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Une nouvelle Charte municipale pour la protection de l’enfant

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
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«Tous ensemble, on peut changer les choses. Je pense qu’on va créer un beau mouvement collectif pour nos enfants.» La mairesse de Fortierville, Julie Pressé, était entourée de toute une brochette d’élus et d’intervenants pour le lancement de la première Charte municipale pour la protection de l’enfant. Les instigateurs du mouvement espèrent rallier l’ensemble des municipalités autour de cette charte qui invite les municipalités à jouer un rôle de premier plan pour protéger les enfants.

«C’est la concrétisation de plusieurs mois de travail pour Fortierville. […] Quand on croit en quelque chose, il n’y a rien pour nous arrêter», a lancé fièrement Julie Pressé.

C’est dans le cadre du centième anniversaire de la mort d’Aurore Gagnon qu’est né ce projet de mobilisation afin que soit favorisée la création d’un climat de bienveillance à travers le Québec.

«J’ai proposé de transformer l’histoire d’Aurore en une action positive. Je me suis dit qu’on pouvait nous aussi jouer un rôle pour que cesse la violence envers nos enfants», explique la mairesse.

La Charte, développée en collaboration avec la Fédération québécoise des municipalités (FQM) et Espace MUNI, propose quatre grands principes. Il s’agit d’offrir un milieu de vie sécuritaire, de reconnaître aux enfants le droit d’être entendus, de poser des gestes de sensibilisation et de poser des gestes de soutien. Pour chacun des thèmes, on suggère deux grandes actions.

«On ne veut pas avoir la prétention de vouloir éviter tous drames, on n’aura jamais ce pouvoir-là, mais on a travaillé avec l’espoir d’en éviter quelques-uns. On a conçu cette charte en espérant créer un filet de sécurité supplémentaire autour des enfants. […] Ça prend tout un village pour protéger un enfant. Attention! Le but, ce n’est pas de culpabiliser les communautés quand il y a un drame. On veut regarder en avant et se donner les outils pour prévenir et agir. On veut cultiver la bienveillance», insiste Julie Pressé qui a également fait savoir que sa municipalité avait déjà adopté la Charte sous embargo lors du dernier conseil de ville.

La mairesse estime qu’à titre de gouvernements de proximité, les municipalités ont un rôle à jouer dans l’établissement de ce climat de bienveillance.

À quelques semaines du dépôt du Rapport de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, le mouvement de ratification de la Charte municipale se veut un geste formel d’engagement du milieu municipal envers la protection des enfants. «La protection de la jeunesse, c’est l’affaire de tous. Il faut redoubler de vigilance et en ce sens, la bienveillance des communautés est essentielle»,a affirmé le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, qui a profité de l’annonce pour dévoiler une campagne de sensibilisation sur la bienveillance envers les enfants.

«C’est un pas de plus qu’on fait aujourd’hui pour permettre à des enfants que leur détresse puisse être entendue», a commenté le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe.

Lors du dévoilement, la parole a également été donnée à des élèves des municipalités de Fortierville et de Sainte-Françoise qui ont partagé leur vision de la bienveillance et de l’entraide, exprimant ainsi l’importance du milieu de vie et le rôle que chacun peut jouer dans l’instauration de ce sentiment de sécurité. «Bienveillance, c’est veiller sur les autres, prendre soin d’eux et de s’assurer de leur bonheur», a lancé un des jeunes.

La mairesse de Fortierville souhaite que toutes les municipalités du Québec adoptent la Charte municipale pour la protection de l’enfant et à en faire fièrement la promotion.

Un seul objectif est fixé, c’est «le plus possible». Elle s’est d’ailleurs engagée à faire le compte des municipalités qui ont adhéré au mouvement une fois par année.

Tout comme la FQM et Espace MUNI, la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest, a confirmé qu’elle inciterait toutes les municipalités à y adhérer.

«Toute cette mobilisation est inspirante! Nos villes et nos municipalités sont des milieux de vie pour les familles, pour les aînés et pour les enfants qui y habitent», a commenté Mme Laforest.

La ratification de la Charte devient ainsi, selon les auteurs, une occasion pour les municipalités d’être partie prenante des actions à mettre en place pour contrer la négligence et la maltraitance des enfants.

«La protection de nos enfants est la responsabilité de tous. Les élus ont une belle occasion de jouer un rôle important pour éviter que les histoires d’horreurs se répètent. Je suis très fier que la Fédération québécoise des municipalités soit associée à cette initiative qui constitue une première au Québec pour le milieu municipal», a affirmé Jacques Demers, président de la FQM.

Un document accompagnateur a également été produit afin de faciliter la mise en œuvre des engagements contenus dans la Charte. Toutes les informations pour adhérer à la Chartre sont disponibles le site web de la municipalité de Fortierville.