigées en périmètre de sécurité autour du premier glissement de terrain de novembre dernier.
Selon le maire de Saint-Maurice, Gérard Bruneau, plusieurs glissements de terrain sont survenus dans cette zone au cours des cent dernières années. «C'est une zone assez propice à ça. Le passé nous indique qu'il y en a eu d'autres. Heureusement, cette fois-ci, il n'y a pas de familles ou d'animaux, il n'y a rien qui habite la partie en glissement. Ça nous permet de prendre le temps d'attendre les expertises des spécialistes, des professionnels de Québec pour voir comment on va corriger la situation», a expliqué M. Bruneau, qui s'était lui aussi rendu sur les lieux vendredi matin, accompagné d'un représentant du député provincial Pierre Michel Auger.
Pour le moment, des blocs de béton ont été installés sur la chaussée afin de bloquer complètement l'accès aux automobilistes, cyclistes et piétons qui pourraient être tentés de s'aventurer dans le secteur. Il faudra compter plusieurs jours avant de voir cette portion de route de nouveau accessible à la circulation.
Au cours des prochains jours, le gouvernement sera donc sollicité afin de voir un fonds d'aide être attribué à la Municipalité afin de pouvoir remettre la route en état pour la circulation locale. «Ce n'est pas une route très passante, elle est surtout fréquentée par les résidents du secteur», indique Gérard Bruneau, qui ajoute qu'il n'est tout de même pas souhaitable qu'elle demeure fermée sur une longue période.
Simplement en ce qui concerne les mesures de sécurité, ce passage vers la municipalité de Saint-Luc-de-Vincennes devient utile, quand on sait que les deux municipalités voisines partagent le même service des incendies. Les services d'urgence qui doivent circuler d'une municipalité à l'autre doivent maintenant le faire via le rang Saint-Alexis uniquement.